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HACHES DE CÉRÉMONIE OU HACHES-PENDELOQUES

Une série de pièces de notre collection comprend des objets qui ont pour caractère commun de représenter des haches, mais qui, soit par leurs dimensions restreintes, soit du fait de la faible résistance de la roche employée à leur fabrication, n’ont pu évidemment recevoir une utilisation pratique. Nous supposons qu’ils ont pu constituer soit des armes de parade, soit des pendeloques (•).

Une première pièce représente une hache néolithique simple {pl. Vil, fig. i), sans tranchant; une seconde, une hache à encoches {pl. Vil, fig. 2); une autre a la forme d’une mince hache néolithique avec un tranchant bien indiqué le long de son bord arrondi, mais elle porte deux orifices juxtaposés très étroits qui prouvent qu’elle devait être suspendue (p/. VII, fig. 3). Une quatrième pièce est de dimensions normales ; munie d’un large trou près de son talon, elle rentre dans le type des haches perforées ordinaires, mais elle est taillée dans une roche calcaire très tendre, en sorte qu’elle n’a certainement pas pu être utilisée comme outil {pl. Vil, fig. fi). La hache à gorge cérémonielle ou votive n’est pas représentée dans notre série personnelle, mais Bamps en a figuré une de Chordeleg, dont le talon porte deux petites encoches (27, pi. xxi, fig. 4).

Ces objets ont leurs similaires dans un grand nombre de régions d’Amérique, particulièrement dans les parties centrale et septentrionale.

Au Sud, elles paraissent plus rares : nous en figurons un exemplaire du bas

(^) Une hache de cette forme a été trouvée en Guyane anglaise par Im Thurn ; contrairement à l’opinion de cet auteur, il ne semble pas qu’il s’agisse là d’un objet copié sur des outils européens (192, pl. X, fig. 7, p. 426).

(■2) Pour devenir un ornement, il n’est pas d’ailleurs indispensable qu’une hache ait perdu son caractère primitif. La hache à tranchant semi-circulaire et à talon perforé de Guano, que nous avons figurée {Jig'. Sa) aurait pu fort bien servir comme outil. Elle a été trouvée cependant suspendue au cou d’un Indien par un anneau de cuivre.

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Pérou {pL vil, fig. 6). Un curieux objet, préseutaut deux orifices en son centre, trouvé dans la main d’un Indien chilien, paraît devoir être rangé dans le même groupe (247, p. 8o, fig. 98), ainsi rpi’nne hache néolithique en néphrite de petites dimensions, provenant du bas Amazone, décrite comme fétiche par Netto (281, pi. vu, fis- 12)-

De nombreux objets du Costa-Rica sont constitués par des haches néolithiques coupées en deux suivant leur épaisseur {pL VII, fig. i4) 5 Hartman en a publié un grand nombre, qui portent, en outre, sur leur face convexe, des gravures variées {156, pi. I, xxxin-xxxvii)’, mais il a représenté également des haches ordinaires complètes, servant d’amulettes et rappelant beaucoup nos formes équatoriennes (156,

pl. I, fig. g, pl. XXXV II, fig. 28-24, pl. XLIII, fig. 10, pl. XÜV, fig. 3, i6).

Nous ne savons si l’on peut faire rentrer également dans ce groupe des haches cérémonielles certains objets des Caraïbes des Antilles publiés par Mason (243, p. 8i6- 817); mais le doute n’est pas permis pour certaines haches du Yucatan [pl. VII, fig. 5) ou du Mexicjue [pl. Vil, fig. 12). Des pièces d’un caractère aussi nettement cérémoniel ont été encore retrouvées dans un grand nombre de régions des Etats- Unis ; nous en figurons une de l’Ohio [pl. Vil, fig. 9), Virchow en a signalé un exemplaire provenant de Cerrillos, près de Santa Fé, dans le Nouveau- Mexique (423, pl. VI, fig. b) ( ' ), Moore en a représenté de la Floride (254, p. 16, fig. 4) et de la Louisiane (vallée Ouachita) (268, p. 123, fig. 119), Abbott, de New-Jersey (2, p. 389, fig. 3G6), Holmes, dn moyen Potomac (174, pi. lxx, fig. c), Rau, du Connecticut (331, p. 52, fig. 2o5) et Moorehead, de l’Illinois (274, i, p. Su, fig. 278) (-).

Par leur forme, la plupart de ces haches cérémonielles rentrent en partie dans le groupe des gorgets, si bien étudiés par Peabody et Moorehead, et correspondent aux deux catégories de ces objets qu’ils désignent sous les noms de celt-shaped et de shield-shaped. Dans les séries formées par ces auteurs, la variété celt-shaped, qu’on peut définir une hache avec perforation, est représentée par aS exemplaires de l’Ohio, i de l’Alabama, i de l’Arkansas, 6 du Massachusetts, 2 de Pensylvanie, 2 du Tennessee, i de l’État de New- York, 3 de New- Jersey, 8 de l’Indiana, I de l’Arizona, i de l’Illinois, 3 du Kentucky, i de la Virginie, 3 de la Virginie occidentale (307, p. 22, 38, p/. ///, /ig. 3) ; la variété shield-shaped, c{ui rappelle une hache à oreilles à peine indiquées, comprend 17 spécimens de l’Ohio, 7 d’Indiana, 7 du Kentucky, i de l’État de New-York (307, p. 21,37, pt///, ^g. 2).

En dehors des formes que nous venons de décrire, on rencontre dans la vallée interandine équatorienne des objets très cnrienx, dont les figures 10, i3, i5 de notre planche VII reproduisent les divers aspects. Notre collection en comprend quatre; Ramps en a publié deux autres [27, pi. xxviii, fig. i, b)', tous proviennent de la région

(^) Cet objet a la forme d’une très petite hache néolithique.

(^) Cet objet a la forme d’une hache à gorge complète et ne mesure pas plus de 2'’"' de haut.

OMETS EXTRAITS DES TOMBES PRÉCOLOMBIENNES BE l’ÉQUATEUR. i6')

des Canaris (2 de Chordeleg, 2 de Quinjeo, i de Llacau, près Cuenca, i de Cojitambo) ; ils mesurent respectivement en hauteur : 197™“, i55™™, i36™^, i32™™

et Leur épaisseur ne dépasse pas n™™ à 12™“.

Les deux pièces de Bamps, de même que notre pièce de Chordeleg non figurée, ont la forme ovoïde du spécimen de la figure 10 de notre planche VIL La nature de la roche est très variable ; dans un cas il s’agit de serpentine, dans un autre d’une roche andésitique de la série ancienne ; deux fois, l’objet a été taillé dans un schiste micacé. L’orifice est toujours biconique, les deux faces sont parfaitement polies. Bien que du fait même de leur minceur et de leur fragilité ces pièces ne semblent pas avoir pu être utilisées, le tranchant en a été fait avec soin et porte même des écaillures que, sur de véritables outils, on attribuerait à l’usage.

Nous pensons qu’il ne peut s’agir que d’armes de parade ou de cérémonie, ou bien de plaques pectorales en pierre analogues à celles que, dans la même région, les Indiens fabriquaient en divers métaux.

Peut-être faut-il en rapprocher, bien qu’il soit d’un travail beaucoup plus fruste, un objet rencontré par Saville au Cerro Jaboncillo (province de Manabi) et décrit comme poids de filet par cet auteur (365, ii, p. 167, pi. lxiii, //g. 6).

Nous n’avons trouvé comme pièce comparable dans d’autres régions américaines, qu’un grand pendant de Californie orné sur une de ses faces de traits gravés, qui a été figuré par Abbott (319, p. 20S, /?». So).

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