‹ Éthel souvenirs d'AfriqueChapitre 2 sur 14 · SOUVENIRS D'ALGERIE · texte numérisé non relu

SOUVENIRS D'ALGERIE

A OLOX4EL, est-ce que nous arri- - verons bientôt? RépondeZ'^moi franchement ; ne craignez pas de m'épouvanter* Je suis maintenant aguerrie à vos courses d'Afrique ^ et je veux avoir votre pensée sincère.

Avant une heure^ madame la com-

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tesse, vous pourrez mettre pied à terre et vous reposer soijs une tente dressée à votre intention. Ailleurs, on offre iin château où même une chaumière. Ici, la tente remplace le château ou la chaumière des autres * pays ; c^csl sous un dôme de toile hise qu'on fait connaissance avec l'hospitalité du désert. Elle n'a pas le luxe, vanté dans les comédies et les vaudevilles à la mode, de l'hospitalité djçs montagnes d'Ecosse. Mais en&u telle elle, la notre a aussi sop prix et son pit^ ,fesquè. Elle vaut la peine qu'on 1^ voie Je près.

— Je vous dirjii, colooely que j'ai grand'hâte de quitter cetée solitude immense dans laquelle nous chevauchons comme des âmes en peine.

— Déjà ?

— Mon Dieu, oui! Depuis Saint-André-

de-Mascara nous n'avons pas rencontré âme qui vive* Cette vaste plaine d'Éghris n'en finit pas. Elle me paraissait fort belle quand je la regardais eu me promenant

sur la terrasse inéridionalc de voire joli ravin de TArgoub. A présentée la trouve d'une monotonie désespérante. Je crois que je vais regretter vos roses, vos géraniums, vos saules pleureurs, vos cactus, aux mille fleurs splendides.

— k Je dois convenir que rien ne ressemble moins à la végétation luxuriante de Mascara que ces vastes plateaux dans lesquels nous sommes engagés depuis quelques heures.

-—Voyez plutôt, colonel : aussi loin que notre œil étend sa vue^ nous n'apercevons, je ne dirai 'pas une habitation, mais pas une tente, pas un homme, pas un troupeau, pas même une bête fauve dont le cri sauvage pourrait au moins nous donner une émotion inaccoutumée et peu vulgaire. Sur notre tête, le ^ciel est d'un iizur merveilleux. L'atmosphère diaphane qui nous environne est d'une transparence et d'une lucidité admirables. Mais à ([uoi

tout cela sert-il, s'il n'y a rien à voir, pas

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même une ruiue^ pas même un boui^ucl d'arbres? Pour m'offrir une fleur, vous

avez été obligé de dépouiller les buissons de lauriers-roses qui s'étiolent dans ce désert.

— Dans ce pays, madame ^ c'est toujours ainsi quand arrive septembre. Cette plaine vient de subir des ardeurs torrides, elle attend les premières pluies de l'automne pour reverdir.

— - Mais je crois que nous ne sommes pas loin de Tautomne.

— - Poui' la irauce, madame; mais pas pour TAfrique.... Puisque vous r^rettez si viveineul les fleurs de Mascara et du ravin de TAi^oub, j'ai peut-être mal fait de ne pas vous conduire à la smalah de spahis que nous entretenons à Louissert.

Là aussi vous auriez trouvé des roses et un jardin qui vaut bien tous ceux que vous avez vus en Algérie.

— Était-ce bien loin?

— *- A peu près à mi-chemin de notre

iTHBL. If

marche de la journée. Nous y passerons au

retour

— Tant mieux. Car je commence à être blasée sur tous ces ravins desséchés que nous traversons.... Un peu d eau ne nuirait pas du tout à ces pauvres plantés altérées.... Convenez-en, colonel : nous sicmimes loin des bosquets, d'orangers de Blidah^ de son bois sacré avec des oliviers de haute futaie, chargés de fleurs aux couleurs étincelantes qui grimpent et se suspendent à toutes les branches avec la flexibilité des lianes dans les forets américaines.

— Madame, Blidah était appelée par les Hadjoutes la perle paifumée de TAlgérie.

— Oui, je sais.... II y a même là-dessus le mot d'un poëte arabe qui la compare à la rose....

— Lçs hommes te nomment petite ville y et moi je prétends que c^est petite rose qu il faut f appeler. »

SO BTHBL.

La comtesse apprpuva de la téte cette citation.

« £t Milianah^ colonel, avec sa belle source d'eau vive qui répand la fécondité et fait naître une verdure réjouissante à Tœil partout où elle s'épanche.

— AlUnidez, madame, et voUvS verrez des spectacles qui peut-être auront le droit de se placer à côté de ceux-là dans vos souvenirs.

— - Je vous comprends, colonel. Déjà sur les bords du Cliéliff on nravait dit la même chose. On m'avait promis des merveilles. Dès que j'eus passé le fleuve à El-. Kantara, je les réclamai. On me montra le vaste plateau des Attaffs, aussi nu, je n'ose djre aussi aride que celui-ci; ou prétend qu'ils sont fertiles tous les deux; et, à son extrémité, la bourgade toute franjçaise d'Orléansville. J'avoue que je fus médiocremeut satisfaite; je n aime pas les villes neuves, qui jie disent rien à mon imagination. Parlez-moi de Mostaganem,

iTHSL.

avec ses populations mêlées et bigarrées 1 On voit bien (|ue la ville nous appartient, puisque nous y avons construit ces éternelles arcades qui nous font transporter partout où nous passons notre rue parisienne de Rivoli. Comme si l'imagination manquait à nos architectes !

— Il est certain qu'imitation pour imitation, ils auraient pu tout aussi bien imiter l'art Mauresque.

— C'eût été beaucoup mieux, colonel ; et, Dieu merci ! les bons échantillons et les bons modèles ne manquent pas à Mostaganem.

— Je vois, madame, que vous aimez la couleur locale* Je suis comme vous. ïevoudrais, autant que possible, que chaque pays conservât la physionomie qui lui est propre et n'empruntât point la physionomie du voisin.

— Nous n^aurions pas cette uniformité qui vraiment est désespérante dans les constructions qu'on fait de nos jours.

M ÉTHXIi.

— Heureusement nous n'en sommes paâ

jiiacoir là en Algérie, v\ peiulaul bioii longtemps, dans nos principales villes^ nous aurons un quartier arabe.

Tant mieu\, colonel; nous devrions même conserver la maisonmauresquc. àvec le climal d Afrique elle est bien plus commode que les maisons à Timitation de Paris.

Partout où j'ai séjourné, j'ai recherché une de ces anciennes habitations pleines de fraîcheur et faites admirablement pour la vie intérieure. A Mostagauem, j'avais à peu pi^ trouvé mon idéal.

— Je vous avouerai^ madame, qua Mostaganem je déserte volontiers la ville et me réfugie dans la campagne.

— Ohl la vallée des Jardins est cbar^ mante. Sur notre planète, c'est certainement im des coins bénis du cieL

— Vous verrez Aïn-Tifferit, madame, à l'origine des hauts plateaux, d'où sort la Mina, et je suis certain que vous ne re- ^t^ctterez pas vos fati; ies de cç jour*

£TU£L*

— Je l'atteste y colonel, je ne demande qu'à admirer. .Mats je ne donne mon admiration qu'à bon escieul. Et^ en èonscience^ je ne puis accorder des éloges^ à ce pays plal et nu que vous me faites parcourir aujofUrd'hui.

— Je regrette d'avoir à vous le dire, madame ; mais dans notre Airique, c'est presque toujours ainsi, dans la province d'Oran surtout. Cette province a été comparée par un de nos plus jeunes^ plus habiles et plus intelligents généraux à une immense peau de tigre, mi-partie fauve et noire. Les mouchetures noires sont les portions fertiles, le reste est le désert.

— > Quittons le fauve, colonel, sur lequel nous chevauchons depuis iouglenips et passons sur le noir le plus tôt possible.

— Nous voici sur le .territoire occupé par les Hachems. C'est une belle et nombreuse tribu, toute composée de gens de vieille race, ce qu'on appelle des Arabes^de grande tente. Elle fourni de nombi

IBTHBL.

contiugeals à l'émir Abd-el-Kader pen- « dant notre lutte de quinze ans. Il est vrai qu'Abd-cl-K.ader avait des accointances et même des parentés avec les principales fainilles. terre (jue nous foulons est aux Uachems de temps immémorial. Le Turc ne l'a jamais pliée que nominalement à sa domination. Aujourd'hui vous la voyez nue et analogue aux terres de vaine pâture.* Mais il y a deux mois^ elle était couverte de moissons luxuriantes. A cette heure, la recoite est faite et ensllosée; elle a été bonne, à ce que Ton dit, 'et TArabe doit être content, parce qu'il est riche, à sa manière, au moins pour une année. Si vous êtes curieuse de voir un marché arabe au dé»

sert. • • •

— Certainement, colonel. Je ne cours

pas les grands eheiinns pour ne pas regarder et surpmdre dans leur originaUté les mœurs des pays que je traverse.

— Précisément, c'est jour de uiardié dies les Hachems. Nous fenms un l^er

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détour pour nous y refidre. Ce ne sera

(ju'un retard insignifiant pour Tarrivée à notre halte du soir. Après ce repos qui ne TOUS sera pas désagréable^nous tacherons de réparer le temps p(u du. Suspendez donc votre jugement définitif sur cette malheureuse plaine ; ayez patience encore uni; heure ou deux, et puis nous reprendrons cet entretien où nous Tavons laissé.

Ce n'est pas la patience qui lue manque^ colonel.... Vous me rendrez au moins cette justice.

— Celle-là et toutes les autres, madame la comtesse. Vous êtes certainement la plus charmante compagne de voyage qu'un homme puisse rêver.

— Xi*ès-bieny colonel. Je vous sais gré de votre galanterie , le compliment est de bon aloi. Mais si nous écartons l'Afrique de notre causerie, de quoi voulez-vous que nous parlions? Les ressources ordinaires du bavardi^e vont nous faire défaut ; nous ne sommes pas ici dans un boudoir parisien.

— Ët j'en remercie le ciel. S'il me donnait rheureux hasard de ce tête-à-téte prolongé, dans votre maison de Paris^ je n'oserais jamais vous parler avec la fran- . chise naïve que coni>cille la nature fruste qui nous environne. »

Un regard expressif accentua cclUî phrase modulée avec un son de voix: d'une douceur infinie, et lui donna une signification intime et pénétrante que certainement, au gré du colonel, la comtesse seule devait comprendre.

ce Causons donc, n reprit la jeune femme en arrangeant son voile pour dissimuleil'embarras que lui causait ce regard.

Il est des sujets d'entretira que toute femme redoute d'aborder de front, et surtout dans la solitude. Le ooIotoI était un habile stralégiste, qui savait poursuivre un but avec obstination, et y arriver par toute sorte de voies détournées. Si la couvei'saûon, adroitement déviée par une. parole de politesse galante, avait suivi le nouveau

cours qu'il essayait de ^ lui imprimer^ on serait bien vite arrivé de phrase en phrase el pi esque involontairement sur uu terrain brûlant que la comtesse voulait éviter. Elle déployait autant d'adresse que le colonel.

Seulement rhabileté féminine consistait à éviter et à fuir le but que l'autre s'efforçait d'atteindre.

«•Ce que j'admire le plus, dit la comtesse après quelques secondes de silence,.

c'est le calme profond, la tranquillité de ce pays dont uous n'avons, pendant si longt^ps, entendu parler que daMS les bulle-t tins de batailles.

— L'iUgérie est aujoui'd'hui une terre pacifiée sous la domination de la France, qui est redoutée sinon aimctî, répondit le ' colonel, réprenant ce ton de causerie sérieuse dont on ne lui permettait pas de sortir.' Sauf de rares exceptions^ les tribus ' arabes de ces plaines ne font plus parler la poudre que dans les fantazy.ias de leurs fêtes. L'œuvre de la paix a ren^lacé par-

£TH£L

lout les uécessilés de la guerre. Aussi le moment est-il propice pour étudier lés mœurs cjui se révèlent en dehors de toutes les surexcitations batailleuses. C'est aujourd'hui qu'il faut voir l'Arabe; car ces mœurs disparaîtront peu à peu^ et s'effaceront au contact des supériorités de notre civilisation. S'il ne vient pas un de ces grands mouvements insurrectionnelsauxquels nous avait si bien accoutumés Tactivité infatigable d'Abd-el-Rader^ avant dix années ces fanatiques tribus arabes ressembleront à nos paysans de France. On ne trouveira pas en eux plus d'étrangeté qu'aux Bretons ou aux montagnards pyrénéens^ et dans chaque centre de population il y aura des indigènes qui se piqueront de connaître Paris à fond et d'être tout à fait dans le mouvement du jour. »

Pendant que le éolonel achevait cette longue explication, l'attention de la comtesse qui récoutait avec complaisance fut un moment détournée et captivée par le

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spectacle de deux oiseaux de proie qui, sillonnant Tair à l'orient et à l'occident avec la rapidité sinistre de Téclair, fondirent ensemble sur la carcasse d'une béte morte abandonnée au désçrt. C'était Taigle mi-partie fauve et brun, qui a ime téte de hibou, et le gypaète blanc, vulgairement désigné dans ces contrées sous le nom d'aigle des charognes.

Ces animaux, qu'on ne voit guère daus nos climats, s'étaient précipités avec la rage de la faim sur le large festin qiii leur était offert par Tinsouciance des nomades, ils formaient un groupe hideux ; mais il n'en fallait pas davantage pour rompre la monotonie d'une excursion si rarement incidentée. De leur bec crochu et acçré, ils arradiaient des lambes^ux de chair à moitié putréfiée, et les dévoraient avec une gloutonnerie pénible à voir. Ils s'étaient accrochés, chacun de son coté, sur un membre de la béte morte, et assouvissaient leuis , appétits yoraces sans paraître se soucier de

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tout ce qui se passait dans le voisinage; Grâce à ce phénomène particulier aux

terres que le soleil inonde d'une lumière intense, limpide et diaphane, aucun des mouvemenls de ces oiseaux de proie n^était perdu pour la comtesse et pour sa suite, bien qu'on se trouvai à une assez grande distance. La caravane tout entière avait fait halle, et l'on regardait avec cette attc^ntion qu'on accorde volontiers à tout ce ^ qui peut écarter rennùi prêt à nous envahir. Celait riiorrible speelacle dont on jouit dans les ménageries à Fleure du festin des carnassiers.

c Voilà un beau coup de fusil, » dit le colonel.

Comme s'il eût vu un ordre dans cette «

parole, un brigadier se détacha du groupe

des spaliis qui formaient lescorte et lança « son cheval dans la direction des animaux affamés. 11 avait remplacé le long fusil arabe, son arme ordinaire, par un élégant fusil de chasse à deux coups. Pendant qu'il

BTHSX^.

Si

courait au galop à travers ces terres accideatées, il chargea son arme avec des che~ vrotines comme pour la gazelle. Parvenu à distance convenable^ il s'arréla immobile et pareil à une statue équestre^ regarda ces aigles acharnés à leur proie et son doigt pressa la détente comme s'il se fût agi du plus vulgaiie des gibiers. Le gypaète atteint à l'aile poussa des cris aigus avant d'expirer. Mais Paigle a téte de hibou ne se dérangea pas pour si peu et continua de se repaître avec la même voracité. Un second coup de feu l'abattit à coté de son compagnon de festin, et un instaat après les . deux oiseaux de proie étaient suspendus comme un trophée glorieux à Tarçon de la selle 3u brigadier^ qui rejoignait lacaravanede toute la vitesse de son cheval.

flr €eci est de bon augure, dit le colonel eu voyant la comtesse disposée à Técouter.

J'aime mieux montrer aux Arabes qué nous avons dépensé notre poudre sur des aigles que sur des sangliers ou des lièvres.

ÉTHBL»

— Pourquoi, colonel ?

— Parce qu'en tout pays l'aigle est une béte d'élite^ tandis qu'à l'endroit du sanglier et du lièvre, l'Arabe a des idées à lui. Il méprise l'un comme immonde et a une crainte superstitieuse de l'autre, surloul quand il le voit courir à sa droite au soleil levant. »

Le colonel aurait pu ajouter que ces idées ne sont pas spéciales aux nomades d'Algérie. On les retrouvé en Jigypte, en Perse, dans Tlnde, partout où il y a des populations musulmanes. Dans les provinces algériennes^ TArabe ne chasse le lièvre qu'à coups de bâton. Mais le colonel n'eut pas le temps. d'entrer dans tous ces détails. De nouveaux^ ticidents allaient Venir rompre la monotonie de cette longue marche à travers les plaines qui séparent Mascara de Saïda.

A caravane qui se promenait

ainsi clans la plaine d'£ghris, dans la direction de Saîda, se composait de plusieurs personnes amoureuses des excursions en pays neufs. Outi^ la comtesse de Sumène et le colonel Durand^ avec lesquels nous i on^ fait connaissance^ il y avait le docteur Coignet et sa femme, le sous-inlendanL .Masvert el sa fille, belle personne de vingt-deux ans, qu'une étroite amitié unissait à la comtesse. N^oublions pas Octave de Kessigny, jeune

et brillant capitaine, qui portait avec une

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élégance «suprême la vesle rouge des spahis. C'était le frère puîné de la comtesse de Sumène, qui était déjà mariée lorsqu'il fut admis à l'école de Saint-Cyr. En vertu du droil d'aînesse, elle avait toujours usurpé le privilège de le soigner et de le choyer conune uu iils adoré.

Comment s'était formée cette caravane?

Quiconque a habité, ne fût-ce qu'en passant, les pays tels que rAlgérie, ne nous adresMrait pas oette qnesticm. Les amitiés se nouent vite dans des villes où sont rares las gens d'un même milieu «ocial, et eUes sont d'autant plus ardentes et plus solides que les relatioi» se cenoentreat au lieu de

s?ëparpiller. On vit pour ainsi dire en commun, quoique sous des toits différents.

On se ^it tous les joim et à toutes les heures du joui*. Il en résulte qu'on ne peut l^us se sè|)arer9 escepté quand il y a nécessité impérieuse. On foi^me une smalah^ ommem-dit en Algérie. Leonmidre |irétexte suffit pour la jeter loul entière sur les

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grands cheHÛas. Dans les pays neufs, il y a toujours à voir luilie choses, des accid^aaiU pittoresques, des soënes Je mœurs, Jes horizons, des hommes et une uature qu'on n'a |>as encore vus, qu'oa ne verra jMiais si ou lie s'empresse de saisir, quand elle se présente, l'occasion parles chevewu Qu'on ne s'étonne doue point de nous voir reproduire ces couversations qui se tieuueul eu cavalcadant a travers les vastes solitudes du Tell algérien. C'est une existence excentrique, nous en convenais; mais en

Algérie, pour les Euiopéeiis quels qu'ils soient, il ne saurait y en avoir d'auire.

Depuis pkis de trois ans la ccmilesse était veuve. Après avoir dépouillé les vétalents de deuil et pour échapper k mille ennuis qu'on rencontre dans le monde, dès qM'on ne se eondamne*pas à une daustra»

lion absolue, elle avait voulu se rapproclier de ce libère aimé et était venue Jbai>iter nos possessions «d'Afrique. En ce moment^ quoiqu'elle eûl légèrement passé

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la trentaine^ c'était une femme superbe dont les formes opulentes s'épanouissaient dans toute leur splendeur. La tête^ en perdant ces premières grâces juvéniles et virginales que rien ne remplace, avait acquis une expression pleine de charme. Les yeux parlaient en même temps que la bouche^ et le trait qu'ils lançaient, dirigé par une pensée ferme et sûre d'elle-même, avait toujoui*s sa portée et manquait rarement le but. En même ten)ps l'esprit avait égalenieul pris son entier développement.

L'intelligence cultivée de la comtesse lui permettait de se mêler à toutes les conversations et de s'y intéresser.

Telle que nous venons de l'esquisser en quelques traits, cette femme devait nécessairement trouver en Algérie de nombreux adorateurs. Il y a dans ce pays beaucoup d'hommes distingués que des préoccupations urgentes ont toujours envahis à l'heure où l'on songe sérieusement à unir sa destinée à celle d'une compagne. Qu'une

occasion favorable se présente, et ils sont tout prêts à réparer cet oubli, à combler celle lacune de leur existence. Ils sont même d'autant mieux di&pôsés qu'ils connaissent tout le prix du temps perdu pour le bonheur, et dès qu'ils sentent leur cœur battre à ces douces émotions que donne* la vivacité des sentiments affectueux, ils se montrent d'une ardeur sans égale, tant ils ont hâte de rattraper ce temps qui derrière eux fuit à tire-d'ailes.

Parmi ces courtisans, nul ne se montra plus déUcatement empressé et assidu que le colonel Durand. C'était un de ces vaillants soldats, comme en ont tant formé nos luttes africaines. Ils passent par toutes les épreuves, en conservant intacte une âme étemellemènt jeune* Tous ses grades, le colonel Durand les devait à des actions d'édat, <et il avait conquis les derniers sur les champs de bataille de Crimée et d'Italie. Nous pouvons le peindre d'un mot en nous servant d'une expression militaire : depuis

9S iTH BL.

stf sortie de l'£cole d'état major, il fi'a?ait toiicfié qu^um seule entrée en campagne.

CSela veut dire qu'il n'avait jamais passé une énnée entière sans êlte sur le pied de guerre. Or, à ce rude métier, si le corps s'ose cpielqnefois, le cœur reste intact.

Il n'y avait pas à s'y tromper, le colonel était amoureux de la comtesse de Sumène.

Mais, en homme quf a passé Tâge des folies (il avait quarante ans), s'il recherchait adroitement tontes les occasions de faire connaître les sentiments qui agitaient son cœur, de faire agréer ses hommages, il ne voulait pas s'exposer à échouer misérablement comme un écoKer.

Charg^é d'une mission spéciale dans les tribus arabes qui dépendent de Mascara, le eofonel n'avait pas eu de peine à déterminer de jeunes femmes avenliireuses à faire ces excnrsiotts arec hri. Pour elles, c'était une occasion unique de satisfaire leur curiosité avec une entière sécnrité.

Pour lui, c'était habilement se donner la

Diyilizûù

chance de nombreux entretiens avec la • femme qui paraissait créée pour sou boa-

heur. £t qui sait l'avenir ? Dan» ees longues conversations au désert, qui pouvait dire ce qui allait ae passor? Le ooeur épris ne saurait toujours garder son enveloppe dipkfluatique. Dans cet ordre d'idées^ le cc^ lonel entre¥oyait mille perspectives riantes. L'espérance agitaiit devant lui ses feunt^W^ft^ et ses séductions, comme à travers les nébulosités d un réve. Un mot, bien dit à propos^ peut mtàxmt tant de choses, un regard tant de promesses! Mais encore &ut-il que ce mot aotk prononcé, que ce regard jaillisse de la prunelle comme un trait de Hamme. £t au déserl^ comme dans un salon parisien, il faut qu'il y ait prw€>cation, seulement les distractious sont supprimées, et rien ne vient ^ ravir k moment opportun. Ces pensées remplissaient de joie le cœur jeune et ardent du ookmel, et, naïf comme un écolier, il se disait que, si on détachait le voile transparent des

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ftimides aveux, la bravoure du soldat reprendrait le dessus, et Ton hasarderait une •demande en mariage.

Le colonel montait un superbe étalon du Hodna, qu'il avait ramené de la province de Constantine. Sa i*obe presque rose ajoutait au prix de ce remarquable animal, qui pouvait supporter toutes les fatigues de la marche et de la guerre, ce qui le reùdait * doublement cher à son mattre. Intrépide amazone, la comtesse de Sumène galoppait sur un cheval à la robe noire comme Tébène. L'agha de Frendah avait obtenu ce beau produit en croisant sa jument de guerre avec un de ces buveurs (tair que fournit le désert saharien. Dans un jour de.

largesse, il avait fait cadeau de cette béte superbe au colonel. Le reste de la caravane montait également des bétes de choix, nées chez les Harars ou sur les bords de la Mina et du Ghélif.

Le luxe des chevaux est un de ceux qu'il ne fiuit jamais dédaigner, si Ton veut

iTHBL. 4i

^être regardé et traité avec considération . par les Arabes que l'on visite.

Bien que chacun eût déclaré vouloir laire la route à cheval^ le colonél avait eu la précaution d'amener avec lui une voilure pour recueillir à l'occasion les dames fatiguées. En outre, dans les provisions et les bagages portés pat* des mulets, il y avait -de ces cacolets dont l'utilité et la commo- •dité sont reconnues par tous ceux qui ont voyagé, loin des villes, dans les hauts plateaux algériens.

Une escorte de douze spahis complétait la caravane et lui donnait un aspect imposant. Ces cavaliers, avec leurs beaux nstûmes indigènes flottant au vent, caracolaient éparpillés dans la plaine à portée de la voix, et semblaient fiers du service qui leur était imposé.

Tous les officiers français, sous le burnous de fine laine blanche, portaient la tunique et le képi militaires* A leur cou ou sur leur poitrine, suivant les grades, bril-

latent les insignes de la Légion d'honneur.

Depuis (qu'ils ont appris à nous counaitre sar les champs de bataille, les Arahes ont un respect tout particulier pour ces signes extérieurs de la valeur d'un homme.

On avait quitté Mascara avant l'aube.

£a voyant; aux premiers rayons du soleil, ce beau et pittoresque convoi dans la plaine d'Eghris, la comtesse n avait pu retenir le cri d'admiraticm qu'on donne toujours k ce (pi'on voit pour la première fois; mais, depuis plusieurs heures, elleéiait blasée sur ce spectacle. Aprèff le déjeuner, qu'on avait pris en riant sous un figuier stérile rencontré par hasard, ^e attendait avec impatience des incidents nouveaux pour leur donner son attention.

Dans ces circonstances, la proposition de visiter un marché arabe, dans le voisinage, devait être. accaeiUie avec enthousiasme.

S'il faut tout dire, le colonel avait par^

faitement compié sur ce sentimenl si na-

Uirtl de curiosité, lorsqu'il avait réglé k marrcbe de la jouniée, en dédaignant une foret qui se trouve dans le voisinage de Louifsert. Les Hacbems étaient une des tribus qu'il devait visiter, et il accomplissait un devoir en ayant Vmr de faire ime galanterie.

Un cavalier était parti au galop poui* arertir les Hachems de la visite mattendue qui se dirigeait vei^s eux.

On avait depuis longtemps perdu de vue cet homme, et cependant rien ne [)araissait encore dans le. lointain. C'était toujours la même monotonie plate. Enfin, aux limites extrêmes de l'horizon, on put dis^ tînguer un amas confus de points blancs qui se détachaient vigoureusement sui' le fond terne et grisâtre de Tunifonne tableau. Cette blancheur éblouissante des tentes indiquait le caii^>eroent du marché.

En avançant encore on aperçut de toutes parts, dans la plaine des Arabes, hermétiquement envelopp('4 dans leurs lourds bur-

nous, qui, soit isolément, soit par groupes de quatre ou cinq, se dirigeaient tous vers le même point. Ils allaient d'un pas rapide à travers les palmiers nains, les * lauriers roses des torrents sans eau^ les buissons épineux des jujubiers chargés de fruits, les hautes asphodèles qu'ils courbaient et écrasaient insoucieusemenl. Les provisions qu'ils apportaient au marché ne ralentissaient nullement la vitesse de leur allure, et, de fait, quand on put examiner de près en quoi consistaient les échanges, les Européens constatèrent que, dans la charge de chacun, il n'y avait certes pas de quoi fatiguer un homm^. Mais l'Arabe est ainsi : pourvendre un coufEn de fruits, il fera une dizaine de lieues. Le temps n'existe pas pour lui. La vie insouciante qu'il mène l'habitue à ne jamais s'en préecy cuper. Puis, il aime les réunions nombreuses, et cet homme, que des raisons hygiéniques obligent sans cesse à changer de place, n'est jamais plus heureux que

£THSL.

lorsqu'il trouve un prétexte pour satisfaire ses instincts de sociabilité.

La comtesse avait repris toute sa gaieté du départ. Cette animation subite d'une plaine naguè'Te si morne Pavait rendue tout entière à son heureux naturel. Elle s'amusait de tout ce qu'elle voyait, et quoiqu'elle dût être habituée depuis longtemps aux allures arabes^ elle faisait des remarques piquantes sur tout ce qui se passait ^ devant ses yeux, absolument comme une Parisienne qui se trouverait subitement transportée à l'entrée d'une fête foraine en Bretagne, en Alsace, en Auvergne, en terre basque ou en Languedoc, derniers pays de France nui aient conservé une physionomie originale.

Heureux de cette métamorphose, le colonel encourageait l'hilarité de la jeune femme et l'alimenta jusqu'au moment où un œil exercé aurait pu compter les tentes des Hachems. Alors prenant un ton sérieux, quoique encore léger :

4% inuL*

m Si ^oii6 m'en' croyez y madame la comtesse^ dit-îl, vous quitterez lê cheval ti monterez dans la voiture avec ces dames, auxquelles je donne le même conseil*

— Pourquoi, colonel?

— Vous verrez, madame. Mon cavalier d'ordoniiauce va vous faille uue calèche

— Nob j)as, colonel. Pour ma pari je ne quitterai la selle que lorsque j'aurai ie sens de r<M*dre que vous nous donnes k liti'e de conseil.

— Si j7avaisle droit de vous donner des ordres, madame, reprit le colonel en riant, vous ne résisteriez pas el vous ne ne demanderiez pas d'explication, car ici, notM autres soldats, nous sommes maîti)^ soièverains. .

— Ah ! voyez-vous ! colonel, c'est d<Mac wi guet-apens ?

— Non, madame, mais je citais que si V4MIS ne lavez jamais vm^ ce qui va se passer mérite de fixer vote attention. Il ne

faut pas que vous soyez embarrassée par le soiii de contenir votre cheval, qui, en vrai fils du désert, est toujours plein de fougue et d'ardeur, et pouiTait bien oublier un instant d'obéir à la main qui le ^uide.

Dans la voiture vous jouirez mieux et sans le moindre danger du spectacle qui va vous être offert. Je suis signalé et reconnu. On va venir au-devant de moi. Vous verrez tout le cérémonial des récitions mbes.

— Ceci une raison, colonel, et je me rends. »

Et fai ôomliesse sauta lestement à terre, et, relevant sa robe de cheval, alla prendre la place qii'on lui réservail; dans la voiture.

Ces paroles étaient échangées à moins

d'un kilomètre du camp des Hachems. On distinguaità merveille tout le bruii et tout le mouvement qui se faisait autour des tentes du marché. Une animation sem* blable à celle qu'on ranarque autour l'uches d'abeilles avait subilenient remplacé

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le silence profond du désert. On voyait

que l'homme clait là avec lout ce qui caractérise sa vie.

Des cavaliers parurent bientôt à 1 entrée du camp; sur la ligne des premières toiles dont la blancheur éclatante étîncelait à rhorizou. Les uns portaient le manteau rouge, signe du commandement militaire.

D'autres avaient un haïk noir jeté sur leui^ burnous. Derrière ceux-ci venait un groupe assez nombreux que rien n'aurait pu faire distinguer, sinon les armes reluisantes au soleil qui pendaient à la ceinture des cavaliers, ou à Tarçon de la selle. !l$pandus en large éventail dans la plaine, de manière à couvrir un vaste espace, ils s'avançaient dans la direction des voyageurs et stimulaient l'ardeur de leurs chevaux comme s'ils avaient à prouver leur zèle en témoignant une grande hâte d'arriver.

La course de ce goum à travers les len-^ tisques et les palmiers nains était d'un pit- . toresque qui arracha plusieurs fois de pe-

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tits cris d'admiration à la comtesse. Mais

le colouel n'était plus la pour joiiir de son triomphe. U s'était mis à la tête du convoi, accompagné par les officiers et les spaliis ralliés à la voix de leurs brigadiers. La voiture ne figurait qu'au troisième plan^ de façon, néanmoins, à ce que la comtesse et ses compagnes de voyage ne perdissent rien des scènes qui allaient se passer.

L'agha des Hachems avait lestement vidé les étriers sans prendre la peine de quitter le galop qui est la plus belle allure du cheval arabe. Jetant la bride par-dessus la tête de l'animal, il avait quitté la selle. Le cheval s'était arrêté net avec la docilité intelligente que l'on a déjà bieii souvent remarquée dans ces nobles amis et auxiliaires infatigables de l'homme des déserts. Tous les cavaliers de* la tribu imitèrent l'exemple donné par leur chef. Quant à celui-ci, laissant sa suite à quinze pas derrière lui, et marchant avec la gravité d'uu JupittM'

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Olympien , il se portait mpectaeiisement à la rencontre du colonel.

. « Je connais cet agha y disait la femme du docteur, je Tai vu plusieurs fois à Mascarai c'est Raddour. Il a fait sa fortune en combattant sous notre drapeau avec une bravoure sans égale. On m'a dit qu'il n'appartenait pas parla naissance à ces grandes et puissantes familles dont la généalogie régulière remonte tellement^haut qu'elles pourraient en remontrer poui- l'orgueil héraldique à bien des barons allemands et des palatins hongrois. C'est tout simplement ce que nous appelons en France un soldat de fortune. Il jouit toutefois parmi les siens d'une grande réputation. On .

raconte de kii mille traits qui^ d'un antre, paraîtraient fabuleux.

~ U est bien laid, disait Mlle Masvert ; mais il a une fière mine.

— - Sa laideur est toute virile, mon enhnty re]3renait la comtesse. Et il y a dans sa démarche une distinction souveraine qui

s'alUerak mal avec la beauté tdie que nouâ

la comprenons. Vous n'avez pas besoin de me dire que c'est un^ guerrier d'élite, il n'y a qu'à le voir, ainsi que nous le voyons dans ces plaines sauvages, pour en être convamcu.

— Voyez, madame, le colonel et lui vont échanger le salam, c'est ainsi qu'ils nomment le salut de bienvenue dans leur langue. »

Les deux groupes, en effet, se rapprochaient de plus .en plus. Encore quelques pas et Tagha touchait le colcmel. C'était un homme de grande taille, dont le visage, bronzé par le soldl, était couvert de baia* fres et de tatouages, ce qui ajoutait encore à sa laideur normale. Ses beaux vétœients étaient naturellement drapés avec un art qui aurait fait envie à un statuaire. Au reste, sa physionomie ne trahissait nulle-^ ment les pensées de son ame. Son œil était froid, ses traits immobiles comme ceux du sphynx antique. Rien qu'à le voir, on de-

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vinait qu'il avait en estime singulière toute sa personne, et considérait les hommes qui le suivaient et ceux qu'il avait laissés autour des tentes comme appartenant à des races inférieures. Tout en lui sentait le chef et l'habitude du commandement.

Après avoir échangé les paroles ordinaires du salam, Kaddour prit la main du colonel Durand qui était resté à cheval et la porta tour, à tour à ses lèvres, à son front et sur son cœur. II renouvela la même politesse pour tous les officiers et donna à peine un regard f urtif à la voiture des femmes. La curiosité indiscrète esf un vice inconnu aux hautes classes arabes ^ et leur galanterie n*a pas encore pris les licences de la nôtre. Quant à la comtesse et à ses compagnes, elles ne perdaient aucun de ces détails et croyaient à une de ces scènes de naïveté toucliante, comme on en rencontre dans les âges et chez les peuples primitifs. 11 n'en était pas de même des officiers français. Habitués depuis long-

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Icnips aux formes de la courtoisie arabe, ils n'avaient garde de se montrer sensibles à ces déférences et de perdre leur impassibilité, lis savaient que ce n'étaient là que des banalités polies et les prenaient firoîdemenl pour ce qu'elles valaient. Des frontières du Maroc jusqu'à celles de la Tunisie, devant quelque chef indigène qu'ils se fussent présentés, ils auraient été reçus de la même façon. Chaque pays a ses formes d'urbanité : elles ne frappent l'œil et n'attirent l'attention que lorsqu'on ne les connaît pas. - .

LELQUES minutes après, les cavaliei*& remontèreat à cheval et s'éparpillèrent à droite et à gauche pendunl que l'agha restait auprès du colonel. comtesse était émerveillée de rajiimation.({ue jelail daus ces solitudes la rencontre d'un peuple guerrier^ et^ avec sa vivacité française, elle ne pouvait se lasseï* d'admirer le cortège aii miheu duquel la caravane européenne opérait son entrée dans le uiarclié des Ilacheuis^ dont Kaddour allait £ùre les honneurs au colonel Duraud.

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