‹ Éthel souvenirs d'AfriqueChapitre 7 sur 14 · a L'Arabe y m*écrii«ity 7 dizaine d'an · texte numérisé non relu

a L'Arabe y m*écrii«ity 7 dizaine d'an

nées, M. Lardières, alors procureur impérial à Phitippaville, et aujourd'hui un des avocats les plus distingués de Parisy apporte ea riant sa t^te au yata^Mi du chaouch, qui la scie aux trois quarts. Mais il a une horreur profonde de la décollatioD absotue, et notre fa^on da «pplider jette eu loi «ne ^ouTante

bthbim m

nel. U fallait subir sa destinée en siienee et avec un visage impassible^ et, comme Camjrrha sur sou lit de douleur^ confesser le nom d'Allah.

Les cavaliers du goum de Kaddoui* s'étaient répandus dans les cafés maures de Saïda. I^our regagner leurs tentes^ ils voulaient que fût passée la grande chaleur du joar, qui se fait sortoot sentir de neuf heures à midi. Ils étaient Tobjet de la euriosrté UBFverBeUe; auns, par suite de la défiance iialureiic au nomade, ils ne faisaient que des réponses érasives am questions qui leur étaient adressées de toutes parts. Us voyaient qu'un grand danger ■Maaçait le fils d'un chef qu'ik adoraient, et , pour rien au monde , ils a puraient

ni

qui se fit dans tout ses traits. Qqand Fanga de la Mtt mmt pour suiyaiHc le oadame par la M whmm tt^

le hooqnet de diereu» il ne peat plus enlever qne la téte »^et le ooips resté Uyré à tontes les Bétes dn sé-

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gi:aver la position du jeune homme qui, la veille encore, leur parlait avec autorité.

De leur côté, ils observaient scrupuleusement tout ce qui se produisait à portée de leur regard ou de leur oreille, afin d'en profiter à Toccasion.

Un nouvel incident vint bientôt faire divei^sion à l'arrivée des prisonniersx et rendre à leur tranquillité les hommes de Kaddour.

A la porte du Nord, sous Tescorte de deux spahis détachés du bureau arabe, se présenta un second cortège. Rien en lui ne décelait la richesse, ni même Taisauce. Assise à la mode arabe sur une large selle qui couvrait toute la maigre échine d'un vieux mulet, une femme entièrement cachée sous ses longs voiles était le principal personnage de ce nouveau convoi. £lle était seule, en avant , comme il convient à une femme de distinction. Trois vieillards pauvrement vêtus suivaient sur des ânes malingres et rachi-

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tiques. Évidemment^ pour voir dans tout

cela une opulence déguisée, il fallait avoir la foi robuste, naïve, obstinée, qu'on ne rencontre plus guère que chez l'enfant du désert.

Ces nouveaux arrivés, qu'un chaouch

attendait depuis le matin à la porte de la ville^ se rendirent à la maison qui avait reçu la comtesse de Sumène et toute sa société. La jeiuie ienuue , laissant ses compagnes à Thopital militaire, se trouvait au logis avec son frère et apprenait de la bouche d'Octave tous les détails qu'elle ignorait encore.

Le nom de Camyrrha, sa vie aventureuse et infortunée,, l'existence de sa jeune nièce, venaient de lui être révélés pour la première fois, lorsque celle»ci parut dans le jardin qui entourait la maison : car c'était elle qui .venait de traverser Saïda avec ses serviteurs. Le colonel Pavait fait appeler, dès la veille, afin de poursuivre des investigations que l'activité de Kad-

dour avait désormais rendues k peu jprès inutiles.

Octave, enlendant le bruit que faisaient les Bouveaux venus, regarda à travers les persiennes pour en connaître la cause, et ae retournant vers la comtesse t

« Ma sœur, lui dit-il, j'aperçois une feinme; je crois qu'il est bon que je vous laisse seule avec elle.

— Pas le moins du monde, mon ami.

Si vous me quittez, qui me servira d'interprète? Je ne sais pas un mot d'arabe

Conunent voule%-vous que je comprenne ee qu'on me dira?

— Je n'y pensais pas.

— Je crois, au contraire, que vous feriez bien d'aller au-devant de cette femme et de vous informer de l'objet de sa visite, que je suis prête à recevoir.

— C'est que dans ce pays une femme voilée est chose sacrée, pour un liomme surtout.

— Mous sommes dans des circonstances

exceptioanelles , et il est des heures ou , en tout pays, il faut savoir se m^tre audessus des usages reçus. Personne ne sei^ là pour vous observer et croire que nous avons voulu comoiettre une ineonveaance.

Il n'y avait rien à répliquer.

Octave suivit donc les instructions de sa sœur, et, un instant après, introduisait auprès d'elle la jeune femme dont il dit le nom : Éthel.

Ce mot signifie étoile, et jamais qualification nominative ne convint mieux à la femme qu'elle désignait, La nièce de Camyrrha était en effet belle comme l'étoile qui resplendit dans le pur azur du firmament africain. Il n'y avait en elle rien de ce type arabe que la pureté légèrement efféminée des traits d' Abd-el-Kader a rendu populaire parmi nous. Au reste, il faut bien se garder de confondre les sanj^ divers qui composent les populations musul> mânes des anciennes provinoes Barbaresques. Sans pousser Tobservation bien loin.

pour peu que l'or voyage, on ne tarde pas à constater qu' y a là des races essenti 'lement diffère. js« Sans avoir à dëployer une bien grande sagacité, on reconnaît les types des nations qui ont successivement dominé dans le Nord de TAfrique^ ainsi que nous les dépeignent les livres dans lesquels nous avons fait notre éducation. Toutes ont laissé leur empreint' zante sur ce soi. Car l'homme n^est pas aussi mobile que certains esprits se plaisent à le dire, et le vulgaire à le croire. Des montagnes de la Kabylie aux grands Chott, il y ^ plus de divergence dans les physionomies humaines que*de Marseille à Dunkerque, et, là comme ailleurS| quiconque veut trop généraliser une peinture s'expose à commettre bien des erreurs. Si Ton veut avoir la vérité, il faut procéder par des particularités, par dé»

individualités. On n'atteindra sérieusement ce but| qu'en étudiant sur place et successivement. Partout ou pourra glaner. Pour

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connaître et comprendre la ^beauté des

filles maurciiques, il faut avQir pénétré dans l'intérieur des familles qui peuplent la Boudjaria d'Alger.

Rassurée par raccueil bienveillant que lui faisait la comtesse de Sumène, Éthel rejeta les premiers voiles qui la couvraient et parut dans tout son éclat.

On eût dit la Vénus du Titien avec, ses cheveux d'un rouge pourpre \ i* cher aux peintres de Venise, ses grands yeux limpides ombragés de cils d'une longueur démësurée, ses joues rondes couvertes d'un incarnat carminé ^sa bouche mignonne avec les lèvres vermeilles entr 'ouvertes comme une grenade mûre, et son petit nez élégamment terminé par une courbe gra- v cièuse. Cet enisemble forme un type qu'on ne trouve plus guère qu'à Alger, et dans deux villes européennes, Venise en Italie, Grenade en Espagne.

La révélation de cette beauté, à laquelle l'extrême jeunesse d'Éthel ajoutait une

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grâce vii^nale singulière, impresaiomia nvtment 1» cantfesae. Elle embrassa la

jeune fille avec eliusion. et la fit asseoir à coté d'elle sur un divasu

Retiré dans nn com obscur de i appartement pour me pa& gêner la liberié des femmes. Octave de Kessigny n'osait sauffier mot. 11 était comme ébloui. Jamais plus radieuse beauté.n'avait frappé ses regarda. Il aurait vainement cherché à se soustraire au charme attractif qui se dégageai t de cet ensemble de lignes, dte conteurs et de couleurs harmoiàieux» Celait une véritable fascination et une de ces fascinations qu'on subit pour peu que le sentiment artistique soit développé. Octave enviait sa sœur qui pouvait librement poser ses lèvres sur ces joues si fraîches^ sur ce front si pur. U admirait naïvement et ne cherchait pas à se rendre compte du chemin que pouvait lui faire parcourir ce plaisir que ses yeux savouraient avec complaisance.

Owk a dit que c'est par radmiratira

tiifont toujours commencé tes amîliés ieieliigeate&» N'ea serait-il pas de .même de Tamoiir?

Quand elle eut bien vu et caressé la jeune fille, la comtesse interpella son frère pour qu'il leur servît d'interprète.

A cette TOix, Octave sortit durêveéveillé qui Tabsorliail et Tint s'aasecnr sur une chaise auprès du divan»

L'entretien s'aogag^ naturellemaat sur la naissance d Ethel et Texistence que menait la jeune fiUe au bordj de Camyrrha. La voit répondait au visage. La langue guttui^le des Arabes prenait sur les ièvi*es de la Mauresque des intiMiations d'une douceur infinie. On eût dit le gazouillement d'un CMseau de» tropiques^ ou mieux la mélodie charmante du ramage enfantin. Éthel n'appiit pas autre chose que ce que Ton « savait déjà par le cadi des Hach^ma. Elle fut même moins explicite sur les temps de gloire et d'opulenœ ^ car elle était venue

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. au inonde aux heures de l'adversité.

Quant à la vie du bordj , elle ressemblait à ce qu'on fail tradilionnellement dans toutes les campagnes, comme dans le désert. Les jours s'écoulaient avec monotonie, remplis sans cesse par les mêmes occupations domestiques, et n'avaient d'autres accidents que ceux occasionnés par l'abondance ou la pénurie des moissons. Pour les femmes il y avait en outre quelques travaux d'aiguille, et la pauvre fille, avec un naif orgueil, montra de riches broderies qui contribuaient à sa parure.

La comtesse fit demander à Étiiel si elle aurait grand regret à quitter sa maison. A celte question, la jeune fille répondit avec simplicité qu'elle devait obéissance à Camyrrha ; qu'elle serait la plus malheureuse enfant du monde si jamais elle faisait de la peine à une parente qui avait toujours été si bonne pour elle, et qui était toute sa famille; inais que par-

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tout où sa taille voudrait la coaduire^ elle était prête à la suivre.

Celte parole ramenait les pensées vers la malheureuse qui gisait mourante sur un

lit d'hopilal. Le docteur ne la quiUall presque pas, et la faible espérance qu'il avait conçue de la rappeler à la vie s'évanouissait et repai^aissait tour à tour. Cette ' femme était en ce moment la supi^me préoccupation. Tout autre intérêt pâlissait devant celui qu'elle inspirait, surtout depuis l'arrivée de Eâddour et la remise des prisonniers.

L'agha.sortit de Saîda-vers le milieu du jour. Depuis son devoir accompli, il n'avait pas quitté la maison du commandant du cercle; il était calme, froid, impassible; on eût dit qu'il attendait un ordre, mais cet ordre ne venait pas. Kaddour avait-il l'es* pérance qu'ayant égard à ses anciens et brillants services, le colonel ferait fléchir les règles de la justice pour éviter une flétrissure à la famille de Tagha? Kéduits

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que nous soinnies aux conjectures, il serait imprudent de l'affirmer. Mais il ne fiiudrait pas non plus le nier. Toute pensée peut traverser la cervelle d'un Arabe. £t rien n'^ale sa patîenœ à attendre la réalisation d une espérance conçue. Pendant des hettpes entières, il garde la mèim «ttitiide à la poi te d'un homme puissant. On a cru ipie c'était le résultat de TiiidoljeûoeBative. Erreur. Pour s'en convaincre, on n'a qu à remarquer que jamais ces loi^;iies statioKi ne se font dans les Keux •d'où TArabe ae pourra pas retirer quelque profit.

Une heure «vMt de partir^ Sjiddour avait envoyé son khodja ou secrétaire pour /fidre rantrer sous la tente les cavaliers du goum^ ce qui fit qu'au départ il «l'^ait accMnpagné que d'un seul serviteur. Mais il avait toujours dans sa démanche et son allure cette fiei té màie qui faisait trembler M nnemis.

Il fallait cela pour le spectacle.

Mais quand Kaddour fut -dans la cam-

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pagne^ il laissa loinbd* sa léte chenue sur M poitrine et éorota ks pensées trâtes qm remplissaieoft «on oœiir.

Et cerles pour lui^ le beau gueirier habitué aux allures faaules «t ^ëves 4e la bataille et du triomphe^ il faut convenir que rbeure présente étMt pleine d'amertume, et plus encore que nous n'avons pu le Are : car ismaal était r^enfamt ^chéri de ses entrailles, œlvi doiyt la camae aimt toujours été plus douce à soo-oseur paternel, œloi sur lequel il comptait ponr Tffrenir de sa maison.

S'il avait livré ce fils, s'il n'avait pas même daigné lui donner un regard, ce n'est pas à dire qu'il Tabandonnat ainsi sans secours au terrible sort que méritait le crime. *

Non y la voix du sang parlait encore dans Kaddour. L'imagination de l'agha, fertile en stratagèmes de toute sorte, cherchait par quelle trame finement ourdie, par quelle combinaison, il pourrait tirer

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son Ismaêl des mains de la justice en laissant retomber tout le poids de la faute et tout le châtiment sur les complices misé« rables que Tenfaiit s'était donués.

La tâche était rude.

Mais il n^y a rien qui soit au-dessus des ruses et des subtilités d'un Arabe, audessus de son énergie à poursuivre un but y quand Taction est résolue j à plus forte raison d'un Arabe tel que le vieil agha des Hacheins.

Kaddour cherchait : il ne désespérait pas.

Ëin>AiiiT ce temps, une preinièi*e et sommaire instruction se poursuivait à Saida. I^e docteur pci*^ mettait qu'on recueillît de la bouche de Camyrrha quelques détails sur Tattental noc^turne. A force de soins et de persévérance, le docteur ëtaijt parvenu à pouvoir répondre de la vie, au moins pendant quelques heures. Il fallait se hâter d'en profiter pour interroger la victime, et voici ce qu'elle raconta à l'officier qui dans ces villes, remplit les fonctions de juge de paix :

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On l'ayait assaOlie a ooaps de biton.

Elle avait sur elle quelque argent^ car elle était allée au maidié pour vendre le superflu des fruits et des légumes de son jardin. £Ue voyageait sur un âne et portait ses plus beaux vêtements. Toutes ces circonstances étahlissaient que le vol avait été le mobile, de l'assassinat. Cependant la victime se montrait fort peu explicite sur ces conséquences. £Ue croyait au contraire qu'on avait voulu lui faire porter la pâne d'une indiscrétion commise par elle involoatairenient. Arrêtée pr^ d'un baisson épais de jujubiers qui la dérobait à la dk avait «nlenda -on complot de maraudeurs qui se tramait dans Tombre.

Effrayée, tr^idifamte, elle allait continner sa Toute, en tenant les lèvres closes, Ionqu'un des malfaiteurs Tayant aperçue :

c Femme, crîa-t-ilyas-ta entendu! — Oui, répondit-elle pour ne pas manquer à la vérité. — Meure donc!... morte ta 'm trahiras pas le secret! » Et, le premier, il

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