‹ Etienne de FlacourtChapitre 124 sur 157 · Flacourt, éd. 1661, Dédicace à Fouquet et p · texte numérisé non relu

Flacourt, éd. 1661, Dédicace à Fouquet et p

au xvui° siècle que les sciences naturelles. En dépit de la publication du Thédtre de l'agriculture, manuel d'agronomie pratique dù à Olivier de Serres, qui avait contribué à introduire dans les campagnes de meilleures méthodes d'exploitation, le paysan français cultivait surtout de routine, et ce n’est qu'au xix° siècle que l’agronomie fera de sérieux progrès. D'autre part, l’ancien directeur de la Compagnie de l'Orient était plus versé dans les sciences physiques et naturelles et dans les questions commerciales que dans l’art de mettre le sol en culture. Aussi ne paraît-il pas s'être rendu compte que, dans l’emploi de tel ou tel procédé de culture, le colon devait se laisser guider par la nature du sol, les conditions climatériques, l’exposition, et que dans certains cas les procédés des habitants du pays pouvaient être préférables à ceux des Européens. Il n’a pas vu qu’on ne transporte pastoujours impunément les mêmes habitudes sous des latitudes différentes, et s’il a eu raison de croire que les indigènes n'étaient pas entièrement réfractaires à toute initiation, qu'il était possible de triompher de leur indifférence et de leur attachement aux anciennes coutumes, il est toutefois permis de douter qu'il füt aussi nécessaire qu'il le pensait d'envoyer là-bas des laboureurs, des vignerons, des jardiniers et en général des gens chargés d'apprendre aux naturels à cultiver la terre de la même manière qu’en Europe*.

C’est avec plus de raison qu'il conseillait d’amener dans l’île des gens de métier, pour initier les habitants à l'industrie européenne, des ouvriers qui sauraient rouler le tabac, cuire le sucre et le raffiner, préparer le cuir, tisser la soie, des forgerons, des cloutiers, des maçons, des serruriers, etc. Leur rôle consisterait à former la main d'œuvre et à utiliser l’industrie indigène. « Qui empesche, dit-il, que l’on ne cultive le chanvre - et le lin en grande quantité, que l’on ne le fasse filer aux femmes du païs en leur montrant à se servir du rouet? que l’on ne face faire des cordages aux habitants qui en font d’écorce d'arbres aussi bien faicts que peuvent faire nos meilleurs

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