‹ Ethnographie ancienne de l'EquateurChapitre 32 sur 149 · RÉGION DES PASTOS · texte numérisé non relu

RÉGION DES PASTOS

Les ruines précolombiennes sont à peu près absentes clans cette région. Cieza de Leon (76, p. 389) et Balboa (25, p. i53) signalent une forteresse incasicfue située près du Rumichaca (pont naturel) d’Ipiâles (Colombie); nous ignorons s’il en reste c[uelc{ue vestige.

Au sommet de la colline de Tulcancjuer (3032^^^) ('), qui se trouve sur la rive droite du rio Carchi, tout près de la frontière actuelle de Colombie, nous avons trouvé une dépression circulaire en forme de cuvette de 18“^ de diamètre, bordée par un talus peu élevé, à peine accusé à certains endroits, (|ui paraît le reste d’une muraille en terre battue. Par analogie avec des vestiges C£ui se rencontrent fréc[uemment un peu plus au Sud, dans la région de Huaca, nous avions pensé tout d’abord c{u’il s’agissait d’un fond de cabane, mais, outre que ses dimensions eussent été beaucoup moindres, nous n’avons pas rencontré dans l’intérieur de la dépression de Tulcanciuer les sépultures si caractéristiques des fonds de cabanes de Huaca. Aussi, croyonsnous c|u’il s’agit plutôt des ruines d’une ancienne forteresse. C’est en effet une bonne position stratégique, car la colline surplombe au Nord le rio Carchi par une pente abrupte et domine, vers le Sud, toute la vallée de Tulcân.

Aux environs et sur l’emplacement même du petit village de Huaca, on observe des fonds de cabanes fort nombreux, qui prouvent que la région était autrefois très peuplée. Ce sont des dépressions circulaires de 8* *^^ à 10™ de diamètre, limitées par un léger rebord correspondant aux parois de la case. Les cabanes devaient être en terre battue, car on ne retrouve aucune trace de pierre ou de tout autre matériel de construction. En un point quelconque de l’enceinte, le rebord présente une solution de continuité, cjui marque sans doute l’emplacement de la porte. Exactement au centre de l’aire, il existe souvent un enfoncement d’un mètre de diamètre environ, correspondant à une sépulture en puits, dont nous donnerons plus loin la description ('^); enfin, assez fréquemment, de chaque côté de la porte, une dépression analogue indique également des fosses (■’).

Une forteresse, qui existait sur une colline au sud de Tusa ou San Galiriel (^), a complètement disparu (76, p. 389).

(^) Cette expression de colline pent surprendre, appliquée à une région dont l’altitude est de 3o32''^; niais, il faut l’entendre relativement an plateau interandin, dont l’altitude moyenne est de 25oo™ et au-dessus duquel elle forme un faible relief.

(*) Les habitants du pays, grands fonilleurs de tombes, connaissent si bien cette jiarticularité qu’ils mesurent le diamètre de l’aire avec une corde, en prennent la moitié, déterminent ainsi le centre et creusent à coup sûr en cet endroit, même lorsque le tassement de la terre n’y a pas produit l’enfoncement habituel.

(^) 11 est probable que le village de Huaca doit son nom à l’abondance des sépultures qa’on trouve dajis ses environs; huaca signifie, en effet, en quichua, sépulture de païens.

('*) C’est sans doute celle que Tluayna-Câpac avait fait construire, d’apiès Ballioa, à Pesilia pour maintenir en respect les Miras et les Tusas (25, p. 157).

ETHNOGRAPHIE ANCIENNE DE l’ÉQUATEUR.

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