INTRODUCTION
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vallée de Guaranda ;
vallée d’Alausi;
vallée de Cafiar;
vallée de Cuenca et d’Az(')giies ,
vallée du Juboiies;
vallée de Zaruma ;
vallée de Loja;
vallée du Catamayo.
Les eaux de ehaeune de ces vallées secondaires s’écoulent soit vers le Pacifique, soit vers l’Amazone. Pour le passage des eaux, la Cordillère occidentale présente neuf brèches, dont les deux méridionales seules sont peu marquées par suite de l’abaissement général de la chaîne à ce niveau ('), et la Cordillère orientale trois seulement, mais très profondes (-).
Ces brèches fluviales ne sont pas les seuls points faibles des Cordillères. Comme dans tous les pays de montagnes, il existe des cols (^), qui ont fort bien pu être utilisés par les populations précolombiennes, comme elles le sont encore par les populations actuelles, et qui constituaient peut-être des voies de communication naturelles plus commodes et plus sûres pour des montagnards que les berges abruptes, torrides et malsaines de torrents non navigables.
Ce sont, eu allant du Nord au Sud ;
1° La brèche du rio Patia, correspondant à la vallée de Pasto;
2° La brèche du rio Mira, correspondant à la vallée d’Ibarra et d’Otavalo;
30 La brèche du rio Guallabamba, correspondant à la vallée de Quilo;
4° La brèche du rio Ghimbo, correspondant à la vallée de Guaranda;
5” La brèche du rio Chanchan, correspondant à la vallée d’Alausi ;
G® La brèche du rio Canar, correspondant à la vallée de Canar;
7° La brèche du rio Jubones, correspondant à la vallée du Jubones ;
8° La brèche du rio Tombez (peu profonde), correspondant à la vallée de Zaruma;
9® La brèche du rio Catamayo (peu profonde), correspondant à la vallée du Catamayo,
(^) Ce sont, également en allajil du Nord au Sud : •
I® La brèche du rio Pastaza, commune à la vallée de Latacunga et d’Ambalo, et à la vallée de Riobambn; 2® La brèche du rio Paule, correspondant à la vallée de Cuenca et d’Azoguos;
3® La brèche du rio Zamora, correspondant à la vallée de Loja.
(®) Les principaux cols sont les suivants :
Le col de Guamani {^71 3'"), qui fait communiquer la vallée de Quilo elle haut Napo {Amazone) ;
Le col de Paguangalli (3469"'), qui fail communiquer la même vallée avec les sources de l’Esmeraldas ( Pacifique) ;
Les cols de Huinzha (3621'") et de Lozan perfeclo (438i'"), qui font communiquer la vallée de Lalacunga et d’Ambato avec les sources de l’Esmeraldas cl du rio Vinces (Pacifique) ;
Le col de Col ai (3548"'), qui fait communiquer la vallée de Riobamba avec le haut Upano (Amazone) ;
Le col de l’Arcnal (4.281'"), qui lait communiquer la même vallée avec celle do Guaranda et, par celle-ci avec la côte du Pacifique;
Le col de Câjas (4i35'"), qui fait communiquer la vallée de Cuenca avec le littoral du Pacifique;
Le col de la Portada, qui fait communiquer la même vallée avec le haut Santiago.
() KTlINOGr.AI'llir. ANCIENNK DF, i/foUATEF l'« .
De touLes ces données, on peut tirer les conclnsions suivantes : les deux vallées septentrionales du plateau interandin, largement ouvertes du côté de rOceident, sont heaiicoup moins accessibles du côté de rOrient (');la vallée de Quito, plus largement ouverte vers le Paciri([ue, a pu cependant subir, grâce au col de Gnaniani, des iid'luences amazoniennes; au contraire, les pi'ovinces de Latacnnga, d’Ambato, de Riobamba, de Cuenca et de Loja sont manirestement bien plus accessibles du côté oriental que du côlé occidental.
Quant aux petites vallées secondaires de Guaranda, d’Alausi, de Canar, du Jubones, de Zaruma et du Catamayo, elles se rattachent nettemeni à la région côtièic par leur oro-hydrographie. Toutefois, pour la vallée de Canar en particuliei', la faible altitiide relative de la chaîne rpri la sépare de la vallée de Cuenca permet des relations beaucoup plus faciles et plus rapides avec celle-ci qu’avec la côte du Pacifnpic.
Ainsi, du fait même de sa configuration physique, la vallée interandinc équatorienne a pu servir de route de migration ou de conquête à des populations se dirigeant soit du Sud vers le Nord, soit du Nord A^ers le Sud; mais, par suite des solutions de continuité que présentent les Cordillères, des migrations ont pu également se produire dans un sens opposé, et il est probable que des courants de populations ont suivi ces voies multiples. Toutefois, on aurait tort, croyons-nous, d’attribuer à toutes une égale importance, car en dehors des raisons d’ordre purement topographique qui rendent certainement plus commode la route Nord-Sud par le haut plateau, le comportement des populations actTielles permet de supposer que les anciens peuples ont dri l’utiliser de préférence.
En effet, en raison même de la différence radicale qui existe entre le climat de la vallée interandine et le climat des régions basses orientales et occidentales, une profonde différenciation s’est produite entre les habitants de ces diverses contrées, par suite de leur adaptation à des milieux très dissemblables. A l’heure actuelle, le serrano, c’est-à-dire l’habitant du haut plateau, qu’il soit Espagnol ou Indien, redoute avec juste raison le climat de la côte; et, de fait, lorsqu’il se rend à Guayaquil, il est aussi sensible aux maladies qui y sévissent (à la malaria et surtout à la fièvre jaune) que l’Européen qui y débarque pour la première fois. De même, les Indiens des plaines du littoral ou de l’Amazone ne font que de brèves apparitions sur le haut plateau, où ils supportent mal la rigueur relative du climat. Il est évident que les mêmes dangers, les mêmes difficultés d’acclimation ont
(■) Il existe ccpendanl, à l’orient de Paslo, un col taisant communiquer la vallée inlerandine av(^r le liaul Pnlnmayo el le haut Yapurâ. Assez souvent des Indiens de Sehondoy et do Moeda empruntent cetl(' voie, et l'un de nous en a vus f[ui étaient, descendus jusqu’à Tidcàn. De même, il existait autrefois une route de pénétration ([ui permettait de gagner le haut Aguarico depuis la vallée d’iharra, en passant par Pimampiro. Nous savons, en eltet, que les Indiens de Pimam[)iro étaient en relations commerciales avec les Cofanes, qui liahitaient de l’autre côté de la Cordillère (337, lit, p. 129), el rpie lluayna-Càpac suivit entte route dans son expédition contre cette trihu (252, ji. 298 bis, p. [\vr)-!^2o).
INTRODUCTfON.
existé de tout temps et qu’ils ont du limiter, dans une certaine mesure, l’expansion des peuples andins vers les régions tropicales adjacentes et, inversement, les invasions des tribus de la côte et de l’Amazone dans la Cordillère. D’ailleurs, ainsi que nous le verrons plus loin, cette hypothèse est confirmée par des faits historiques et, en particulier, par l’échec des Incas, peuple essentiellement montagnard, lorsqu’ils voulurent conquérir les plaines du haut Amazone ou tlu Pacificjue.
La configuration physique de l’itquateur n’a pas dû seulement déterminer dans ce pays la formation de deux groupes ethniques très dissemblahles par leurs aptitudes à vivre dans deux milieux différents; on peut supposer qu’elle a eu aussi pour résultat de les conduire à des organisations sociales tout à fait distinctes l’une de l’autre. Dans la vallée interandine, oii la grande forêt n’existe pas, où de vastes plaines se prêtent à la culture, où la Cordillère dessine, ainsi ({uc nous l’avons vu, une série de petites provinces séparées, mais non isolées les unes des autres, la formation des groupements primitifs a dû être plus facile et plus rapide que dans les impénétrables forêts des versants oriental et occidental des Andes, où les nécessités de la chasse, les diflicultés d’exploitation du sol, les obstacles aux communications ont dû imposer aux habitants à la fois une vie nomade et la dispersion en groupes restreints. Dans le voisinage immédiat de la côte, les mêmes facilités d’organisation sociale (pic dans la Cordillère ont dû exister : la proximité d’un océan, largement ouvert (vl. d’une navigation facile et sûre, n’a pu (|ue favoriser les rapports de tribu à Irihu, les inciter à développer leurs relalions commerciales, à échanger les produits de leur induslrie el , par suite, hâter les progrès de leur civilisation. Cette double influence du haut plateau et de la mer sc manifeste d’ailleurs encore de nos jours, où les grands centres habités se groupent, d’une part le long du littoral, d’autre part le long de la vallée interandine, tandis qu’il n’existe aucune ville de c{uelque importance sur les versants oriental et occidental des Andes. Si différentes cjue soient les conditions de peuplement à notre époque et aux temps précolombiens, il n’est pas illogitpie de supposer que l’influence du milieu se soit exercée d’une façon analogue, sinon identique, au cours des âges.
L’étude de l’archéologie équatorienne nous dira si ces inductions sont confirmées par les faits.
F.TIINOGRAPUIK ANCIENNE DE l’eoUATEüI!.