‹ Etienne de FlacourtChapitre 110 sur 157 · Id., ibid. p · texte numérisé non relu

Id., ibid. p

Cf. Dumont d'Urville, Considérations sur la langue polynésienne. Philologie, p.275 ; Ep. Colin} Nouvelles Annales des voyages, 1821; t. X, p. 302; Albrand, Annales maritimes et coloniales, 1846, t. CII, p. 490 ; Perier, Revue scientifique, 28 octobre 1893 : Madagascar ; P. Piolet, ouvr. cité, p. 541 et 542.

L'opinion contraire a été cependant soutenue par Balbi (Atlas ethnographique, Introd., ps xxt).

sance de cette langue que de lui en attribuer une connaissance approfondie.

C’est ce dont témoignent aussi les quelques travaux qu'il a publiés, tels qu'une appréciation d’un dialogue franco-malgache inséré par Cauche dans sa Relation, des traductions de prières chrétiennes en malgache et d’une prière malgache en français, et surtout un dictionnaire, qui, pour être très incomplet, comme il l'a avoué lui-même, et compilé sans soin, n’en a pas moins pendant longtemps servi de guide aux voyageurs et aux traitants dans leurs relations avec les indigènes.

Telles sont les données que l’on doit à Flacourt sur Porigine, les caractères physiques, moraux et intellectuels des indigènes. Voyons maintenant ce qu’il faut penser de ce qu’il nous a appris sur leur organisation sociale.

Sur l’organisation de la famille à Madagascar, Flacourt a ajouté peu de chose aux quelques indications que l’on tenait des auteurs précédents. Le premier, sans doute, il a notéla liberté absolue dans laquelle vivait la jeune fille avant le mariage, l’absence le plus souvent de cérémonies destinées à consacrer les unions, et l'usage en vigueur chez les indigènes de prendre autant de femmes qu'ils pouvaient en nourrir; mais il n'a pas mis eu lumière la tendresse des épouses pour leurs maris, la douceur avec laquelle ceux-ci les traitaient, leur désir d’avoir une nombreuse famille, le rôle du père et les privilèges du fils aîné. Ce qu'il nous dit du régime matrimonial paraît en grande partie emprunté à la relation de Fr. Cauche. Comme lui, il rapporte que la femme qui a divorcé est obligée, au cas où elle vient à se remarier, de restituer à son premier mari les biens ou les objets dont celui-ci lui a fait présent selon la coutume. La seule chose nouvelle qu’il semble nous avoir apprise, c’est que les enfants qu’une femme divorcée vient à avoir d’un autre homme, sont réputés appar-

4. Flacourt, éd. 1661, Avant-Propos, et p. 173-302; de Froberville, Bull. de la Soc. de géogr. de Paris, X1° vol., 2e série, 1839, p. 30 et 31.

tenir au mari tant qu'elle n'a pas contracté une nouvelle union et restitué son douaire‘.

À Madagascar, au xvn° siècle, comme à notre époque, la famille était la base de l'organisation sociale, C'est ce que Flacourt ne semble pas avoir compris, ou du moins c’est ce qu'iln’a point dit en termes explicites. Il ne paraît pas plus avoir vu que les différentes peuplades qui occupaient l’île n'avaient pas atteint à une véritable organisation de l’État et qu’en réalité elles n’avaient pas dépassé l’organisation de la famille. Il parle parfois des Malgaches comme d’un peuple soumis aux mêmes institutions que les peuples européens et les termes de prince et de rot se rencontrent souvent dans sa Relation. C’est par lui cependant que nous avons été informés de la division des habitants du pays d’Anossi en classes, selon la noblesse de leur origine ou la pureté de leur couleur. « Dans cette province, dit-il, il y a deux sortes de genre d'hommes, sçavoir les Blancs et les Noirs. Les Blancs sont divisés en trois sortes, sçavoir en Roandrian, Anacandrian et Ondzatsi. Les Noirs sont divisés en qualre sortes, sçavoir en Voadziri, Lohavohits, Ontsoa et Ondeves. Les Roandrian sont ceux qui sont comme les Princes et de la race des Princes. Les Anacandrian sont descendus des Grands, mais ont dégénéré, et sont comme descendus des bastards des Grands; ils s'appellent aussi Antampassemaca,

4. Morizot, Relation du voyage de Fr. Cauche, p.121; Flacourt, éd. 1661, p. 85, 86, 9, 2104.

Les renseignements fournis par le P. Nacquart et ceux que nous devons aux voyageurs de notre époque confirment encore ‘la véracité de Flacourt, dans ce qu'il rapporte sur le mariage : « Le mariage se contracte entre les parents excepté au premier degré : il n’est pas stable et il est permis de se quitter naturellement et de se marier à d’autres, comme cela arrive souvent. La polygamie est permise quoiqu'elle ne soit pas générale, mais seulement chez une bonne partie des grands qui ont le moyen de nourrir plusieurs femmes... Parmi les noirs, il n’y pas grande cérémonie pour faire un mariage, sinon que le choix dépend des parties etnon pas des parents. Le mari d'ordinaire achète la femme, dontant pour elle des bœufs ou autre chose aux parents. Mais, parmi les grands, il se fait une assemblée de parents, amis et sujets de part et d'autre, et bien souvent l'accord et promesse de mariage se font par les parents dès la naissance du garcon et de la fille. Ils se marient fort jeunes. On tue des bœufs le jour da mariage » (Nacquart, Mémoires de la Mission, t. IX, p. 10).

Voir aussi P. Piolet, Madagascar, loc., cit. p. 449.

c'est-à-dire hommes des sables de la Mecque d’où il se disent venus avec les Roandrians. Les Ondzatsi ont la peau rouge aussi et les cheveux longs, comme les Roandrian et les Anacandrian, mais plus vils et plus bas, estant descendus des matelots qui ont amené en ceste terre Dian Racoube ou Racouatsi, leur ancestre. Les Voadziri sont les plus grands et les plus riches d’entre les Noirs et sont maistres d’un ou plusieurs villages. Les Lohavohits sont grands aussi entre les Noirs. Les Ontsoa sont au-dessoubs des Lohavohits et leurs parents. Les Ondeves sont les esclaves de père et de mère, achetez ou pris en guerre*... »

Non content de nous faire savoir que le pouvoir dépendait surtout de la naissance, Flacourt, pour qui il était du plus haut intérêt d'en connaître l'étendue, puisqu'il voulait établir son autorité dans l’île, nous a aussi laissé sur ce point des renseignements précieux. Il assimile les nobles, les chefs, à de petits tyrans qui sont devenus puissants par adresse et par force et estime qu’ils tiennent les habitants dans une étroite servitude”.

Il s’est efforcé, sans oublier toutefois de nous instruire des obligations et des droits des sujets ou des esclaves, de déterminer les attributions des chefs et leurs privilèges ainsi que ceux des ombiasy. Enfin, il n’est pas jusqu’au mode de succession au pouvoir qui n'ait attiré son attention.

Avant lui, on ne savait pour ainsi dire rien sur l’organisation de la propriété. Ici la comparaison de l’ordre de choses établi dans l’île avec ce qui existait alors en France et en Europe,

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