‹ Etienne de FlacourtChapitre 126 sur 157 · Flacourt, éd. 1661, p · texte numérisé non relu

Flacourt, éd. 1661, p

Cette opinion est corroborée par le témoignage de Maudave: «Il estlvraisemblable que la force de notre exemple et les persuasions de la cupidité surmonteront la lâcheté de ce peuple... » (Pouget de Saint-André, ouvr. cité, p. 63, 86, 81).

Le P. Pioiet a, de nos jours, la même conviction, du moins au sujet de certaines peuplades:« et je-suis convaincu que, si de longtemps l’on ne peut compter sur le secours des Sakalaves et des autres tribus similaires, trop sauvages, trop nomades et trop indisciplinées, pour se soumettre à un travail régulier, on peut du moins espérer qne l'amour du gain ou la nécessité de satisfaire à des besoins nouveaux créés par le contact avec les blancs amenèrent rapidement certains Bessimisaraka, les Hovas surtout et les Betsiléo à

comprendre l'importance du travail et à prêter au colon un utile et persévérant coucours » (De la colonisalion à Madagascar, brochure, 1896, p. 26).

à assurer l'écoulement des produits étrangers sur les marchés indigènes et le transport des produits indigènes vers les ports.

Il ne faut point s'imaginer toutefois que Flacourt ait négligé d'attirer l'attention de la Compagnie sur les relations commerciales qu’elle pourrait entretenir à l'extérieur. Il prend soin de faire ressortir la solidarité qui devra exister entre la métropole et la colonie, et il s'attache à montrer comment les ressources variées des deux pays pourront se compléter muluellement. D'une part, il serait nécessaire d'importer des objets de première nécessité, ciseaux, couteaux, marteaux, etc., et des objets de luxe, verroteries, grains de corail, merceries, étoffes indispensables pour se livrer au trafic avec les indigènes. D'autre part, on exporterait en Europe et en France, par l’intermédiaire des Indiens, des Arabes et des Vénitiens, du fer, du riz, des viandes et autres produits que l’on trouve dans l’île en abondance.

Tout en se préoccupant de multiplier les relations commerciales entre la France et Madagascar, Flacourt n'oublie pas que beaucoup de ses contemporains ne.veulent pas qu’on délaisse les colonies du Nouveau-Monde. Peut-être même n’ignorait-il pas les projets ambitieux de Fouquet et ses intentions de fonder une Compagnie pour l'Amérique ‘. Aussi adopte-t-il une combinaison susceptible de plaire à la fois aux partisans de la colonisation du Nouveau-Continent et aux partisans de la colonisation de la grande île africaine. Il ne voit pas d’inconvénient et d’impossibilité à ce que les navires, retournant en France chargés de produits de Madagascar, touchent aux ports de l'Amérique. Ne pourraient-ils pas, dit-il, déposer au Brésil et aux îles d'Amérique du riz et des viandes salées qu’on vendrait ou qu’on échangerait contre du tabac, du sucre et de l’indigo *? Ces relations seraient d'autant plus faciles, suivant lui, qu’elles seraient favorisées par les conditions mé-

4. Voir G. Marcel, Revue de géographie, tirage à pas : Fouquel, vice-rot d'Amérique; Thoisy, Commerce marchand, t. IL, fol.241 etsuiv., 237, Bibl. N.; Affaires étrang., Amérique, t. IV, fol. 418-474,

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