CHAPITRE VII
leurs ; mais comme Ethel et sa lante devaient aller h cette soirée, il n'eut garde de ne s'y pas trouver.
Elhel, en arrivant dans une si brillante assemblée , était loin de se douter de l'effet qu'elle produirait parmi la foule; elle se figurait encore moins les idées particulières de sa tante et de quelques femmes de leur société intime sur le résultat probable de cette fête pour son avenir. La soirée avait été réellement arrangée pour elle par la duchesse de Fonthill ; l'altesse sérénissime ne servait que de prétexte au rapprochement de l'héritière et du beau duc de Clifton. L'espoir de voir un seigneur si noble, si riche , si puissant , fixer son choix sur lady Ethel Macnally, faisait battre le cœur de lady Buckland ; il avait rencontré sa nièce , et les préférences marquées qu'il avait eues pour elle justifiaient l'ambitieux espoir de la comtesse. Cette alliance faisait depuis plusieurs jours le sujet de l'entretien de toutes ses amies.
M. de Montlhéry ne fut pas témoin de l'entrée d'Ethel; il se trouvait alors dans un cabinet réservé aux joueurs au fond de l'appartement : c'est à dessein qu'il s'était retiré dans cette région solitaire ; là , primant au milieu d'un groupe d'hommes , il pérorait avec l'importance indispensable aux gens à la mode dans une société dominée par les sots. Gaston donnait
ses conseils à un jeune homme prêt h partir pour Paris, sur la manière dont il devait débuter chez nous.
Le changement de ses habitudes depuis un mois avait frappé tout le monde ; il craignait qu'on n'en devinât la cause; il recherchait l'entretien de ses anciens amis avec un empressement qui pût tout au moins les désarmer ou leur donner le change. 11 sentait que le caractère d'Ethel lui opposerait h lui seul bien assez d'obstacles, sans compliquer leur position en exposant sa belle-sœur aux malins propos du monde. Avec la fierté qu'elle a, pensait-il, la plus légère atteinte à sa réputation suffirait pour qu'elle ne voulût me revoir de sa vie.
On verra plus tard si cette crainte de Gaston était bien fondée. 11 jugeait du point de vue des gens du monde une personne étrangère au monde.
Un autre motif de l'excessive discrétion de M. de Montlhéry, c'était la crainte de réjouir le monde par le spectacle de ses inutiles attaques ; habitué conmie il l'était à triompher avant même que d'avoir déclaré la guerre , il ne pouvait supporter l'idée de se voir mis au nombre des amants langoureux.
Lady Buckland , à son arrivée chez la duchesse de Fonlhill, fut désagréablement surprise en voyant que le duc de Glifton n'était pas encore