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PURUHAES

Les Puruhaes occupaient la province actuelle du Chimborazo; leur frontière septentrionale semble avoir été la chaîne d’igualata et leur frontière orientale, la Cordillère des Andes; du côté du Sud, leur domaine n’était pas exactement limité par la chaîne de Tiocajas. Il est probable, en effet, que les Tiquizambis doivent être rattachés aux Puruhaes, avec lesquels nous les trouvons toujours alliés (418, II, p. u), et c’est sans doute par l’intermédiaire de cette tribu que la langue canari.

(') Jiménez de la Espada a résumé cette intéressante question dans un rapport fort documenté (197).

qui dominait dans la vallée d’Alausi, s’imprégna d’éléments empruntés à la langue puruhâ (337, III, y>. 189,193). A l’Ouest, la limite est beaucoup plus difficile à déterminer. Il semble cependant qu’on puisse, sans grande chance d’erreur, rattacher aux Puruhaes les Chimbos de la vallée de Guaranda; nous savons, en effet, que les Puruhaes étaient en luttes constantes avec les Huancavilcas, qui habitaient la région côtière dans les environs de Guayaquil (418, ii, p. 8) ; or, il sulfit de jeter un coup d’œil sur une carte pour constater que tout contact eût été impossible entre les deux peuplades, si la vallée de Guaranda n’avait fait partie du domaine de l’une ou de l’autre. Il nous semble plus légitime de la rattacher au territoire puruhâ, parce qu’il existe, encore à l’heure actuelle, une grande similitude entre les indigènes et les climats des deux régions et que les Chimbos étaient les alliés des Puruhaes (418, ii. p. 8).

Ceux-ci avaient des vêtements de laine et, plus rarement, de coton; hommes et femmes portaient les cheveux très longs, disposés en nombreuses et fines tresses. Leurs maisons étaient construites en pierres et couvertes de paille (76, p. 396).

Leur alimentation ne différait pas sensiblement de celle des autres tribus de la vallée interandine et avait pour base le maïs et la pomme de terre. Ils savaient extraire et travailler la fibre de l’agave et tiraient de cette industrie leur principale richesse, comme, d’ailleurs, encore à l’heure actuelle (337, iii, p. i5o-i5i).

Outre la lance, la macana (') et le javelot, ils employaient comme armes la fronde (huaraca) et une petite massue de bois pesant (Jiuicopa), qui était une arme de jet. Leur adresse dans l’emploi de ces deux dernières armes, auquel ils s’exerçaient dès leur plus tendre enfance, était telle qu’ils atteignaient un but avec autant de sûreté qu’avec un fusil. C’était un peuple éminemment guerrier, en luttes constantes, en particulier, avec les Huancavilcas, leurs voisins occidentaux, et avec les Canaris, leurs voisins méridionaux (4i8, ii, p. 8).

(’) Voici la définition que donne Velasco de cet instrument : « Très grand sabre de bois, capable de couper un homme en doux » (418, II, p. Sa). D’autres auteurs nous donnent une description absolument semblable : la macana avait la forme d’une pelle ou d’un espadon {à manera de palas o de montantes de palma) (337, III, p. iSg, i84). Celle arme était en usage chez un grand nombre de tribus de l’Equateur; nous la retrouverons chez les Canaris, et chez toutes les tribus du littoral. Elle était également employée chez les Péruviens (79, IV, p. 19G; 252, p. 61), et le Musée d’ethnographie du Trocadéro en possède de beaux exemplaires provenant d’Ancon, qui ont été figurés par Wiener (434, p. G86) et Hamy (152, pl. LII, fig. 149). Elle était aussi en usage chez les Indiens Maynas du haut Amazone (337, IV, Apéndice, p. lxxxi), dans la vallée du Chinchipe (163, IV, 8® Déc., Liv. 5, p. i4o-i4i); Ameghino et Ambrosetti en ont signa'é des spécimens d’Incahuasi (18, I, p. 620, pl. IX, fig. 3i7), de Pueblo Viejo et de Taranta (iO LUI, p. 94). On pourrait donc y voir une arme d’origine péruvienne, si nous ne la rencontrions encore chez les peuplades de la Nouvelle-Grenade, qui ne furent jamais sous la domination des Incas (163, III, 6® Déc., Liv. 5, p. ijS; 314, p. 16; 357, p. 3i4; 302, II, p. 392, 4o8)- La description qui nous a été conservée de la macana dont on se servait dans la région de Popayan ne laisse aucun doute sur l’identité de cette arme avec celle des régions de l’Equateur et du Pérou : c’était une arme en bois noir, très dur, longue d’une brasse et demie, large de quatre doigts, avec un double tranchant, qu’on maniait à deux mains comme l’espadon (417, p. 489 ). De Erettes l’a d’ailleurs retrouvée en usage chez les Chimilas de la Cordillère de Santa Marta (52, p. 462; Tr. n° 60007).

Les Puruhaes étaient divisés en un grand nombre de tribus; ehacune avait son ehef, qui seul avait le droit de s’asseoir sur un siège appelé tianga ('); les gens du eommun s’aecroupissaient sur le sol, eomme ils le font eneore aujourd’hui. Le pouvoir se transmettait au fils de la sœur et non du frère (') (76, p. '896; 337, iii, p. i54). D’après Velasco, ees diverses peuplades reconnaissaient un suzerain unique qui résidait à Liribamba (■'). A quelques lieues de cette ville, les rois puruhaes auraient eu un domaine délicieux, entouré de petits lacs et de collines peu élevées, couvertes de beaux bois et très giboyeuses. Les lacs étaient reliés par des canaux creusés artificiellement, entre lesquels étaient construites de nombreuses maisons (418, ii.

p. II).

Il est bien difficile d’avoir une opinion formelle sur l’exactitude de tous ces renseignements, qui dénoteraient une organisation sociale et une civilisation déjà très développées.

La polygamie existait, au moins pour les chefs. La demande en mariage donnait lieu à de curieuses cérémonies : le candidat devait se rendre, à la tombée de la nuit, à la maison de la jeune fille et apporter du bois, de la paille et de la chicha; il déposait ces divers objets devant la porte et appelait. Les parents sortaient et le jeune homme leur présentait sa demande, leur montrant très humblement qu’il apportait tout le nécessaire pour se coucher, se chauffer et boire, promettant d’avoir grand soin de sa future femme et de bien cultiver ses champs. Si la demande était agréée, les parents prenaient leur enfant par la main et la remettaient à son prétendant; la jeune fille devait alors leur reprocher en pleurant de la mettre à la porte. Si, au contraire, la demande était repoussée, on refusait les cadeaux du prétendant et on l’éconduisait à coups de bâton ('') (337, iir, p. iSa).

Quand la jeune femme perdait sa virginité ou quand elle accouchait pour la première fois, elle se coupait les cheveux. Nous ignorons les cérémonies qui pouvaient entourer la naissance, mais nous savons qu’on ne donnait un nom à l’enfant qu’au moment où il atteignait l’âge de 5 ou 6 ans. A cette occasion, les parents le conduisaient de maison en maison et, dans chacune d’elles, on coupait une mèche de sa chevelure jusqu’à ce qu’il fût entièrement tondu. Tous ceux qui avaient participé à l’opération devaient faire un cadeau (Q. Cette coutume persista longtemps après l’introduction du christianisme, de sorte que l’Indien avait toujours deux

(') Il s’agit là d’une coutume vraisemblablement d’origine péruvienne (79, III, p. 235).

(-) Vraisemblablement en l’absence d’héritier mâle direct, comme nous l’avons vu pour d’autres tribus.

(^) Cette ville, disparue aujourd’hui, sc trouvait dans la plaine actuelle de Gatazo, le long du rio San Juan ou Chibunga (418, II, p. iig).

(^) Ici le texte auquel nous empiruntons ces détails est assez obscur, mais il semble bien que l’interprétation que nous lui donnons soit la seule acceptable.

(®) Une coutume analogue existait chez les Péruviens, à qui les Puruhaes avaient dû l’emprunter (79, IV^ p. i'77; 129, I, p. 44' et suiv. ; 21, p. 33). Elle est encore en usage dans les vallées calchaquies de la province de Salta (8, XIX, p. 49).

Ai'c de méridien équatorial, t. VI (i).

ETIINOGUAPHIE ANCIENNE DE l’ÉQUATEUD.

noms : son nom de baptême et son nom indigène, et, chose curieuse, quand on demandait à une femme mariée le nom de son mari, elle indiquait toujours le premier, persuadée que, si elle agissait autrement, toute la vaisselle de son ménage se briserait. D’ailleurs, si elle commettait cette imprudence, son mari n’hésitait pas à l’en châtier en la battant (337, iii, p. iSa, 154).

Aussitôt que mourait un Indien, ses femmes parcouraient tous les lieux où le défunt avait coutume d’aller, en l’appelant et lui rappelant, dans une sorte de mélopée plaintive, les souvenirs communs de leur vie. Ensuite, elles prévenaient la famille et, en signe de deuil, se tondaient et se peignaient la figure en noir. Le cadavre était veillé toute une nuit par les parents et amis qui buvaient et dansaient autour de lui. Quelquefois, on l’enterrait dans sa propre maison; le plus souvent, l’inhumation avait lieu dans la campagne. Dans ce cas, le corps n’était pas sorti par la porte, mais par une brèche pratiquée dans la paroi opposée à celle-ci; les surAÛvants abandonnaient ensuite la maison pour toujours. La veuve suivait le cadavre, la tête couverte, un bâton à la main, soutenue par deux des parents du mort. La sépulture était une fosse profonde, de forme carrée; à côté du défunt, on disposait des vêtements, des vivres et de la chicha. Les chefs étaient enterrés assis sur leur siège spécial, la tianga ('), et l’on mettait avec eux dans la tombe quelques-unes de leurs femmes AÛvantes. Le deuil durait assez longtemps et se terminait par un lavage général à la rivière (76, p. 396; 337, iii, p. 162, i53), rite de sortie du deuil, qui se pratique encore actuellement dans la région (■) (345, p. 77).

Nous sommes assez bien renseignés sur les croyances religieuses des Puruhaes. Il est probable que le culte du soleil et de la lune, que certains auteurs ont signalé chez eux, est d’importation péruvienne (76, p. 396, 399; 337, ni, p. 152). Primitivement, ils avaient pour dieux le Chimborazo et ie Tungurahua, les deux magnifiques montagnes de la province de Riobamba : le premier était le dieu mâle, le second le dieu femelle (Q. Les Indiens étaient convaincus que, dans certaines conditions, ces deux montagnes s’accouplaient. Ils se croyaient les fils du Chimborazo et lui avaient construit, au pied même de la neige éternelle, un temple où toutes les populations des environs venaient apporter des offrandes et où l’on sacrifiait des lamas et de jeunes vierges, filles des principaux personnages de la tribu. Les Incas adoptèrent d’ailleurs ce culte indigène et, sur leur ordre, un

(^) Voir la note de la p. i8.

(^) Nous avons observé également des cérémonies analogues chez les Indiens du Carchi et de l’Azuay. Ambrosetti et Boman les ont retrouvées dans la puna de Jujuy (47, II, p. 5i8-52o) et en pays diaguite (7, p. 61-62). Elles étaient également en usage chez les anciens Périiviens (21, p. 34, 5o ; 421 bis, fol. 46), au Mexique (75 bis, p. 120), chez les Zuni et les Indiens Sia du Nouveau-Mexique (392 bis, p. i45)- La grande dilîusion de ces pratiques ne permet donc pas de tirer de leur existence chez deux populations un argument en faveur d’une origine commune, comme Amhrosetti l’a fait au sujet des Calchaquis et des Zuiîi (8 bis, p. 10-12).

(^) Ces deux montagnes sont encore invoquées actuellement comme des divinités sexuées par les Indiens (345, p. 78; 348, p. 89-90).

ETA'r DU l’AYS UQUATOKIEN AU iMOMENÏ DE IA DECOUVEliTE.

grand nombre de lamas furent lâchés en liberté dans le pdraino ('). Les Indiens respectaient ces troupeaux consacrés à leur dieu, persuadés que, s’ils y portaient une main sacrilège, celui-ci les punirait en faisant geler leurs récoltes. A la fin du XVI® siècle, il fallut un ordre de la Real audiencia de Quito pour les obliger à détruire ces animaux sacrés (") (337, iii, p. i5o-i52).

Suivant Velasco, les Puruhaes auraient eu un autre temple dans la capitale de leur province, Liribamba; il était petit, de forme rectangulaire. Bien qu’il renfermât les images du soleil et de la lune, l’objet du culte principal était une idole en terre euite, représentant le dieu de la guerre et de la vengeance; elle avait la forme d’un vase anthropomorphe et la bouehe se trouvait au sommet. On sacrifiait à ce dieu des prisonniers de guerre, dont le sang était versé dans l’orifiee supérieur de la figurine et répandu sur le visage (418, ii, p. 35).

Les soreiers jouissaient d’un très grand pouvoir dans la tribu. Quand la foudre tombait sur une maison, les habitants n’y rentraient plus sous aueun prétexte et, pour conjurer le sort, ils devaient se priver de sel et de piment longtemps après l’aceident; les biens abandonnés ainsi par les Indiens revenaient de droit aux soreiers (337, iii, p. i53).

D’ailleurs, les superstitions de toute nature abondaient chez les Puruhaes. Ils eroyaient que les âmes de leurs aneêtres peinaient sur les bords du lae de Colaycoeha. Velasco, qui rapporte le fait, pense que cette croyance provenait de ce qu’on avait coutume d’abandonner les grands criminels dans un îlot qui se trouvait au milieu de cette lagune glacée pour qu’ils y mourussent de faim (418, i, p. 21).

Quand l’are-en-eiel touchait une maison, tous s’enfuyaient, car quiconque était atteint mourait (Q. Au moment de la floraison des pommes de terre, les Indiens

(*) Le fait que les Licas aient adopté le culte des Puruhaes n’a rien d’anormal. Nous savons, en effet, que le respect des croyances locales faisait partie de l’intelligente politique des conquérants jîéruviens et que, dans une autre partie de leur empire, ils avaient un temple consacré à une cime neigeuse, ainsi qu’il ressort du texte suivant de Cieza de L.oon : Siu eslos teniplos, se tuvo oiro par tan estimado y frccuentado como ellos, y mus, que habia par nombre la Coropuna, que es en la proaincia de Condesuyo, en un cerro muy grande cubierto â la continn de nieve que de inuierno y de uerano no se quila jamâs. Y los reyes del Perû con los nuis principales dél oisitaban este templo, haciendo présentes y ojrendas como à los y a dichos ; y tiénese por muy cierlo, que de los doues y capacocha que â este templo se le hizo, habia muchas cargos de oro y plata y pedreria

cnlerrado en partes que dello no se sabe Mucho ganado ténia este templo, y chucaras y seivicio de indios

y mamaconas. Siempre habia en él gente de muchas parles, y el Demonio hablaba aqui mâs sueltamenie que

en las oràculos dichos, parque à la continu duba mill respueslas, y no A iiemj)os, como los oiros Algunas

accès sacrificaban mucho en este orâculo, y asi malaban muchos ganados y aves, y algu/ios hornbres y mujeres (77, p. ii2-ii3). Il s’agit là, d’ailleurs, d’une manifestation locale d’un culte beaucoup plus répandu, puisque Arriaga nous signale, parmi les principaux objets adorés anciennement dans le Pérou, las Sierras nevadas que llaman Razu, o por sincopa Rao, o Ritli, que iodo quiere dezir nie<re (21, p. ii).

(^) Les événements donnèrent raison aux Indiens : toutes les semailles furent gelées peu après ce sacrilège (337, ni, p. i5o).

(•'*) Les Indiens de Canar ont encore à l’heure actuelle la terreur de l’arc-en-ciel (348, p. 91). Les anciens Péruviens croyaient également à l’influence malfaisante de ce météore (129, I, p. 887 ; 79, IV, p. i4g-i5o). Bandelier a observé des survivances analogues à celles que nous avons notées en Equateur chez les Indiens

ETIINOGUAPIIIE ANCIENNE DE l’ÉQUATEUI! .

ne pénétraient jamais dans leur champ sans s’être flagellé les pieds avec des orties, pour éviter c|ue la récolte ne se perdît. Chacfue fois c{ue le chef se levait, un domestique retournait aussitôt son siège, pour cjue c{uelque mauvais esprit ne vînt pas s’y asseoir (337, iii, p. 154 ).

Les Puruhaes avaient des réunions rappelant celles des Latacungas : c’étaient des beuveries collectives, avec hal, c{ui duraient plusieurs jours et auxquelles étaient conviées un grand nombre de jolies filles. Au cours de ces orgies, les pires abus se commettaient, même entre parents rapprochés. Le maître de la maison recevait de chacun des invités des cadeaux de toute sorte, qu’il répartissait entre les jeunes filles. Une autre fête plus caractéristicfue se célébrait au moment où le maïs se formait en grains. A cette occasion, un Indien en costume de guerre parcourait les collines environnantes, menaçant et défiant un ennemi imaginaire, puis venait retr.ouver les autres convives en les assurant qu’aucun danger ne menaçait le pays; les libations commençaient alors (337, ni, p. i53-i54).

Nous ignorons totalement l’origine des Puruhaes et nous ne connaissons de leur idiome que la signification de quelques noms de lieux. Dans une phrase assez obscure, Cieza de Leon semble indiquer que les Puruhaes avaient les mêmes coutumes que les populations établies dans la forêt, aux sources du Maranon et de l’autre côté du Tungurabua (76, p. 396); il ne pourrait s’agir ici que des Jibaros.

Le peu que nous savons de l’histoire préincasique des Puridiaes nous est conté par Velasco. La tribu résista victorieusement à la conquête cara et n’entra dans la confédération scyri qu’à la suite du mariage de la fille du onzième roi de Quito, Toa, avec l’héritier du trône de Purubà, Ducbicela. Elle lutta ensuite vaillamment contre l’invasion incasique. Après sa victoire, Tiipac-Yiipanqui fit construire à Riobamba une forteresse et un tamho royal; ces édifices furent ultérieurement réédifiés par Huayna-Càpac, qui y adjoignit un temple et d’autres bâtiments (418, II, p. 9, Il et suiv., 1 19-120). Il est certain que l’influence des conquérants se fit sentir profondément dans la province; le témoignage d’Oviedo est formel à ce sujet; Toda la gente de aquella tierra es de las pronnçias de Collao (') é Condesuyo ("), que la truxo Giiaynacava, quando la conquistô jwrque no se le alçassen, é la gente de allf natural lleoôla adonde saeô essotra (302, iv, p. 240. Par un autre document, nous savons que, dans le village de San Andrés, il y avait des mitiniaes de Condesuyo, en sorte que, à la fin du xvi® siècle, on y parlait trois langues ; le puruhâ, le quichua et l’aymara (337, iii, p. i5i). Velasco rapporte, en outre, que le village de

modei'nos de Tialiuanaco (30, p. loo). La qncslion suivante qui se irouve dans le Rilual jormidario de Pérez Bocanegra indique couinieiiL l’Indien conjurait le danger que lui faisait courir la vue de l’arc-en-ciel : Quando oes lepantarse el arco en el cielo, adorasle, echando de tus orines, y regando con cllos, y poniendoie tierra en las narizes, diziendo, que lo Jiazcs, jwrque no se te entre en las tripas, y barriga ? (309 bis, p. i35-i3G).

Q) Département actuel de Puno (324, II, ji. 8i).

(^) Province située au nord-ouest d’Arequiija et dont la capitale est CliuquibaniLa (324, I, p. 235, 11, p. 327).

ÉTAT DU PAYS ÉQUATOP.IEN AU MOMENT DE LA DÉOOUVEI'.TE. 2f)

Yaruquies, à l’est de Riol)amba, fut peuplé par une tribu du village de Yaruqui, au nord-est de Quito (4i8, ii, p. 28), Des changements tout aussi importants eurent lieu dans la vallée de Chimbo : à San Llorente de Guamarica, les initiinaes étaient de Cajamarca, à Chapacoto, de Guayacondo; à Azancolo et à San Miguel, ils avaient diverses origines, parmi lesquelles on nous signale, pour le premier de ces villages, des indigènes de Guamachuco et des Guambos (proYÛnce de Cajamarca) (337, III, p. i38, 189, 142). 11 est probable qu’il faut attribuer à ces colonies étrangères la toponymie en coto, spéciale à la vallée de Chimbo. L’abondance des initiinaes et la multiplicité de leurs origines en pays puruhâ expliquent vraisemblablement pourquoi nous n’avons pu retrouver les traces d’une toponymie prédominante, commune à toute la province, comme chez les Pastos, les Caras et les Latacungas.

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