Côte sud du pays d’Anossi
3. D'après Flacourt, les indigènes les auraient massacrés pour s'emparer de l'or qu'ils possédaient (éd. 1661, p. 18 et 32). . Voir aussi pour tous ces détails G. Correa, Lendas da India, t. II, 1°e partie, p. 182, 309 et 385; t. IV, p. 2175; Oliver, Madagascar, vol. I, p. 1.
4, À. Grandidier, Hist. de a géog., ouvrage cité, p. 213.
nouveaux possesseurs des colonies ou comptoirs portugais.
Cependant, sous l'influence de l’ordre des Jésuites, la catholique Espagne avait poursuivi sa propagande religieuse à travers le. monde. Les prédications de saint François Xavier, digne émule d’'Ignace de Loyola, avaient fait de nombreux prosélytes au Japon et dans l’Inde. Le Portugal était entré aussi dans la même voie. Dès l’année 1560, l’Inquisition était introduite à Goa, le centre des possessions asiatiques des Portugais. Conquérir des âmes, convertir des indigènes, tel est le but principal que le roi d'Espagne, Philippe IIT, avait assigné à ses dévoués serviteurs dans ses possessions ou les pays avec lesquels il entretenait des relations. Madagascar, voisine de l'Inde, de Goa où dominaientles disciples d’'Ignace de Loyola, ne devait pas rester en dehors de la zone d’influence où s'exerçait leur zèle. Joignez à cela que l’océan Iudien, le chemin des Épices, était par excellence au xvire siècle le champ de la lutte commerciale des Européens. Les Portugais, qui prétendaientse réserver tout le trafic des Indes à l'exclusion de toute autre nation, avaient probablement compris l'importance de la situation de cette île où ils pouvaient créer des comptoirs et construire des forts capables de lutter contre la concurrence chaque jour plus active que leur faisaient les Hollandais et les Anglais. Toutes ces raisons, sans parler de la curiosité, du désir qui sollicitait alors les esprits, d'obtenir plus de renseignements sur cette terre lointaine, et de l'émotion qu'avait causée dans l'Inde toutentière la perte de plusieurs navires portugais dans ces parages, déterminèrent le roi d'Espagne, Philippe IL, à y envoyer une nouvelle expédition (1643).
Le vice-roi de l’Inde, dom Jérôme d’Azevedo, reçut l’ordre d'armer à cet effet une caravelle. Ce prince, qui s’efforçait de servir la cause de la chrétienté, obéit à l’ordre du roi et fit préparer la caravelle Notre-Dame de l’Espérance. Une expédition d'une si haute importance fut confiée à Paulo Rodriguez da Costa, capitaine expérimenté. Denx Pères dela Compagnie de Jésus devaient l'accompagner : le P. Pedro Freire, directeur de la mission, et le P, Luiz Mariano, homme fort instruit dans
les sciences mathématiques. Ces deux missionnaires étaient chargés de pourvoir aux besoins spirituels des Portugais et des indigènes. Le capitaine avait l’ordre de se rendre d'abord à Mozambique pour y prendre un pilote qui savait parler la langue de l’île, puis de mettre à la voile pour Madagascar. On lui recommanda d'employer tous ses efforts à lâcher de découvrir des Portugais sauvés du naufrage, ou leurs descendants et de se rendre compte s’ilconvenait d’en laisser quelques-uns dans le pays pour y introduire l'Évangile. Il devait s'efforcer aussi de connaître les royaumes de cette île, savoir quel peuple l’habitait, observer ses coutumes, son genre de vie, rechercher tout ce qu’elle produisait, vivres, plantes, etc., pour en avoir une connaissance complète. Par suite, il devait visiter et sonder tous les mouillages, toutes les embouchures des fleuves, tous les abris qui se trouveraient sur le littoral oriental et occidental, noter leur situation et leur forme, étudier la direction des vents, explorer les rivières et en tracer un ilinéraire très détaillé, de telle sorte que l'on püût consigner toutes ces observations sur les cartes et de manière à permettre aux navigateurs portugais de les mettre à profit. A cet effet le vice-roi donna au capitaine une petite barque qui devait suivre la caravelle à Mozambique et y prendre des provisions pour deux: ans.
La flottille portagaise quitta Goa le 27 janvier 1613. Elle atterrit à Mozambique le 4er avril de la même année, et le 15 du même mois, elle mouillait dans la baie de Mazalagemnova‘. à
La première chose que fit le capitaine, fut dé ce rendre auprès du chef de ce pays, nommé Samamo. Il lui offrit différents cadeaux afin de pouvoir s'attirer ses bonnes grâces et débarquerlibrement. Après cette première entrevue, ilretourna à son navire. Mais trois jours après il descendit de nouveau à terre, accompagné cette fois des deux Pères et de douze soldats armés de mousquets. Le chef vint les recevoir avec tous les