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RÉGION DES PALTAS

Les restes qui se trouvent dans cette province sont très nombreux, mais se rapportent plutôt à des tambos, à des forteresses ou à des magasins, qu’à des temples ou à des palais.

Entre Cumbe et Nabôn, il existe quelques ruines (142, p. 82), que Caldâs qualifie de pucard (66, p. 502). Un peu avant Nabôn, le même auteur signale une seconde forteresse (66, p. 5o2). D’après Gonzalez Suarez, ces ruines de Chunazana, qui occupent un grand espace de terrain, ont la forme d’un rectangle parfait avec une seule porte

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d’entrée. A l’intérieur du bâtiment et à une de ses extrémités, se trouve une petite chambre carrée. Les murs sont construits en pierres brutes, unies par un mortier fort dur de couleur rouge sombre; ils sont encore en bon état et ont environ 2”^ de hauteur. La chambre intérieure seule semble avoir eu une toiture {140, Atias, p. 198).

D’autres ruines, en pierres brutes également, se rencontrent à Charcay, entre Nabon et Cochapata (66, p. 5o3; 139, p. 5i),à Uduzhapa, entre Cochapata et Ona(66, p. SoS), au sud et près d’Ona {66, p. 5o3; 140, Atias, p. 170, i, p. 201). Nous n’avons guère de renseignements sur ces édifices, toutefois Caldâs nous dit que le dernier ressemblait comme forme à celui de Callo. Nous signalerons encore une forteresse au nord de Zaraguro, sur l’éminence de Paquizhapa (140, Atias, 169), et, au sud du même village, sur le chemin qui mène à Loja, au sommet de la côte de Las Escalerillas, les ruines de Villamarca, dont il ne restait, en i8o4, qu’un nombre prodigieux de pierres taillées en parallélipidèdcs parfaits et un grand nombre de petites chambres un peu distantes du centre du palais (66, p. 5o3), Il est fort probable qu’il s’agit de ces tamhos que Cieza de Leon décrit sous le nom de aposentos de las piedras, qui, faits de pierres taillées avec art, se trouvaient aux sources du rio Tùmbez, et près desquelles existaient de nombreux magasins ordinaires (76, p. 409).

A une heure à l’est du village de San Lucas, on rencontre les ruines de Tamboblanco (76, p. 410; 422, p. 445). En 1876, d’après les renseignements qu’a bien voulu nous communiquer M. Witt, on y voyait encore des murs de 20”^ et plus de longueur et de i“^,5o de hauteur, faits de blocs de granit bien polis, unis sans mortier, des conduites en pierres qui couraient à fleur de terre et venaient aboutir à des fosses tapissées de pierres également. La plus grande partie de ces matériaux a été employée à la construction des maisons de San Lucas. Près des édifices, on a découvert un grand nombre de tombes qui n’auraient renfermé que des poteries, à l’exclusion de tout objet de métal (422, p. 446). Plus au Sud, au point dit Las Juntas, existaient d’autres ruines en pierres brutes (66, p. 5o4; 140, Atias, p. 170).

M. Witt, qui connaît mieux que personne la région de Loja, nous a appris que, sur toutes les collines de la province, on rencontre des terre-pleins pour les habitations et les champs de culture, qui atteignent parfois une très grande extension, comme à Borma, près du village de Santiago. Les forteresses sont également très nombreuses, surtout dans la vallée du Piscobamba. Placées sur les hauteurs qui dominent les divers ravins de cette région, elles sont constituées par des parois concentriques en pierre, ordinairement au nombre de trois, le mur extérieur étant flanqué d’un fossé; le diamètre de ces ouvrages varie de 20™ à 70^^^. M. Witt nous a signalé des restes de cette nature, notamment à Chalalapa, à Chumberos sur le cerro Yambala (rive gauche du Piscobamba), sur le cerro Nanaro entre le rio Yangana et le rio Masanamaca, à Ishcay-luma près de Vilcabamba (rive droite du Piscobamba). Il considère ces ouvrages comme antérieurs à la venue des Incas; toutefois, un ancien document signale que les souverains de Cuzco avaient construit.

VESTIGES PRÉCOLOMBIENS EN TERRITOIRE ÉQUATORIEN. Il5

sur les montagnes de la province de Loja, six ou huit pucards composés de trois ou quatre enceintes de pierres, et cette description rappelle si exactement celle de M, Witt que nous pensons qu’il s’agit des mêmes édifices (337, iii, p. 210).

Suivant Villavicencio (422, p. 446), il existait, à l’est du village de Cariamanga, un grand nombre de pierres travaillées, dont quelques-unes atteignaient 7 mras de long. Il est probable cju’il y avait là une carrière analogue à celle c|ue nous avons signalée à Labrashcarumi. Enfin, nous savons qu’à Câlvas (sur le rio Macarâ, c{ui forme la frontière entre le Pérou et l’Equateur) se trouvaient de grands bâtiments incasiques et des magasins (76, p. 411; 196, p. 326).

Ici se termine la longue énumération des ruines précolombiennes disséminées dans toute la vallée interandine de l’Equateur. L’immense majorité de ces monumeiits sont d’origine incasique et leur répartition montre nettement que l’influence péruvienne alla en s’atténuant du Sud vers le Nord. En effet, nous n’en avons rencontré, pour ainsi dire, aucune trace dans le pays des Pastos, alors que le territoire des Canaris et des Paltas en est littéralement couvert.

L’interprétation de la plupart de ces ruines n’est pas douteuse, et il ressort de l’examen que nous en avons fait, qu’on a donné à tort à un grand nombre d’entre elles une destination religieuse. La plupart étaient des monuments essentiellement utilitaires ; les seuls temples étaient ceux de Carànqui, de Quito, de Latacunga et de Tomebamba.

Comme restes des civilisations préincasiques, nous ne retenons que l’édifice de Cayambe et, avec réserves, les fortifications très frustes de la Cordillère de Chillacocha.

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