‹ EthelChapitre 37 sur 172 · CHAPITRE VII. 7i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. 7i

par les menteries de récliication. Son père et sa gouvernante, personne instruite, mais simple', ont peu cultivé son esprit, tandis que son instinct religieux a été guidé naïvement et développé d'une manière surnaturelle par l'humble prêtre qui desservait la cure catholique de Macnally-Castle. Copieux ecclésiastique ignore le monde et les lois dictées par des besoins factices, mais il est profondément versé dans les secrets du ciel ; sa profonde sagesse n'a jamais cessé de s'appuyer sur l'humilité chrétienne : cet homme est la seule personne avec laquelle Ethel entretienne une correspondance depuis qu'elle a quitté l'Irlande.

D'après toutes les règles de la modestie féminine , Ethel aurait dû montrer une grande colère , affecter par prudence un changement de conduite ; bien plus , une jeune personne parfaitement élevée aurait peut - être averti sa tante. Rien de tout cela ne vint à l'esprit d'Ethel ; elle vit Gaston amoureux , elle en eut pitié. Son sûr instinct ne lui permit pas de douter un moment de la sincérité de cette passion ^ elle y crut du premier mot. Elle fut saisie de pitié, parce que, sans connaître l'amour par

' Elle se retira en Ecosse après la mort du comte , lorsque lady Buckland vint à Macnally-Castle pour emmener lady Etliel u Londres.

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elle-même , elle sentit qu'il y avait là une puissance surnaturelle et des moyens de souffrance dérobés à Dieu par Satan. Avertie par sa surprise , cette âme de sensitive eut peur pour elle , mais elle eut compassion pour l'autre. Rien d'honnête ni de malhonnête n'avait été indiqué à Ethel; du moins cet enseignement était resté sans résultat; mais elle recomposait elle-même le code de la morale humaine à mesure que les faits divers de l'existence la révélaient à son âme ouverte et naïve. Elle découvrait les principes que les autres étudient ; elle créait les doctrines que les gens du monde apprennent ; elle s'enseignait à elle-même l'art de vivre. Cette âme , d'autant plus active que le trésor en avait été gardé plus longtemps par l'ignorance , trouvait à découvrir la vie un charme connu d'elle seule et de Dieu. Au lieu d'apprécier toutes choses d'après la science, c'est sa conscience qui juge. Le monde ne pouvait deviner Ethel, tandis qu'elle devinait le monde. Elle lisait dans les livres moins que dans son âme : les livres ne sont que des esquisses plus ou moins fidèles ; l'âme est un miroir. Le monde pouvait amuser Ethel , il ne pouvait la diriger; son guide était plus haut.

Il résultait de là que cette jeune femme devait nécessairement être méconnue de tout esprit vulgaire, et surprendre même les esprits

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