‹ Ethnographie ancienne de l'EquateurChapitre 71 sur 149 · PIERRE A CUPULE · texte numérisé non relu

PIERRE A CUPULE

Nous n’avons rencontré en Equateur qu’une seule pierre à cupule, à proximité de l’hacienda d’Isavieja, tout près du chemin c{ui conduit au village de Canar. C’est un gros bloc de i“,5o de long sur i”b20 de large qui porte, sur sa face supérieure, à peu près en son centre, une dépression de 25'^”^ de diamètre, puis, à de celle-ci, une profonde rainure dessinant un arc de cercle dont le centre

correspond sensiblement à la cupule {pl. XIV, fig. i). La largeur de cette rainure est en moyenne de SS*-™ ; sa profondeur est plus grande dans sa partie moyenne qu’à ses extrémités.

Des pierres à cupules ont été signalées dans diverses régions de l’Amérique du Sud, au Pérou, à Concacha et à Vilcashuaman (98, p. iSa, i35), dans la Puna d’Atacama (ii, p. n), dans la région diaguite (14, p. 14, /ïg. 7; 47, i, p. io8), dans la Sierra de Santa Barbara (47, ii, p. 848) et dans celle de Côrdoba (227), dans les provinces de San Luis et de Mendoza (I8, i, p. 512, 5i4), au Brésil (238, p. 196, fg. i55), et enfin près du rio Quilpué, au Chili (125, p. 275), où elles seraient abondantes dans les provinces centrales, vers la région côtière (247, ji. 222) et en pays araucan (145, p. 211-21G). Mais, dans aucune de ces contrées, 011 n’a observé de cupules avec dépression en arc de cercle comme sur notre exemplaire. Pour trouver des dispositions semblables, il faut remonter dans l’Amérique centrale et septentrionale (238, p. 189-200). Dans la classification de Mallery, notre roche à cupule avec cercle incomplet correspond à une des formes du type 2 (238, p. 190, fig- 147).

La signification de ces cupules est très discutée. Avec un grand nombre d’auteurs (124, p. 21; 227), Boman (47, i, p. 109) penebe à croire que ce sont des mortiers; Médina émet l’hypothèse qu’elles servaient à un jeu indien, consistant à lancer d’une certaine distance de petits cailloux dans les diverses cavités de la roche (247, p. 223-224) et c’est une explication du même ordre qui nous a été fournie par les indigènes équatoriens. Pour d’autres archéologues, il s’agit là de pierres sacrées auxquelles les Indiens rendaient un véritable culte. Bollaert (45, 182), Lenz (232, p. 423-426), Canas

Pinochet (67) et Guevara (i45, p. 211-215) chez les Araucans, Vaïsse, Hoyos, Echeverria i Beyes chez les Atacamenos (415 Hs, p. 545) ont, en effet, noté la persistance de curieuses

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superstitions relatives à ees pierres, en partienlier rhabitude d’y déposer, parfois en prononçant des invocations spéciales, de petits morceaux de verre, un peu de nourriture, des fleurs ou quelque autre offrande, dans le but d’obtenir un beureux voyage. Effectivement, un grand nombre de ces roebes à cupules se trouvent aux passages réputés dangereux, en particulier à l’entrée des cols élevés qui font communiquer le Cbili et l’Argentine. Guevara suppose que ces pratiques sont des survivances d’un ancien culte de la pluie (145, p. 246-251).

Nous pensons avec lui que ces pierres ont pu difficilement servir comme mortiers ou comme jeux. Cette bypotbèse ne saurait d’ailleurs évidemment pas convenir à celles qui ont été trouvées dans les régions inbabitées de la haute cordillère ou dont les cupules se trouvent placées sur une paroi verticale. Aussi, sommes-nous tout disposés à admettre avec le savant ebilien qu’elles servaient plutôt d’autels à offrandes ou à sacrifices.

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