‹ Etienne de FlacourtChapitre 127 sur 157 · Flacourt, éd. 1661, p · texte numérisé non relu

Flacourt, éd. 1661, p

téorologiques, et ce délour n’apportlerait aucun retard dans les transports. « Les vents d'est et nord-est y sont tellement favorables, dit-il, que je pourrois bien dire que ces isles sont comme le chemin pour retourner en France et le retour d'un voyage ne se prolongeroit que du temps qu'il faudroit employer au débit du ris et des viandes salées »'. C'était là une combinaison aussi propre à séduire les vues commerciales de Fouquet que le projet de croisade l'était à satisfaire ses rêves de propagande religieuse, mais elle pouvait paraître d'une utilité contestable. Il est probable qu’à ce point de vue comme à plusieurs autres, l'esprit positif du gouverneur a cédé devant son désir de plaire à celui qui était le puissant protecteur des entreprises coloniales et en même temps un des membres les plus influents de la Compagnie de l'Orient.

C’est avec plus d’à-propos que Flacourt n’oubliait pas de signaler les avantages que présenteraient l'heureuse situation de l’île etses ressources de toute sorte pour le développement: du commerce de la métropole avec les Indes orientales et l'Afrique méridionale. C'est avec raison qu'il faisait remarquer qu'elle était sur le passage des navires qui se dirigeaient vers les Indes orientales et qu'elle pouvait servir d’échelle, d’entrepôt,aux navigateurs qui s'y rendaientou enrevenaient?. Ne sont-ce pas là, en effet, les motifs sur lesquels s’appuiera plus tard l’académicien Charpentier pour préconiser la fondaton de la Compagnie des Indes orientales et la continuation de l’œuvre commencée par Flacourt*? Ne sont-ce pas là les arguments dont on se servira jusqu'à nos jours pour réclamer l'occupation de Madagascar ?

Mais, pour que la Compagnie pût réaliser de prompts bénéfices par le commerce, il serait nécessaire, selon Flacourt, qu’elle encourageât l'initiative individuelle par quelques faveurs. Il serait bon, par exemple, qu’elle accordàt à tous les marchands qui lui en feraient la demande, l’autorisation de

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