‹ EthelChapitre 74 sur 172 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

château était connu dans toute l'Irlande sous le nom du Donjon inhospitalier.

« Son unique société était une sœur qu'il avait rendue d'abord aussi méchante que lui , et qui depuis ne servit qu'à l'affermir lui-même dans ses mauvais sentiments.

« Lady Ursule Macnally n'avait jamais voulu écouter aucune proposition de mariage ; l'intimité dans laquelle elle vivait avec son frère, loin d'attirer, dit-on, la bénédiction du ciel sur notre maison, semblait exciter la colère de Dieu. Des ouragans, de fréquents incendies, dévastaient les domaines de mon grand-oncle Ogle Macnally : loin de profiter de ces avertissements , il s'endurcit contre la voix du ciel; sa bouche ne s'ouvrait plus que pour blasphémer (ici Ethel baissa la voix) ; souvent on l'entendit assurer qu'il n'y avait pas de Dieu, comme s'il avait vu ce non Dieu des yeux de son esprit. Sa sœur disait toujours comme hii...

« Une fois un prêtre, qui , malgré leur défense, parvint à pénélrer jusqu'à eux, leur prêcha la pénitence ; tous deux répondirent à l'homme de Dieu en lui prêchant l'impiété ; et lorsqu'il se fut relire sans succès , ils se dirent : Noussonîmes trop bons d'avoir écouté cet hypocrite; il ne fallaitpas le laisser sortir de chez nous sans lui infliger quelque punition qui l'eût fait re-

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peiitir de son audace et souvenir de notre colère .

(( Leur vie se prolongea dans cet endurcissement ; ils devinrent vieux , très- vieux , l'un et l'autre. Leur grand âge étonnait les gens de bien; mais Dieu laisse subsister les méchants plus longtemps que les bons, dit Tabbé Patrice, afin qu'ils aient le temps de se repentir.

a Enfin Ursule Macnally tomba dangereusement malade, mais son cœur ne s'adoucit pas ; nulle prière^ nulle bonne œuvre, ne furent employées pour apaiser la colère de ce Dieu dont elle avait nié la présence et la puissance; seulement, aux approches de la mort, quelques doutes ébranlèrent sa fermeté d'incrédule : en vain son frère cherchait-il à la tranquilliser par les raisonnements qu'il avait employés toute sa vie; ces motifs pour croire à la mort de l'âme lui paraissaient alors moins concluants. Enfin , au moment d'expirer, elle interrompit son frère , qui lui parlait toujours contre Dieu , et lui dit : « Je vais savoir mieux que toi ce qu'il en est; s'il y a quelqu'un au delà du tombeau, je te promets de revenir te le dire.

(( — Hé bien! je te somme de tenir la promesse, » répliqua le frère de la mourante : celleci grinça des dents ; elle était morte ! Mon grandoncle, on lui voyant rendre le dernier souffle , lui dit adieu par un sourire terrible.

« Une lueur de l'enfer apparut entre ces

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