‹ Etienne de FlacourtChapitre 115 sur 157 · Flacourt, éd. 1658, p · texte numérisé non relu

Flacourt, éd. 1658, p

de la religion la base de toutes ses vues sur la colonisation de Madagascar. Il déclare que le catholicisme est la meilleure chose que l’on puisse y établir. Il se pose en champion de cette religion et insiste pour que l’on travaille à la propagation de la foi dans l’île tout entière.

Il s'étonne que les Portugais et les Espagnols, qui ont exploré toutes les terres alors connues, n’y aient point planté la croix et blâme l'indifférence des princes qui ont envoyé des vaisseaux dans la mer des Indes sans poursuivre ce but. Il s'étend avec une véritable complaisance sur les facilités que l'on y rencontrerait pour convertir les indigènes et les initier aux croyances de la religion catholique. « La disposition yest tout entière, Monseigneur, disait-ilen s'adressant à Fouquet; ils le souhaitent avec tant de passion, que quand ils nous voyoient aux prières dans notre chapelle, ils y entroiïent en foule pour tascher à nous imiter, ils y présentoient leurs enfans au baptesme, et prioient que par l'instruction on lesréndiît eux-mêmes capables de recevoir les sacremens »*.

On a prétendu que les affirmations à ce sujet n'étaient pas sûres et que les faits qui ont suivi son gouvernement (en particulier le meurtre du P. Étienne) étaient venus les démentir®. Que l’ancien chef de la colonie, dans ce passage comme en beaucoup d’autres, ait exagéré ces bonnes dispositions, afin d'attirer des missionnaires dans l’île et d'encourager le roi et les associés de la Compagnie à ne point renoncer à l’entreprise, nous n’y contredirons point. Est-ce à dire que l’on doiverejeter entièrement les assertions d’un hommeé qui était en situation d'apprécier les dispositions des naturels et se trouvait en cela d'accord avec son auxiliaire religieux, le P. Nacquart? Est-il de bonne logique de conclure d’un ‘fait isolé, et sur la cause duquel on discute encore, aux dispositions de-toute une population? Le P. Bourdaisé n’a:t-il pas constaté chez les indigènes la bonne volonté dont avait été témoin le P: Nacquart*?

Page 1