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CHAPITRE XXIII

qui VOUS parle d'amour?... tout vous y ramène.... Je n'ouvrirai plus la bouche....

« — Nous pourrions être si heureux !

« — Pour la centième fois, je vous répète que je ne puis être heureuse dans le déshonneur.

« — L'amour excuse tous les sacrifices qu'on lui fait.

(( — Hors celui de l'honneur.

« — Je n'excepte rien. D'ailleurs cette réputation à laquelle tu m'immoles , elle est perdue : si je ne t'aimais que par vanité, je triompherais depuis longtemps et j'afficherais partout ma victoire; qui douterait de mon bonheur, si je le proclamais ? Ce n'est pas le monde qui me démentirait ; le monde doute toujours de la vertu des femmes. Si j'écoutais ma fatuité, je n'aurais donc qu'à me réjouir; mais mon amour n'a qu'à pleurer.

« — Et moi , n'ai-je pas à pleurer sur mon déshonneur? Ce n'est pas vous qui pouvez me rendre ce que j'ai perdu par vous.

« — Je pourrais vous rendre bien davantage, Ethel. Quelle inconséquence est la vôtre? Vous faites le contraire de toutes les femmes : elles ne sauvent que le masque; vous ne sacrifiez que lui.

« — Si je vous ai sacrifié ma réputation,

ne croyez pas que ce soit volontairement ; c'est

par pure ignorance. Je n'avais pas l'expérience

du moiide et je dois vous haïr... car eijfin vous

connaissiez ce monde qui me juge d'après des

lois que j'ignorais vous le connaissiez,

vous ! . . .

« — Oui , mais je sens qu'au fond de ce cœur

que vous martyrisez, il y avait pour vous et pour moi la source d'un bonheur sans mesure : A'oilà pourquoi vos plaintes mêmes ne me causent point de remords.

« — Des remords, je n'en aurai jamais!... C'est pour n'en pas avoir que je subis vos reproches; mais tant d'imporlunités commencent h me lasser... Vous ne savez pas ce que vous demandez ; si vous parveniez à vaincre ma résistance, vous seriez le plus malheureux des

hommes Craignez de réussir , craignez ce

que vous désirez. Craignez-moi... Gaston... Si je voulais me venger, je céderais et vous seriez trop puni. Tout perverti que vous êtes par le monde , votre nature est noble ; le désespoir d'une pauvre fille à qui vous deviez tout et que vous auriez privée de tout... un tel désespoir. . . non ! vous n'êtes pas assez frivole pour le supporter ! ! !

(( — Je ne voudrais pas obtenir mon bonheur aux dépens du vôtre , Ethel : seulement rien ne peut m'empêcher d'espérer que vous changerez de manière de voir... C'est quelque chose que d'être aimée comme vous l'êtes par moi

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