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CHAPITRE XX

Le départ de lady Ethel pour Cheltenham, Londres et Paris , fut fixé au lendemain de ce jour mémorable. On devait voyager vite celte fois , au moins jusqu'à Cheltenham ; l'âge de la vieille Nelly Brooks faisait redouter chaque heure de retard.

L'arrivée de lady Ethel à Fancy-Hall fut touchante : la vieille Nelly Brooks vivait ; on s'adressa au gendre, M. Fox, qui était veuf et âgé de soixante et onze ans; il fut convenu que le lendemain lady Ethel pourrait voir la vieille Nelly Brooks , à qui l'on se garda d'annoncer le vrai but de cette entrevue.

A plus de cent ans , Nelly Brooks avait l'ouïe et la vue très-afîaiblies , ainsi que la mémoire ; elle ne sortait plus de son lit ; ses traits avaient conservé l'expression de la force ; sa tête branlante restait fixée sur l'oreiller par un bandeau qui seul pouvait la soutenir. On parvint à captiver son attention en lui parlant, non de sa jeunesse , dont personne ne se souvenait , mais de son âge mûr ; c'était remonter au delà de cinquante ans. A celte époque , elle était femme de charge à Calcutta, chez lord Ogle Macnally, gouverneur des Indes.

Un magistrat était présent, afin de dresser procès-verbal de l'entretien. A peine assise, Ethel prit la main de la centenaire et lui dit en articulant lentement :

« Vous avez connu mon grand-oncle ?

« — D'où venez-vous? Qui me parle ?

« — Je suis Ethel Macnally !...

« — Je ne vous connais pas.

u — A quelle époque lord Ogle s'est-il marié à Betty?

« — Marié ! marié ! qui nous fait ce conte-là ? il ne s'est jamais marié... lord Ogle ne s'est jamais marié , vous dis-je ! . . . Non , Dieu merci ! . . . Elle était bien assez impérieuse comme ça. Si elle était devenue lady Macnally, ah! Seigneur, il aurait fallu quitter la maison !

« — Après l'avoir épousée, lord Ogle...

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