‹ Etienne de FlacourtChapitre 122 sur 157 · Flacourt, 6d. 1661, p. 447, et · texte numérisé non relu

Flacourt, 6d. 1661, p. 447, et

et l'écorce des arbres pour {la fabrication de différents objets. C'est pourquoi il signale les conditions favorables à l’installation de forges, telles que minerai abondant, cascades, « bois à bâtir et à brûler »‘.

Pour cette mise en œuvre Flacourt pense qu’il est utile de recourir aux indigènes. Mais il n’a pas dit que ce serait pour les colons une nécessité. Il ne s’est pas demandé, si leur constitution et le climat de Madagascar permettraient aux Français de travailler de leurs bras d’une façon continue. Parmi les qualités que nous croyons indispensables pour le futur colon de la grande île, il en est une qui nous semble aujourd’hui particulièrement précieuse : la santé. L'ancien gouverneur n’y fait aucune allusion. Sans doute il nous renseigne sur les précautions à prendre contre les maladies qui règnent dans le pays et les remèdes à employer, et si, comme les médecins du xvn° siècle, il prescrit libéralement aux malades atteints de la fièvre, les clystères, les saignées, les purgations, il n’en recommande pas moins avec raison, comme bon nombre de médecins de nos jours, de suivre les lois de l'hygiène, de s’abstenir de dormir au soleil pendant le jour, d'éviter les excès dans le boire et le manger, de ne point absorber d’eau froide et d'imiter les insulaires « qui font chauffer leurs breuvages »*. Mais il n’exige point des colons qu’ils jouissent d’une bonne santé pour pouvoir résister à la fièvre. Celui qui avait présenté le climat sous un jour séduisant afin de recruter de nombreux colons, a probablement négligé, de parti-pris, cette condition géographique dont les colonisateurs doivent tenir le plus grand compte.

En revanche, il montre combien il serait facile aux colons de se faire aider dans leurs travaux par des esclaves. A lentendre, on s’en procurerait à meilleur compte qu'en Amérique. De son temps on regardait les esclaves comme les instruments de culture nécessaires dans les pays chauds. Dans cette pensée on avait enlevé de force ou acheté aux roitelets de l'Afrique

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