‹ Etienne de FlacourtChapitre 123 sur 157 · Flacourt, éd. 1661, p · texte numérisé non relu

Flacourt, éd. 1661, p

9, Flacourt, éd. 1664, p. 470 et 471.

un grand nombre de nègres qu’on importait au Brésil ou aux Antilles. L'opinion publique était encore à cette époque vivement préoccupée de la colonisation de l'Amérique, des Antilles et du Brésil. Les explorations de Champlain et ses efforts pour tirer parti de la Nouvelle-France étaient encore présents à l'esprit de tous. Flacourt semble avoir voulu détourner les regards de ses contemporains du Nouveau-Monde pour les reporter vers la grande île africaine en montrant la supériorité qu’elle présentait sur le Brésil, la Floride, le Canada au point de vue de l'abondance des esclaves’.

Un autre avantage qu'offre Madagascar, s’il faut en croire le vieil historien, c’est que les habitants de ce pays ne dédaignent pas le travail comme ceux du Nouveau-Continent, qui ne veulent en aucune manière s’assujettir au travail. Les indigènes prennent au contraire plaisir à voir les Européens travailler le bois, la soie et autres produits*?.

A l’exemple de ses contemporains, Flacourt n’a donc point repoussé l’esclavage comme moyen de colonisation, et l’on ne saurait lui en faire un reproche puisque de nos jours on discute encore sur les avantages ou les inconvénients qu'il peut offrir à Madagascar. Mais ce qu’il importe de remarquer, c’est que l'ancien gouverneur qui a conquis l’île à la mode portugaise n’en a pas compris l'exploitation à la façon des Portugais qui se bornaïent à enlever les indigènes pour en faire des esclaves, et leur prendre leurs ressources.

Dans la pensée de Flacourt on ne devra point se borner à utiliser les bras des indigènes pour exploiter les ressources de leur pays, on devra aussi faire leur éducation agricole. IL semble regretter que les Malgaches se montrent peu disposés à adopter les procédés de culture et les instruments aratoires de l’Europe, et bien qu’il ne s'exprime pas très nettement à ce sujet, il paraît vouloir qu’on les initie à « la bonne manière de cultiver la terre * ». Or l’agriculture n’était pas plus avancée

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