Flacourt, éd 1661, p
conformémentà des règles fixes et générales, qu'enfin les radi- Caux ne sont soumis à aucune inflexion pour désigner les diverses formes des verbes'. Non seulement Flacourt ignorait toutes ces analogies, mais il ne paraît même pas avoir eu connaissance des travaux qui, au commencement de son siècle, avaient été publiés par des Hollandais sur les affinités de ces deux langues?.
En revanche, bien qu'il ne connût qu'une partie de l’île et qu'il eût constaté l'usage de la langue arabe chez les Mahafales, les Machicores, les habitants d’Anossiet de Matitanana”, il a eu le mérite de signaler à ses contemporains la communauté de langage propre aux diverses peuplades, fait qui sera reconnu exact par la plupart des voyageurs de notre siècle. S'il s'est aperçu que l’accentuation établissait une différence d’une contrée à l’autre, il n’en affirme pas moins que les habitants ont tous la mème langue. « C’est une langue très copieuse, dit-il, laquelle se parle également; mais elle est différente en ses accents, selon la diversité des provinces où les uns parlent bref, les autres ont un parler long ; il y ades mots de la langue plus affectés en des provinces qu’en d’autres et qui toutefois sont entendus partout... Quant à la façon de parler et des accents, ainsi que j'ay dit ci-dessus, il y a des Provinces, qui préfèrent les mots comme ceux des Mahafales, qui ont un accent comme les Normands et en d’autres il y en a qui parient aussi bref comme les Gascons et toutes fois ils n'ont qu’un mesme langages. »
Il serait donc tout aussi exagéré de lui refuser toute connais-
1. Voir Note du R. P. Jean, Bull. de la Soc. de géogr. de Paris, loc. cit.