‹ Ethnographie ancienne de l'EquateurChapitre 105 sur 149 · VASES MÉTALLIQUES · texte numérisé non relu

VASES MÉTALLIQUES

Les anciens Equatoriens ne semblent avoir utilisé qu’exceptionnellement l’or et l’argent pour la fabrication de vases ou de récipients. Ces objets sont, en effet, très rares dans les collections. 11 est vrai qu’en raison de leur valeur marchande, un

Fig‘. 72. — Coupe plaie eu or cIc Ealretc (Tr. ii” 211S7) (Cr. nal.).

certain nombre ont dû être vendus pour être fondus, et échapper ainsi aux archéologues.

Le trésor de Citenca comprenait neuf grandes coiqoes en or, de forme hémisphérique un peu écrasée (164, p. ng). D’après les photographies de la collection Angrand (' ), ces objets sont en tous points semblables à celui de l’île de La Plata, figuré par Dorsey (los, /tg. /io).

La même sépulture canari renfermait aussi deux petites coupes plates, dont une a échappé au creuset et fait actuellement partie des collections du Musée d’ Ethnographie du Trocadéro {pl. XXV, fig. i). Voici la description qu’en a donnée Heuzey : « Le bord est orné d’un collier de perles saillantes, composé de grains d’or que l’on a

(q Voir page note 1.

OBJETS EXTRAITS DES TOMBES PBÉCOLOMBIEISiNES DE l'ÉQUATEUR.

fondus à part et rapprochés ensuite par un procédé de soudure : deux petits serpents, formés d’une tige mince repliée sur elle-même, décorent les côtés,.. )) {fig. 72). Heuzey ajoute qu’une de ces coupes était encore, au moment où il l’examina, salie par le résidu d’une substance rougeâtre (164, p. 120). Il s’agit là d’une forme de récipient commune dans la région côtière péruvienne ; toutefois, dans cette contrée, les métaux employés à la fabrication étaient l’argent et, plus rarement, le cuivre (23, xviii-xix; 335, III, pl. LXXXI, fig. ii-i3)

A côté de ces pièces très simples comme forme et comme ornementation, on a

Eig. 78. — Timbale en or de Chordeieg, d'après GonzAlez Suarez (140, Atlas, pl. F///, fig. 2).

rencontré, en Équateur, des vases d’un travail plus compliqué. Les quatre exemplaires connus ont tous été figurés et décrits par Gonzalez Suarez.

Deux de ces vases, trouvés à Chordeieg, sont en argent. Leur forme est celle d’une bouteille, dont le A^entre représente une tête d’homme. « L’expression du visage est triste et mélancolique, le nez grand et arqué; la bouche est entr’ ouverte ; deux rides très prononcées sur les joues accentuent le caractère de la physionomie. La tête est surmontée d’une coiffure qu’on prendrait à première vue pour un bonnet, mais qui est, en réalité, formée d’une pièce d’étofïe qui enveloppe à la fois la tête et le cou, car les plis en sont visibles sous le menton. Les oreilles sont ornées d’un disque non

ETHNOGRAPHIE ANCIENNE DE l’ÉQUATEUR.

décoré » (140. Aiias, p. 92-93, pi. x, fig. 2). Des objets semblables ont été souvent rencontrés dans les sépultures du littoral péruvien (23, pi. xxi).

Un autre vase [fig. 73), également trouvé à Chordeleg, diffère notablement des précédents (140, Atias, pi. viii, pg. 2). Outre qu’il est en or massif, il a la forme d’une timbale presque cylindrique, munie d’une anse représentant un Indien accroupi sur un petit socle carré. Le personnage est nu, les yeux fermés, la bouche entr’ ouverte ; les mains croisées maintiennent sur la poitrine une espèce de sceptre. Enfin, la tête est ornée d’une très grande coiffure conique analogue aux tiares que nous avons décrites (p. 3o8-3io). Des timbales en or ou en argent ont été assez souvent rencontrées dans des localités de la côte péruvienne; mais, aucune de celles que nous avons pu examiner n’est munie d’une anse analogue à celle de la pièce canari (71, pi. XXXII, f,g. I, pl. XXXIV; 23, pi. XX- 152, pl. LIV).

Le dernier vase équatorien, dont il nous reste à parler, est certainement le plus remarquable de tous ceux que nous venons de passer en revue, tant par la complication que par l’originalité de sa forme. C’est un vase d’argent du poids de 194®'', asymétrique, muni d’un long col à ouverture évasée. La panse représente un animal monstrueux, aux yeux énormes, pourvu de quatre pattes et dont la large gueule est armée de dents redoutables. Sur le dos de cet animal, est assis un petit singe, mobile dans tous les sens et dont la tête se déplace autour d’un axe, dès c^u’on agite le vase. En soufflant par l’ouverture de celui-ci, on produit un son aigu, très semblable au cri d’un petit singe (140, AUas, p. 123, pi. xxii, pg. q. Cette belle pièce, actuellement au Musée de Santiago de Chile, provient de l’île de Santa Clara. Nous n’avons trouvé dans la littérature aucun objet qui puisse lui être comparé.

Page 1