CHAPITRE XIX
VOUS en prie, que je n'ai jamais eu de rapport avec... lord... avec l'hérilier... avec le compétiteur... avec l'ennemi... avec la partie adverse de lady Ethel , qui, j'espère, sortira triomphante des. . . des attaques in. . . imprévues dont elle est, dont elle sera... peut-être... la victime aujourd'hui, c'est-à-dire un jour... toujours trop rapproché pour nous, M. le comte. Vous avez pu voir l'expression de mes... de mes espérances dans la réception qu'on a faite à l'héritière... à l'orpheline de Macnally-Castle... M. le comte, quoique étranger... je veux dire quoique Français, n'ignore pas que c'est moi qui dirige tout ici et surtout les esprits... il doit donc reconnaître qu'il peut compter sur mon dévouement sans bornes... en cas...
« — Oui, oui, mon cher M. Robinson, en cas de succès je me souviendrai de votre prudence et des protestations qu'elle vous a dictées. D'ici là, restons chacun sur notre terrain ; croyez que je saurai apprécier en temps et heu la valeur des sentiments que vous m'avez manifestés en cette occasion. »
L'homme d'affaires irlandais se retira trèssatisfait de lui-même en pensant qu'il avait tiré bon parti de l'ignorance et de la vivacité du tuteur français. H n'en savait pas davantage, le simple coquin qu'il était ! . . l'état de civilisation des campagnes d'Irlande permet le fripon
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primitif, espèce de produit perdu pour nous," puisqu'il ne peut provenir que d'une société à demi barbare.
La famille de celui-ci était originaire d'Angleterre ; mais, depuis cent cinquante ans , les Robinson , comme il le disait à M. de Montlhéry, remplissaient de père en iîls la charge de régisseur à Macnally-Castle. Celui-ci était un gros homme rouge sans physionomie ; il avait le visage couperosé ; il était vêtu comme un fermier anglais, en drap vert américain; il portait des guêtres pareilles , une culotte de panne grisâtre et un chapeau à forme basse et à larges bords.
Les deux interlocuteurs étaient également contents de leur langage respectif : ce qui est rare dans toute espèce de dialogue , mais surtout dans les conférences d'affaires.
La matinée se passa à recevoir les fermiers , dont les doléances furent inutiles , quoiqu'elles touchassent vivement le cœur d'Ethel ; mais dans les circonstances où se trouvait l'orpheline , tout acte d'autorité eût paru à Gaston une imprudence impardonnable.
La jeune châtelaine évitait soigneusement les entretiens particuliers avec son ancien maître l'abbé Patrice ; mais on le fit inviter à dîner. La simphcité de ce pieux ami d'Ethel plut beaucoup à Gaston, qui tourna la tête du vieux curé, comme il arrive toujours aux gens du monde