‹ Etienne de FlacourtChapitre 105 sur 157 · Flacourt, éd. 1664, p · texte numérisé non relu

Flacourt, éd. 1664, p

3. Voir P. Piolet, Madagascar, sa description, ses habilants, 1895, p. 494. 4. Epidariste Colin, Annaies des voyages, t. XIV, p. 97 notes.

traine pas nécessairement la croyance à l’immortalité de l'âme, Flacourt semble avoir été frappé de l'indifférence des indigènes pour tout ce qui était immatériel. En aucun passage de son livre il n’a laissé entendre que l’esprit auquel ils croyaient était quelque chose d’immortel. Il paraît plutôt avoir admis que, dans leur pensée, c'était quelque chose de matériel, car il a remarqué qu’ils plaçaient à côté du cadavre des aliments, du tabac et des vêtements". Il est vraisemblable que son opinion à ce sujet n'était guère différente de celle du P. Nacquart, d’après lequel ils ignoraient si l'âme se séparait du corps pour toujours?.

Au mérite de nous avoir fourni plus de renseignements que ses devanciers sur les croyances religieuses etles supertitions des Malgaches, Flacourt joint celui d’avoir contribué plus qu'aucun d’eux à mettre en lumière la simplicité de leurs mœurs, leur genre de vie, leur manière de se nourrir, de se loger, de se vêtir. Nul n'était entré aussi avant dans le détail, nul ne s’était montré aussi minutieux, aussi précis et aussi exact dans l'observation. Dans ses descriptions se trahit à tout instant l’éveil d’une curiosité qui ne veut rien ignorer de ce qui est intéressant ou utile. Vivres, habitation, mobilier, ustensiles de ménage, vêtements, ornements, armes, agriculture, pêche, industrie, façon de comprendre le’ commerce, etc., rien n’a été oublié. Il n’est pas jusqu’à leurs arts, leurs jeux, leurs divertissements, leurs danses, leurs fêtes qui n’aient été l’objet de son attention, et n’aient été décrits avec le plus grand soin. On voit que tout cela a été observé surles lieux mêmes; on sent que l’ancien gouverneur à voulu nous faire pénétrer dans la vie privée des indigènes. Ce tableau de mœurs est d'autant plus précieux que le témoignage de Flacourt se trouve corroboré par celui du P. Nacquart, son contemporain, et par celui des explorateurs de notre époque*.

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