‹ EthelChapitre 88 sur 172 · CHAPITRE XIII. 16T · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. 16T

famille aussi respectable que la vôtre m'oblige à vous supplier de vous hâter de revenir ici , afin de veiller h ce que devient votre femme. Votre cœur a beau n'élre point intéressé dans les écarts de la comtesse de Montlliéry, vous ne pouvez abandonner au hasard le soin d'une destinée si noble. On ne saurait excuser sa galanterie par le nom commode de fragilité ; elle est faible , mais avec calcul , ou plutôt ses chutes ne sont que le résultat de raisonnements profonds. Se donner est pour elle la solution d'une opération d'arithmétique. Vous savez tout cela depuis longtemps ; mais vous ne savez pas ce qu'on commence à dire d'elle et de vous dans le monde : on prétend ici que vous voyagez avec sa sœur, et que cette nouvelle distraction vous rend plus indulgent

que jamais pour les trouvez-moi un nom

aux traits de fatuité féminine de votre femme. (( Je crains pour vous la coquetterie irlandaise ; ce nom d'Ethel Macnally réveille en moi un souvenir pénible ; c'est pour retourner auprès de cette enfant que le comte son père me quitta il y a dix ans, après bien des années d'une amitié éprouvée. Je voulais l'accompagner au château de Macnally pour m'y consacrer a l'éducation de la plus jeune de ses filles. Habituée h une vie de dévouement, nul sacrifice n'aurait pu me coûter. Il me répondit : « C'est

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assez d'en ii\oiv francisé une 5 j'abandonne la Parisienne, je veux sauver l'Irlandaise : celle-ci du moins sera élevée selon les idées de nos pères , par moi et par des personnes de mon pays. Je reviens de mon penchant pour les nouveaux systèmes depuis que j'ai vu leur résultat sur le cœur de ma iille aînée. » Là-dessus il est parti , je ne l'ai jamais revu. Que mon sort eût été différent si j'avais pu le suivre alors, ou s'il fut resté près de moi! il m'aimait tant!

« Vous êtes le seul homme auquel j'écrive avec un complet abandon , et vous récompenserez, j'espère , mon amitié , en me donnant sur lady Ethel tous les détails que vous devez à un attachement dont je viens de vous donner une nouvelle preuve. C'est à vous de détruire mes préventions contre votre belle-sœur , puisque je vous avoue mon injustice; mais jusqu'à présent je ne puis entendre prononcer le nom d'Ethel sans un tressaillement douloureux. Aidez-moi à redevenir équitable , l'indulgence est la disposition naturelle de mon esprit ; intéressez-moi au sort de l'orpheline , et hâtez-vous surtout de remplir vos devoirs de tuteur, afin de revenir vous consacrer à ceux d'époux , qui sont plus graves encore et plus pénibles. Je ne m'excuse pas de mes sermons ; il y a si longtemps que vous me les pardonnez !

« Je n'ai que faire de vous renouveler l'ex-

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