‹ Etienne de FlacourtChapitre 125 sur 157 · Flacourt, éd. 1661, p · texte numérisé non relu

Flacourt, éd. 1661, p

maistres cordiers, que l’on ne leur face faire des voiles de chanvre, lorsqu'il y en aura suffisamment de cultivé, ce que l’on peut faire en peu de temps, car le chanvre y vient en perfection et les femmes savent artistement faire leurs pagnes, et estoffes fortes et à profit! »?

Il n’est pas douteux pour l’ancien gouverneur, dont on ne saurait trop louer ici la prévoyance et l'esprit judicieux, que les naturels se plairaient à recueillir et à rechercher les choses qui offrent tant d'attrait pour les Européens, quand ils en auraient pu apprécier toute la valeur et toute l'utilité, grâce à l'éducation pratique qu’ils auraient reçue. Il est persuadé que l'exploitation des ressources de l’ile par les Français stimulerait chez les Malgaches le désir de les imiter, de les surpasser même et leur ferait prendre goût au commerce pour lequel il constate, sinon leur répugnance, du moins leur indifrence *. En proposant aux colons de se servir des esclaves pour exploiter les richesses du pays, Flacourt avait tenu le langage d’un homme du xvne siècle; en les invitant à éveiller l’'émulation des indigènes, il échappe à son temps; par cette idée généreuse il appartient au xix° siècle.

Il est regrettable toutefois que Flacourt, qui a signalé les moyens de développer l’agriculture et l’industrie dans la colonie, n'ait point remarqué que ce développement serait entravé, si l’on ne construisait des voies de communication, des routes destinées à faciliter les relations commerciales à l’intérieur et

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