‹ Etienne de FlacourtChapitre 9 sur 157 · Baie de Befotaka · texte numérisé non relu

Baie de Befotaka

C'est ainsi qu'en 1543, Diogo Soarez envoyé par le gouverneur Martin Afonso de Sousa à la recherche de son père, atterrit à la baie de Duria’, et remporta du pays beaucoup d’argent et d'esclaves. C’est probablement!pour avoir commis de pareils actes de violences qu'un certain nombre de marins portugais venus à l’anse de Ranoufoutsy* furent massacrés par les indigènes (1548) +. Ceux qui échappèrent à la mort se réfugièrent dans une maison'de pierre qu’ils avaient construite et s'y défendirent courageusement contre les naturels auxquels ils firent payer cher cette légitime vengeance par de fréquentes incursions dans les environs où ils brülaient des villages et rançonnaient les habitants. Tandis que ces tristes événements se passaient dans la province d’Anossi, un autre massacre, où quatre-vingts Portugais trouvèrent la mort, avait lieu dans le pays de Matatane.

Ces massacres éloignèrent sant doute les navigateurs de Madagascar, car depuis ce temps les relations ne mentionnent le passage d’aucun marin dans ces parages si ce n’est celui de Balthazar Lobo de Souza à la baie de Boina, sur la côte occidentale. Jusqu'au commencement du xvur° siècle, époque qui fut marquée par l’arrivée de traitants portugais à Maintirano*, aucun débarquement important ne semble s’être effectué à Madagascar. C’est que dans l'intervalle le Portugal était passé sous la domination de l'Espagne, alors surtout préoccupée d'exploiter l'Amérique. Cette puissance était tellement infatuée de ses possessions sur le Nouveau-Continent, qu'elle n’avait cure des acquisitions que l'annexion du Portugal lui avait procurées en Orient. Rien d'étonnant par suite que Madagascar, située sur le chemin des îles aux

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Épices et moins riche que ces îles, ait été négligée par les

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