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nous avons cru indispensable de détruire une erreur reproduite dans la earte la plus connue et la plus eomplète de l’Equateur (448) et susceptible d’entraîner des interprétations erronées ou eonfuses des relations des aneiens auteurs.
Reprenons maintenant l’inventaire des monuments préeolombiens de la région des Canaris.
A l’ouest de Cuenea^ près du village de Chordeleg, se trouvent deux eollines voisines, appelées Llm’er et Zhaurinzhi, auxquelles on a donné la forme de deux pyramides quadrangulaires tronquées, à deux étages au moins. Gonzalez Suarez, qui les a déerites, dit qu’en 1878, on voyait eneore les restes d’un mur de pierres non travaillées, de petite taille mais admirablement ajustées les unes contre les autres, qui appartenait à une des parties de la pyramide. Suivant l’historien équatorien, ces eollines devaient être des lieux sacrés, où les Canaris faisaient des sacrifiées humains. D’après lui, une colline située au-dessus du village de Cumbe devait avoir le même usage (140, i, p. 276-27S). Cette eolline, appelée Cawv/n’n, paraît avoir été élargie artificiellement au moyen d’assises de pierres qui forment un escalier en spirale large de 6 à 8 çaras, faisant le tour du eône et s’étendant de la base au sommet. Selon Villavieeneio, à qui nous empruntons ces détails, il s’agirait d’une ancienne forteresse; à son pied, on retrouve des traees de fancienne route des Incas, et la montagne elle-même aurait été partieulièrement riche en sépultures préeolombiennes (422, p. 432).
Au sud et près du chemin qui va de Cuenca au petit village de Puearâ, par Chanehan, sur la rive droite et à dix minutes du rio Sigsigyaeu et à quatre heures de route du signal géodésique de Minas, nous avons déeouvert, au milieu d’un immense pciramo désert, les restes d’un tarnho ineasique, dont nous donnons le plan {fig. II). Les parois étaient faites de pierres brutes recueillies sans doute dans
CD
Vers i/eri^
Cuenca Pue ara
g. 11. — Ruines d’un tarnho ineasique entre Cuenca et Pucaià
le lit du torrent voisin et eimentées par de l’argile. Un ravin, qui limite, du côté du Sud, la colline où se trouvait cet ouvrage, porte le nom significatif d’ higa-pirca.
Au nord et près du village de Puearâ, il y avait une de ees eollines en forme de pyramide quadrangulaire tronquée que nous avons déjà signalées à Chordeleg; elle était eomposée de trois étages et l’on y aceédait par un plan ineliné, qui eorres-
Arc de méridien équatorial^ t. VI, (i). i4
loG KTllNOGIlAPillE ANCIENNE DE l’éQUATEUIï.
pondait exactement à un des côtés (140, i, p. 277). Wolf la décrit comme un ouvrage militaire (445, ii, p. 17 ).
A trois quarts d’heure de route du village de Pucarâ, sur le chemin qui le relie à Chahuarurcu par Nugro, on rencontre encore d’autres ruines. Elles sont situées sur un petit plateau dominé du côté de l’Ouest par une crête assez élevée, mais commandant vers l’Est les vallées des rios San Francisco et Pelincay [Carte 111). Le ravin de Cabras, où se trouvent les abris sous roche dont nous parlerons plus loin (p. 129), s’ouvre au pied même de ce plateau. Les ruines sont formées de murs complètement éboulés en pierres brutes, dont la disposition primitive est à peu près impossible à déterminer. Nous avons cependant tenté d’en faire le plan [fig. 12),
mais nous ne le donnons qu’avec réserves, car, sur bien des points, les vestiges sur lesquels nous nous sommes guidés étaient tellement bouleversés que nous avons fort bien pu nous tromper sur la direction exacte des parois. Il semble, d’après la position occupée par le bâtiment, qu’il s’agisse d’un tamho fortifié.
L’ancienne ville de Cariaribamba se trouvait à une demi-lieue au nord-ouest et à 63o™ au-dessus du village actuel de Chahuarurcn, sur un plateau situé au pied du mont Shiric (447, p. 41). A l’heure actuelle, il n’en reste plus trace (139, p. 41).
RUINES DU JUEONES.
Ces ruines ont été signalées pour la première fois par le chanoine Juiio Matovelle en 1896(245); Gonzalez Suarez {UO, Atias, ii. XLiii, XLiv] en a figuré les deux
C/venizn oers- CJuthxuxnurc.
Mission de l'Equateur T.V1 .
VESTIGES PRÉCOLOJiniENS EN TERRITOIRE ÉQUATORIEN. I07
principales. Comme cet auteur a eru y voir, ainsi que nous l’avons déjà exposé, les restes de la ville de Tomebamba, nous avons cru utile d’en faire une étude aussi complète que possible.
Le rio Jubones {Carte VI) prend naissance, par deux torrents principaux, dans la Cordillère transversale qui limite au Sud la vallée de Cuenca et porte le nom de chaîne de Tinajillas et de Portete; le torrent occidental est le rio Rireay qui passe à Jiron et arrose la vallée du Yunguilla; celui de l’Est est le rio Leon, dans le bassin duquel sont situés les villages de Nabon et d’Ona. La réunion prend le nom de rio Jubones. Ce fleuve suit alors une direction franchement Est-Ouest, pour aller se jeter dans le Pacifique, un peu au nord de la ville de Machala. Le village de Chahuarurcu se trouve à iSgS™ d’altitude, sur la rive droite du rio Rireay; il est bâti sur un contrefort bordé au Nord par le rio Naranjo qui, grossi du rio Chantaco, se jette dans le Rirca^q et au Sud par la c{uebrada de Llipehi qui, sous le nom de rio Pilchis, se rend à la même rivière. Si, de Chahuarurcu, on suit la croupe qui mène au Naranjo, puis qu’on côtoie la rive droite du Rireay, on rencontre les premières ruines, à quelques centaines de mètres du gué du Pilchis (980"^). Plus loin, au confluent du Rireay et du Leén, un gué permet de passer sur la presqu’île cju’enserrent les deux rivières avant de se réunir et où se trouvent les ruines de Sumaybamba (gaS™) {Carte V). Si l’on continue à suivre la rive droite du Jubones, en eôtoyant les pentes inférieures de la Cordillère de Huagraloma, on passe, après deux heures de marche, en face du confluent de l’Uzhucay, près duquel se voient les restes d’un des monuments dont Gonzalez Suarez a donné le plan. Non loin de là, sur la croupe qui sépare l’Uzhucay du Jubones, on aperçoit encore d’autres vestiges d’édifices, mais très mal conservés. Enfin, plus en aval, un peu avant d’arriver au rio Minas, le ehemin traverse une vaste plaine couverte aussi de ruines, celles-là mêmes que Gonzalez Suarez considère comme étant les ruines de Tomebamba. A ce niveau, les deux rives du Jubones se rapprochent considérablement l’une de l’autre, formant un défilé appelé Huascachaca ou « pont de corde » {pi. /, fig. 4)- La tradition rapporte, en elTet, C{ue les Incas profitèrent de la disposition du terrain pour construire un pont en ce point, la traversée de Jubones à gué présentant un danger véritable par suite des crues fréquentes et rapides du fleuve.
La vallée du Jubones est loin de présenter le même aspect sur tout son parcours; la partie inférieure du rio Rireay, connue sous le nom de vallée du Yunguilla, est réputée pour la fertilité et la richesse de son sol; c’est une région sub-tropicale où poussent facilement la canne à suere, le bananier et l’oranger. Son elimat est malsain; le paludisme et les affeetions du foie frappent rapidement les habitants de la Sierra qui viennent s’y établir. A partir du confluent des rios Rireay et Leon, et même un peu en amont de celui-ci, l’aspect du pays change eomplètement; les rives du Jubones sont d’une sécheresse et d’une aridité absolues et, sauf au voisi-
Io8 EïlINOGr.APlIIE ANCIENISE DE l’ÉQUATEUU.
nage immédiat du deiive, où quelques ehamps de eanne à seiere mettent une note gaie, le paysage qu’olîrent les pentes sablonneuses et brûlées de la Cordillère est d’une monotonie désespérante. L’absence complète d’humidité rend toute culture, voire toute végétation, impossible. C’est dans cette zone véritablement désertique que se trouvent la plupart des ruines dont nous allons donner la description.
a. Ruines du rio Pilchis. — Les ruines du rio Pilchis sont, ainsi que Matovelle l’a indiqué (245, p. 65), les restes d’une maison indienne. Au moment de. notre passage, les vestiges en avaient presque complètement disparu, mais voici la description qu’en a donnée cet auteur ; les parois ont une épaisseur de trois pieds et s’élèvent en quelques endroits à une hauteur de six à sept pieds. L’aire est divisée en deux par Tin mur. Le matériel de construction se compose de pierres calcaires qui se divisent naturellement en petites briques irrégulières; elles sont unies par une argile jaune, de consistance analogue à celle du mortier, qui se rencontre en abondance dans tous ces terrains; les pierres sont plus régulièrement disposées vers l’extérieur que vers l’intérieur de l’édifice. Cette maison fut découverte au cours d’une fouille, et les chercheurs de trésors du pays pensent qu’on en trouverait de semblables sous les éminences de terre qui sont répandues sur la rive du fleuve.
b. Ruines de Sumaybamha [fig. i3). — ■ Ces ruines sont situées, ainsi que nous l’avons dit, sur la presqu’île aride comprise entre les rios Rircay et Leon. Elles couvrent une surface totale de i3 à i4 hectares et sont constituées par des débris de murs complètement rasés, dont on peut suivre avec assez de difficulté l’arrangement, grâce aux traînées de pierres disjointes qui en marquent les fondations. Ces pierres de forme irrégulière, très souvent arrondies, sont probablement des cailloux ramassés dans le lit des torrents voisins, qui étaient unis au moyen d’argile pétrie. Les ruines ont la forme générale d’un quadrilatère irrégulier dont les parois méridionale et septentrionale seules sont absolument rectilignes et parallèles. Le mur occidental, rectiligne sur la plus grande partie de sa longueur, présente, avant de se relier au mur sud, un changement de direction à angle droit; en outre, il semble qu’il ne limitait pas exactement l’édifice de ce côté, car on retrouve des débris de deux autres murailles se détachant perpendiculairement de lui, dont l’une prolonge de 44"^ la muraille nord et l’autre de 27”^ une des murailles de séparation qui, ainsi que nous allons le voir, divisent l’édifice en loges successives. La muraille orientale a une forme assez irrégulière, dont on se rendra compte sur notre plan.
L’intérieur de l’édifice est divisé en i/\ loges par des murs équidistants, parallèles aux façades septentrionale et méridionale; toutefois, ces murs sont, en certains points, si peu indiqués que nous ne saurions affirmer qu’ils étaient continus d’une extrémité à l’autre de faire (nous aAmns marqué ces parties douteuses sur notre plan par une ligne pointillée).
VESTIGES PRÉCOLOMIÜENS EN TERRITOIRE ÉQUATORIEN.
Ces longs couloirs ne sont interrompus qu’en quatre points; le deuxième couloir, en partant du Nord, est coupé à 89*^^ de son extrémité orientale par un mur transversal, et les trois derniers couloirs présentent une disposition analogue,
qui isole à leur extrémité orientale trois chambres. Enfin, prescjue au centre de l’édifice et au milieu du huitième couloir existent deux pièces accolées, mesurant respectivement 10”^, 5o sur ii^^,6o et i3"^, 5o sur Nulle part, les fon-
dations ne laissent deviner l’existence de portes servant à faire communicjuer les diverses parties de cet édifice.
c. Ruines de Minas [fig. i4). — Ainsi que nous l’avons dit, ces ruines se trouvent situées sur un promontoire très plat dominant la rive droite du Jubones, un peu en amont du confluent du rio Minas. Le chemin de Chahuarurcu ou de Jiron à Machala les traverse. L’emplacement et les environs participent de l’aridité générale de la région; la chaleur y est insupportable et la réverbération du soleil sur le sable y rend le séjour extrêmement pénible. Les ruines sont disséminées sur une superficie de 12 hectares environ, avec de larges solutions de continuité; on voit nettement qu’il y avait là des bâtiments isolés les uns des autres et
I lO
ETIINOGRAPIIIE ANCIENNE DE l’ÉQL'ATEUR.
d’importance très inégale. Tous sont construits suivant le procédé et avec les matériaux très frustes que nous aAmns déjà signalés à propos des ruines de Sumaybamba. Les murs, un peu moins endommagés cjue ceux de ce dernier édifice,
Fig. i4« — Iluines de Minas.
ont encore, en moyenne, une hauteur de 76^'“, ce cjui nous a permis d’en faire un plan exact.
Le bâtiment principal, c{ui est le mieux conservé, a la forme d’un quadrilatère allongé dans le sens Ouest-Est ; sa régularité n’est altérée cju’au niveau de l’angle Nord-Ouest. Il mesure 5o le long de sa face Nord, i5o’^, 20 le long de sa face
Sud, et 73”^ de large ; il est divisé, parallèlement à son grand axe, en onze chambres par des travées transversales à peu près écjuidistantes, coupées à leur tour par des cloisons perpendiculaires, interrompues par endroit, ainsi que le montre notre plan. La régularité de l’ensemble est troublée par la présence d’une grande
VESTIGES inuiCOLOMnlENS EN TEURITOIUE ÉQUATORIEN.
chambre de forme à peu près exactement reetangulaire, qui s’ouvre par une porte sur la façade méridionale. 11 semble avoir existé également des ouvertures au niveau des angles Sud-Ouest et Sud-Est. En différents endroits, on observe des solutions de continuité dans les murs; notre plan reproduit ees détails.
Au sud de cet édifice, se trouvent les ruines de cinq bâtiments disposés d’une façon assez irrégulière, de dimensions variables, mais ayant tous la forme d’un rectangle avec une ou plusieurs ouvertures sur une de leurs faces.
d. Ruines du rio Uzhucaij {fig. i5). — Eaute de temps, nous n’avons pu faire le levé de ces ruines ; nous en donnons le dessin d’après Gonzalez Suarez (140, Atlas, pi . xliv).
Fig. i5. — Ruines du rio Uzluicay, d’après Gonzalez Suarez (140, Allas, pi. XLIV).
Cet auteur dit que le mode et le matériel de construction sont en tout semblables à ceux des édifiées précédents.
Pour en finir avec la vallée du Jubones, nous signalerons, tout à fait sur le cours inférieur de ce fleuve, entre les embouchures des rios Quero et Casacay, affluents de la rive gauche, les ruines de Pitavina (2o5*^^). Wolf, qui les a signalées, les considère comme les restes de la forteresse la plus avancée construite par les Canaris contre les populations côtières de la région de Machala (447, p. 42).
Tels sont les principaux vestiges précolombiens du bassin du Jubones. Nous avons déjà longuement discuté, à propos de l’emplacement de Tomebamba, l’hypothèse que Matovelle et Gonzalez Suarez ont émise à leur sujet; nous n’y reviendrons pas ici. Pour qui connaît l’aridité, le climat insupportable ^dc cette région, il paraît invraisemblal»le que les Canaris aient choisi cette zone quasi désertique pour y construire une ville, alors qu’ils avaient dans leur territoire la délicieuse vallée de Cuenca, fertile et tempérée. Il est évident que les travaux d’adduction d’eau, dont Gonzalez Suarez a retrouvé les traces le long du Jubones (139, p. 42), n’auraient pas sulfi à rendre ces rives inhospitalières agréables à habiter.
A quoi répondaient alors les bâtiments que nous venons de décrire? Cieza de Leon dit que la route de Tomebandja à Cuzco, après avoir traversé la province
ETIINOGUAPHIE ANCIENNE DE l’ÉQÜATEUR.
des Canaris, conduisait à Canaribamba, puis à d’autres aposentos situés au delà de cette ville (76, p. 409). A notre avis, ce texte ne peut s’appliquer qu’aux édifices du Jubones. Ceux-ci n’auraient donc été que des casernes, tamhos et magasins analogues à ceux des autres régions de l’Équateur. Leur grandeur s’expliquerait aisément par la nécessité de créer de vastes abris et des centres de ravitaillement importants dans une région particulièrement dépourvue de ressources. Les mêmes raisons avaient sans doute poussé les Incas à bâtir les grandes constructions que nous avons signalées dans le haut pdramo de l’Azuay.
En dehors des ruines que nous venons de décrire, échelonnées le long des rives du
Fig. 16. — Ruines près de Cliillacoclia (-nrô)-
Jubones, nous en avons trouvé d’autres beaucoup moins importantes dans la Cordillère qui limite cette vallée du côté du Sud, la Cordillère de Chilla.
A Chillacocha, le point occupé par le signal géodésique même forme une espèce de terre-plein à peu près circulaire, de à 10™ de diamètre, en terre rapportée, soutenu par un mur de pierres sèches (fragments de roches locales), cimentées par de la terre. Ce mur rudimentaire est remplacé à certains endroits par la roche même de la montagne. La plate-forme semble avoir présenté, du côté de l’Est, un escalier d’accès grossièrement construit avec des pierres rapportées. Nul doute que ce point dominant n’ait été un excellent observatoire.
En suivant la même crête vers le Nord, à environ, on arrive à une cime extrêmement abrupte, surtout du côté de l’Est où elle se termine par un à-pic rocheux
VESTIGES PRÉCOLOMBIEKS EN TERRITOIRE ÉQUATORIEN.
de 3o“ de hauteur environ, sur laquelle se trouve un ouvrage analogue au précédent, mais en meilleur état de conservation [ fi g. i6) ; il mesure 7^'^ à 8™ de diamètre. A l’Est et à l’Ouest, il surplombe exactement les à-pics qui limitent cette étroite arête. Au centre de la plate-forme, on voit un édifice rectangulaire bien conservé, dont le grand axe, orienté Nord-Sud, mesure 3“^, et le petit axe 2™. Les murs, hauts de i^'^,5o environ et épais de 55*^"^, sont faits de fragments de roches réunis par de la terre et une espèce d’argile, mais avec plus de soin et de régularité que les murs de soutien de la plate-forme elle-même. Une ouverture existe sur le grand côté qui fait face à l’Ouest. Ce premier sommet est dominé par une autre cime de 26“ de hauteur, orientée comme lui et d’accès aussi difficile, mais ne présentant aucune construction à son faîte.
Il existe des traces manifestes d’un chemin très ancien entre les deux ouvrages ci-dessus décrits.
Au pied occcidental du sommet que couronne le second de ces ouvrages se trouvent les abris sous roche de Chillacocha, dont nous parlerons plus loin (p. 12g). A 3o™ environ de ceux-ci, on remarque une dizaine de cercles de i“^,io à i™,5o de diamètre, faits de petites pierres plates fichées verticalement en terre. Des fouilles n’ayant donné aucun résultat, il est difficile de dire ce que signifient ces curieuses enceintes.
Près des abris sous roche de Paltacalo, sur lesquels nous donnerons plus loin des détails (p. 129), on observe également quelques débris de murs en détritus de roches, dont la forme primitive est impossible à déterminer. En certains endroits, cependant, il semble qu’ils aient formé une enceinte circulaire de 7™ à 8™ de circonférence. Au nord et à i5o”^ environ du chemin de Guanasang à Yulug, sur une crête qui descend de la pointe de Paltacalo à ce chemin, on trouve aussi un espace plan de i5o™’ environ, où l’on voit encore des restes de constructions en très mauvais état.
Il est possible que tous ces monuments, particulièrement frustes, ne soient pas l’œuvre des Incas, mais des tribus qui habitaient cette région avant la venue de ceux-ci, Canaris ou Paltas, et c’est peut-être à ces peuplades qu’il faut attribuer aussi la pratique d’enterrer les morts dans les abris sous roche si fréquents dans la région.