‹ EthelChapitre 78 sur 172 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

mettez à votre père en Dieu de vous donner ce nom) , si je n'ai pu répondre plus lot à la lettre où vous m'annonciez la nouvelle perle que vous veniez de faire dans la personne de votre noble tante , lady Buckiand , d'illustre mémoire, et aux deux lettres ' que j'ai encore reçues de vous plus tard ; mais mon accès de goutte s'est prolongé cette année bien au delà de son terme ordinaire ; c'est même encore avec beaucoup de peine que je tiens la plume. Cependant je ne puis tarder plus longtemps à vous engager de remercier soir et matin la divine Providence des grâces signalées qu'elle vous envoie, puisqu'au moment où , par ses décrets impénétrables , elle allait vous enlever le seul appui qui parût vous rester en ce monde, elle vous a fait rencontrer un parent inconnu , un frère , dont le zèle pour vos intérêts et l'affection vraiment chrétienne méritent d'être récompensés par le rémunérateur de toutes les vertus , et surtout de la charité évangélique. Je suis émerveillé de voir que la France , ce pays que nous croyions perdu depuis longtemps pour notre sainte religion et pour toutes les vertus qu'elle commande , renferme encore des hommes crai-

' On a cru devoir supprimer les lettres d'Ethel à l'abbé Patiice , parce qu'elles ne pouvaient rien apprendre au lecteur.

gnant Dieu et pratiquant la loi du Sauveur.

« Veuillez présenter à monsieur le comte de Montllîéry mes très-humbles respects, et lui dire que je fais journellement une mention toute particulière de lui dans mes prières , au moment du saint sacrifice de la messe ; que je ne cesse de demander à Dieu de bénir ses soins , et de couronner de succès tout ce qu'il entreprend à l'égard de votre précieuse et chère personne.

« Si l'on en croit les bruits qui circulent ici depuis quelques jours , il va être obhgé de vous défendre contre les prétentions d'un inconnu qui revient des Indes pour réclamer toutes les terres substituées des comtes de Macnally. Or , comme ces terres vous sont échues en partage, la comtesse de Montlhéry ayant reçu pour sa part la portion mobile de la fortune du comte votre père , c'est vous seule qui supporterez le dommage si votre adversaire est fondé en droit dans ses demandes. Il s'appuie , m'a-t-on dit , sur un mariage secret qu'aurait contracté votre grandoncle Ogle , lord Macnally , de terrible mais pénitente mémoire , dans le temps qu'il était gouverneur des Indes , et il apporte de ce payslà des papiers à l'appui de ses réclamations. Je ne l'ai pas vu ; on le dit à peu près de l'âge de feu le comte Macnally , votre respectable père.

« Votre tuteur et vos habiles gens d'affaires

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