‹ Éthel souvenirs d'AfriqueChapitre 8 sur 14 · THEL · texte numérisé non relu

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s'ëlait rué sur elle suivi par ses compa* ganm. Quant aux soâérats^ Camyrrha ne put ilîre atunin nom, mais elle les cou* naissait. Elle les avait vus souvent djcvant les tentes des HacbeMS.

Le colonel lisait cette déposition qu'on avait apportée Abe ie commandant supérieur du cercle, lorsqiron vint raverlir que la comtesse de Sunème désirait lui p«rier.

La jeune lanme n'avait pu se trouver au radîeu de toi» œs événements sans «cpie son imagination enfantai mille projets correcteurs de la dminée. £Ue étak ardente pour te bien «omme d'autres sont ardentes pour le mal. Croyant, en outre ^ <|iie rien ne marche au hasard dans tes «ffaires de ce monde, elle se demandait s'il n y avait point qoelcfue providence mystérieùse ^hms le caprice qui l'avait jetée à Saïda. Sur cette pente, sa pensée allait fort vite et fort loin. Après quelques heures de réflestion, la sœur d'Octave aurait afûrmé qu'il lui

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incombait comme un devoir de compléter

rœuvre de charilé qu'elle avait commen* cée la veille, avec ses compagnes de voyage^ en allant soigner de ses mains rinlortunée Camyirha. La comtesse était maîtresse d^une fortune indépendante qui lui permettait de ne pas ménager ses hientaits.

Sans blesser qui que ce soit^ elle pouvait disposer de sommes qui auraient fait le bonheur de bien des ménages de notre connaissance, et elle ne s'imposait pas une charge bien lourde en assurant une vieillesse heureuse a la tante, en s'occupant de Tavenir de la nièce. Depuis qu'elle avait viv £thel , la comtesse n'envisageait pa& sans un affreux serrement de cœur les tristes perspectives qu'une vie errante et aventureuse mettait, uniquement à l'horizon de cette fleur de jeunesse et de beauté, si délicate et si touchante dans sa fraîcheur.

Êtliel avait demandé avec inquiétude^ plusieurs fms, des nouvelles de sa tante.

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On lui donna d'abord des réponses évasives. La jeune fille insista. £Ue voulait voir Camyrrha. Mais le docteur s'opposait à celle entrevue comme à tout ce qui pouvait donner une émotion trop vive à la malade. Ces refus obstinés firent venir des larmes abondantes dans les yeux de la jeune fille. La comtesse la consola de son mieux ; mais ces consolations restaient sans effet, tant que subsistait la cause de sa douleur.

. Le colonel entra sur ces entrefaites, et le premier objet qui frappa sa vue fui colle belle jeune fille baignée de pleurs. Un cœur sensible battait sous Phabit du sol-* dat^ et, touché de ce spectacle, il ne put dissimuler son émotion. £n quelques mots la comtesse mit le colonel au courant de la situation, et lui fit part, en même temps, des projets que son imagination caressait pour Tavenir,

fc Toutes ces pensées sont bonnes, madame, répondit le colonel| tellement bonnes

iTHSL.

que, si vous le p<>nneUez, je demande à m^sfisocLec avec vous.

colonel ; mak attons mt

plus pi^sé.

~ À cette heure^ madame^ le phis

pressé esl L'œuvre de la justice.

— Puisque les crimineis sont sûu& voire nain, il me semUe que ce n'est pins votre aflEvre.

Noua ne scamneapas en France^ nodame. Là je n'aurais qu'à remettre aux magistraU les hommes ^'on nous a Uvrës et à me la^er les mains de toutes les conséquences. Ce serait désormais une besogne de Dame Justice toute aeule. Mais bobs avons en Algérie^» pour certains cas^ des règka excq>tk)miellea.

— Expliquez- vous, si vous voukai que je comprenne.

— Noua sommes ici sur ce que no«s appelons le territoire militaire. Or^ quand \m crime est oommis sur ce tenritcôfé^ s'il n'y a que des Arabes dans le conflit^ les

crimiii^. sont jugés par les conseik de

guerre. Si parmi eux il se trouve un Européen ou uok Israélite^ le débat est porté devant la cour d'asmes. C'est pourquoi il nous faut connaître toutes les ramiiications du forfait^ pour savoir en quelles mains nous devons remettre les prison-»

nîers^ laissant à chacun Le smn de £ûre sa ■ besogne.

— Tout cela me semble devoii* entraîner beaucoup de temps.

— Non, madame i si le docteur Tautorise, noua pourrons quitter Saîda dans qua* rante-huit heures et emmener avec nous Camyrrha et cette jeune Elle qui nous écoute comme si elle nous comprenait.

Elles seront beaucoup mieux que partout ailleurs dans votre maison de la petite me du GhéUff .

— - £h bien, colonel, allcNois-y le plus tôt que nous pourrons.

— Je vais faire mes efforts pour hâter le moment du départ.

i9i ITBBL,

— Colonel^ songez que notre œuvre

commence.

Je ne Toublie pas, madame, et^ au besoin je compte sur vous pour me Je rappeler. »

Et d'un geste amical le colonel prit congé de la comtesse»

Rien ne rapproche plus rapidement les cœurs que la complicité d'une bonne action. Pendant cet entretien, ni le 'colonel ni la comtesse n'avaient fait 1»< moindre allusion aux confidences d'Aïn-lifferit. £l.

cependant, la parole affectueuse qui ne venait pas aux lèvres n'aurait été que l'écho des pensées les plus intimes. Le sentiment faisait des progrès sans avoir besoin de nouvelles protestations. ïout, dans le colonel, montrait que la flamme vive brûlait intérieurement comme la lampe qui ne s\'teint jamais au fond du sanctuaire. Et la comtesse, quoique emportée par tous ces événements, et incapable de sonder son oœur^ traitait déjà le colonel comme un

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