‹ Ethnographie ancienne de l'EquateurChapitre 45 sur 149 · SÉPULTURES DANS DES CAISSONS FORMÉS DE GRANDES DALLES · texte numérisé non relu

SÉPULTURES DANS DES CAISSONS FORMÉS DE GRANDES DALLES

Nous n’avons observé qu’une seule sépulture de ce genre, dans la province du Chimborazo, mais M. ErnestoWitt nous a dit en avoir trouvé de semblables dans la région de Loja.

Au nord et presque à la sortie de Guano, petit village situé au nord de Riobamba, coule un ruisseau, dont une des rives est formée, sur une longueur de 6o™, par un talus abrupt de 7”^ environ de hauteur. A un endroit de ce talus, affleuraient deux sortes de parois formées de pierres unies grossièrement avec de la terre, d’une épaisseur approximative de et distantes l’une de l’autre d’à peu près 3^{ fig. 23). Elles commençaient à 5o®™ environ du sommet du talus, descendaient presque jusqu’à sa base et pénétraient normalement dans son épaisseur. Entre les deux parois, la terre fut enlevée sur une hauteur de 4“ et sur une profondeur de 2”^,5o. On trouva tout d’abord de la terre ordinaire mélangée de grosses pierres rondes, puis, à 60*^™ approximativement de l’à-pic du talus, une dalle horizontale de io*^ei d’épaisseur

VESTIGES PliÉCOLOMBIENS EN TERRITOIRE ÉQUATORIEN. l3l

et de i™,20 à i^,3o dans ses autres dimensions. Cette pierre constituait la paroi supérieure d’une sorte de caisson, dont les parois latérales et inférieure étaient formées par des dalles analogues et de même grandeur; le coffre n’avait ni paroi antérieure, ni paroi postérieure. Il renfermait de la terre noire, des débris d’os et des fragments de poterie. Après qu’on l’eut enlevé, on constata que les parois

Fig. 23. — Sépulture en caisson de Guano.

verticales entre lesquelles il était placé se continuaient vers la profondeur et l’on sentit nettement d’autres dalles, placées de la même façon que les premières et dans leur prolongement. Des circonstances indépendantes de notre volonté nous obligèrent malheureusement à arrêter là les fouilles. Un examen attentif du talus permit toutefois de constater l’affleurement de deux autres parois semblables aux premières et, à un autre endroit, l’existence d’une grande dalle, mesurant environ i”^,8o de hauteur, 60^"^ de largeur et d’épaisseur, encastrée vertica-

ement dans l’à-pic du talus. La position de cette pierre nous fait supposer que le

ETHNOGRAPHIE ANCIENNE DE l’ÉQüATEUR.

caisson que nous venons de déerire devait primitivement avoir une paroi antérieure formée par une dalle; l’absence de eelle-ei dans la seule fouille que nous ayons pu faire peut être expliquée par un éboulement.

Au sujet des sépultures similaires de la région de Loja, voici les renseignements que M. Ernesto Witt a bien voulu nous communiquer : « J’ai remarqué, nous écrit-il, qu’il y a eu dans cette région une tribu dont les tombes se rencontrent en grand nombre dans les territoires de Chuquiribamba, de Santiago et de San Liieas et, beaueoup plus rarement, au sud de ces points. La sépulture est formée de dalles minces de pierre d’au moins de eôté, disposées en forme de eaisse,

dont le eouverele se trouve presque à fleur de terre. Le mort était plaeé sans doute dans ees eaisses sans terre, bien qu’à l’heure aetuelle elles en soient remplies. Ces sépultures sont juxtaposées à des sépultures en puits, mais elles doivent être antérieures à celles-ci, car fréquemment elles ont été démolies par eeux qui creusèrent les fosses; elles doivent être très aneiennes, puisqu’elles ne eontiennent généralement qu’un peu de terre jaune, quelques dents et rarement des poteries très grossières, tandis que les sépultures en puits renferment des os et des crânes en bon état et des objets de eéramique et de métal bien travaillés ».

Il est eertain qu’il y a une grande ressemblanee entre la sépulture de Guano et celles de la région de Loja, et l’hypothèse de M. Witt paraît légitime. A Guano, également, le eaisson ne renfermait que des ossements désagrégés.

Telles sont les cinq variétés de sépultures précolombiennes qu’on reneontre dans la région équatorienne. Il est possible que certaines d’entre elles aient été importées par les eolonies de rnitimaes que nous avons signalées, mais, en l’état actuel de nos eonnaissances, il n’est pas permis d’être affirmatif à ce sujet.

Grâee au mobilier funéraire qu’elles renferment, ces sépultures fournissent des documents d’une importance capitale pour la connaissance des populations primitives de l’Équateur. C’est l’étude de ces objets que nous allons faire dans les chapitres qui suivent.

OBJETS EXTRAITS DES TOMBES PRÉCOLOMBIENNES DE l’ÉQUATEüR.

Page 1