‹ Etienne de FlacourtChapitre 120 sur 157 · Flacourt, éd. 4661, pp. 456 et · texte numérisé non relu

Flacourt, éd. 4661, pp. 456 et

De nos jours M. Leroy-Beaulieu propose de recruter des Européens et des Francais par voie d'engagement volontaire en leur offrant des primes élevées (De la colonisalion chez les peuples modernes, 4° éd., p. 74).

tion qu'il a laissée de la grande île, devait y voir plutôt une colonie d'exploitation qu’une colonie de peuplement. Mais avant d'indiquer les moyens de tirer parti des ressources du pays, il a pris soin de se disculper des accusations portées contre lui par les associés de la Compagnie de l'Orient qui lui reprochaient d’avoir négligé les intérêts de la Compagnie. L'ancien gouverneur de Fort-Dauphin a voulu mettre ses compatriotes en garde contre l’avidité à courte vue des Compagnies qui comptent en peu de temps réaliser de gros bénéfices et abandonnent l’entreprise au moment même où les opérations les plus difficiles de la conquête sont terminées. On lui doit à ce sujet des réflexions fort justes qui rappellent celles que l’on rencontre de nos jours dans les ouvrages des plus célèbres économistes ‘. Il croit avec raison « qu'avant de recueillir le fruict que l’on peut espérer d’une terre, il la faut défricher, il la faut labourer, ensemencer, et attendre le temps de la maturité, pour en recueillir le fruit que l’on avoit espéré ». Selon Flacourt, les Compagnies ne doivent pas se laisser décourager par quelques tentatives infructueuses. Il leur propose l'exemple de l’agriculteur qui, en dépit des « mille inconvéniens causés par les injures du temps » et des pertes qu'il a éprouvées, n’abandonne pas sa terre, et n’en rejette point la faute sur ses laboureurs, mais « y fait travailler comme auparavant, et ainsi persistant, en fait un bon héritage duquel il reçoit enfin toutes les satisfactions qu'il avoit espérées* ». Les reproches qu'il adresse aux Compagnies de commerce de son époque s'appliquent, dans son esprit, particulièrement à la Compagnie de l’Orient*. C’est cette Compagnie qu’il vise lorsqu’il reproche en général aux Compagnies de n’avoir pas eu

1. Flacourt, éd., 1658, brochure : Cause pour laquelle les intéressés n’ont pas fait de grands profits à Madagascar, p. 1 et 2.

« Il estexcessivement rare, dit Leroy-Beaulieu, qu’une colonie fournisse un revenu net à la mère-patrie : dans l’état d'enfance elle ne le peut pas... c'est une grande illusion de fonder des colonies dans l'espérance d'en tirer un revenu » (De la colonisation chez les peuples modernes, p. 136 et suiv.).

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