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HUANCAVILCAS

Au sud des Montas, vivaient les Huancavilcas, dont le village le plus septentrional était Colonche (34, p. 684). Voici la liste de leurs tribus, telle que nous l’ont transmise Cieza de Leôn (76, p. 409) et Velasco (418, iii, p. 176).

D'après Velasco :

Yaguaches (') Colonches (^) Chanduyes (')

D' après Cieza de Leôn :

Yacual (^) Colonche (^) Chinduy ('')

(^) Yaguaclii, village à l’ouest de Guayaquil.

(^) Raquai, petit village dépendant de Cliongon (95, p. 258).

(®) Colonche, petit village un peu au nord de la pointe de Santa Elena. (^) Chanduy, petit village un peu au sud de la pointe de Santa Elena.

Chongones (') Daulis (-) Chunanas (^) Alônches ('‘) Babas (‘^) Babahoyos (®) Guàfas (’) Mangaches (* *) Nauzas (*') Ojibas ("’) Palenques (") Pimochas ('-) Quilcanes

Chongon (') Daule (■) Chonana (^) etc., etc.

D’après l’habitat de ces tribus, on peut déterminer l’extension du territoire occupé par les Huancavilcas de la façon suivante : au Nord, leur limite était marquée par une ligne qui, partant de la côte, entre l’île de Salango et la pointe de Santa Elena, allait couper le rio Daule vers Balzar, le rio Vinces un peu en amont de Palenque, et de là gagnait directement vers l’Est la Cordillère. An Sud, on peut fixer la frontière vers le cours inférieur du rio Naranjal; enfin, à l’Est, les Huancavilcas s’étendaient jusqu’aux pays purulià et canari.

Ces Indiens se distinguaient de leurs voisins par une mutilation dentaire, qui consistait dans l’avulsion des deux incisives médianes de chaque mâchoire (129, II, p. Ii44-Ii45; 418, il, p. 4) ('’■).

Leur vêtement ne différait pas sensiblement de celui des Mantas ; les hommes

(^) Chongon, village à l’ouest de Guayaquil.

(^) Daule, sur le rio de même nom, au nord de Guayaquil.

(^) Sur le rio Daule, à côté des Daules, aux environs du village de Santa Lucia (418, 111, p 121); il existe encore, sur la rive droite du fleuve et près de Santa Lucia, une hacienda de ce nom (448).

(‘) Alônchi, village du district de Yaguachi (418, III, p. 119).

(®) Baba, chef-lieu de canton, à l’ouest et près de Babahoyo.

(®) Babahoyo, ville sur le rio de même nom, au nord-est de Guayaquil.

(') Guâfa, village du district de Yaguachi (418, III, p. 119).

(*) A l’est de Balzar, sur la rive droite du rio Daule (237).

(^) Village et rio affluent du Bodegas, au nord de Yaguachi (237).

Village sur le rio Caracol, affluent du Bodegas, au nord-est de Babahoj'o (237).

Palenque, village sur la rive droite du rio Vinces.

Village et rio affluent du Bodegas, au sud-ouest de Babahoyo (237).

Le rio Quilca se jette dans le Bodegas près de Babahoyo (237).

Les anciens auteurs rapportent tous que cette mutilation fut imposée aux Huancavilcas par Iluayna- Câpac, en punition d’une révolte, au cours de laquelle les Indiens avaient massacré les représentants que son père leur avait envoyés pour les instruire. Velasco dit toutefois qu’ils s’arrachaient les incisives supérieures déjà avant la venue de l’Inca, et ipie celui-ci ne fit c|ue doubler le nombre des dents sur lesquelles devait

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portaient la camiseta et une large ceinture de coton qui couvrait les organes génitaux et dont les extrémités pendaient en arrière comme une queue de cheval; les femmes faisaient usage de la manta, enroulée à la ceinture et descendant jusqu’à mi-jambe, et d’une espèce de châle sur les épaules (76, p. 409; 34. p. 686). Elles avaient les cheveux longs. L’ornement de tête était constitué par une couronne faite de très petits grains (chaquira) ; ces couronnes étaient parfois en argent, parfois aussi en peau de jaguar ou de puma (76, p. 409). Hommes et femmes portaient, suspendu à la cloison nasale, un ornement d’or et d’argent; dans quelques villages, les chefs se perforaient les dents pour y introduire de petits clous d’or (76, p. 409; 129, ii, p. 1145). Comme les Montas, les Huancavilcas estimaient plus que tout les petits grains de collier en coquille (163, ii, 4'^ Déc., Liv. 7, p. 44).

Ainsi que toutes les autres populations côtières, ils étaient des marins aguerris et faisaient de longs voyages sur leurs balsas (95, p, 260-261). Ils nous sont représentés comme une tribu guerrière, sans cesse en hostilité avec leurs voisins du haut plateau, les Puruhaes et les Canaris; leurs armes étaient le javelot et la macana (418, III, J). 118; 76, p. 409)-

Les HuancaA'ilcas adoraient des idoles fort diverses, en particulier des jaguars et des pumas. Ils avaient des sorciers et faisaient à leurs dieux des sacrifices humains, spécialement au moment des semailles ou lorsque quelque chef était malade. Les cérémonies religieuses se célébraient au son de tambours et de clochettes (76, p. 409).

Quand les chefs de tribus mouraient, on les déposait dans une sépulture ronde avec un caveau, dont l’entrée était tournée du côté du levant; on enterrait vivantes avec eux quelques-unes de leurs femmes et l’on disposait à leur côté leurs armes et les objets qui leur étaient chers (76, p. 409).

Chaque tribu ou chaque village reconnaissait un chef particulier ('); il ne devait pas y avoir de groupements très étendus car, suivant les anciens auteurs, on parlait dans chaque village une langue (vraisemblablement un dialecte) différente (95, p. 260).

porter la mutilation. Suivant Garcilasso, Huayna-Câpac n’aurait imposé le châtiment qu’aux chefs de tribu, mais le peuple tout entier aurait de son plein gré accepté la coutume- Il s’en faut d’ailleurs que tous les écrivains soient d’accord sur le nombre de dents arrachées. Herrera et Cieza de Leon parlent de trois dents à chaque mâchoire (76, p. l\oi\ 163, III, 5“ Déc., Liv. 6, p. 162) ; suivant Zârate, Oviedo et Benzoni, l’avulsion portait exclusivement sur l’arcade supérieure, mais tandis que le dernier de ces auteurs parle de cinq à six dents enlevées, les deux autres déclarent que la mutilation portait sur toutes (450, p. 4C6; 302, IV, [1. 222; 34, p. 685). Rien ne montre mieux que ces petits faits comihien il est dilficilc, et parfois impossible, de tirer des renseignements un peu précis des anciens textes.

(') A l’arrivée des Espagnols, il y avait chez les Huancavilcas un chef très aimé et resi^ecté du nom de Baltacho. Benzoni, qui rapporte ce détail, décrit ainsi le chef du village de Colonche : « Il alloit vestu d’une camisolle rouge sans manches, et portoit une chaîne de fin or entortillée en six doubles alentour de son col, en mode de gros coraux, avec un bel ancau dans les floigts, les oreilles percées, et toiitcs chargées de pendants d’or et de joyau.x, et sur le carpe du bras gauche, il portoit une certaine ijierre luisante comme un miroir, pour conserver sa veüc » (34, p. 684-685).

Chez les Huancavilcas, l’influence incasique ne fut certainement pas négligeable. Sur leur demande, Ti’ipac-Yupanqui leur envoya des représentants chargés de les civiliser, et nous avons déjà dit qu’au cours d’une révolte ceux-ci furent mis à mort. Huayna-Câpac soumit définitivement la tribu; il avait même entrepris d’établir une chaussée pour la traversée du rio Guayas, mais, à peine avait-on empiété de vingt pas sur le fleuve que, par suite de la violenee du courant, tous les matériaux furent emportés ('). Cette œuvre inachevée était connue autrefois sous le nom de paso de Huayna-Câpac (77, p. aSo; 76, p. 407; 34, p. 688).

Aueun ancien auteur ne mentionne l’existenee de colonies de mitiinaes dans eette région.

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