‹ Etienne de FlacourtChapitre 106 sur 157 · Mémoires de la Mission, t. IX, p · texte numérisé non relu

Mémoires de la Mission, t. IX, p

3. a) Sur leur nourriture, voir Flacourt, p. 3 et passim. Comparer A. Gran-

didier, mai 1872, Revue scientifique, p. 1082b) Sur leurs habitations : Flacourt, p. 74, 11, 18, 89. Comparer Nacquart,

Mais ce qui révèle de sa part une grande clairvoyance, c’est qu'il à expliqué toutes les habitudes privées des Malgaches par la simplicité de leurs goûts. C’est de ce trait de leur caractère qu'il a fait dériver le côté tout à fait rudimentaire de leur agriculture. Non seulement il a rapporté qu'ils cultivaient seulement ce qui était nécessaire à leur subsistance, mais il a constaté qu’ils se servaient d'instruments et de procédés fort simples. Et, ce que personne n'avait fait avant lui, il a saisi la différence qui existait entre ces procédés et ceux qui étaient en usage chez les Européens. Non content d'observer le fait, il en a recherché la cause. Il l’a trouvée dans l’attachement des naturels pour les vieilles coutumes de leurs ancêtres : « Ce qu’ils ont appris de père enfils, dit-1l, ils l'estiment plus que ce que l’on leur pourroit enseigner ; comme en la façon de cultiver la terre, si l’on leur dit qu’il la faut bescher bien profond ou la labourer avec la charrue, ils ont pour répartie que ce n’est pas la coutume de leurs ancestres ».

C'est par les mêmes raisons qu’il a expliqué le caractère primitif de leur industrie. Après avoir dit qu’ils ne s’appliquaient pas à inventer autant de métiers queles Européens, parce que leur seule ambition consistait à se procurer ce qui était conforme aux usages et à la mode du pays, il à ajouté que, par fidélité aux vieilles coutumes, ils préféraient le pagne et la ceinture à nos plus beaux vêtements".

Cette fidélité aux coutumes des ancêtres et cette simplicité des goûts dont il avait été frappé, il les regardait comme la conséquence de leur ignorance de la navigalion et du commerce. Il n’a pas échappé à son esprit observateur que les indigènes n'avaient pas encore la connaissance du commerce tel que le pratiquaient à cette époque les Indiens, les Arabes et les Européens. Il a parfaitement vu que leurs relations commerciales ne consistaient, à vrai dire, que dans l'échange des produits nécessaires à leur nourriture ou à leur entretien, et qu’ils

Mém. de: la Mission, t. IX, p. 60 et 61; P. Piolet, Madagascar, sa description, ses habilants, 1895, p. 442 et 443.

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