‹ Etienne de FlacourtChapitre 128 sur 157 · Discours d’un fidèle sujet du Roi, 1664, p · texte numérisé non relu

Discours d’un fidèle sujet du Roi, 1664, p

faire construire dans les ports des navires à destination de Madagascar. De telles facilités auraient pour résultat de multiplier les entreprises privées. Seulement Flacourt ne veut pas que la Compagnie sacrifie les avantages qui découlent de son monopole. Il exige avec raison que les capitaines de navires paient des droits pour les marchandises qu’ils apporteraient ou remporteraient. Ces droits seraient d’ailleurs modérés ; ils ne s’élèveraient qu'à la dixième partie des marchandises exportées ou importées. Encore cette légère perception ne frapperait-elle que les objets qui ne sont pas de première nécessité, merceries, étoffes et autres produits propres au trafic que l’on voudrait faire avec les indigènes ; les vivres ne paieraient aucun droit.

De plus, tout capitaine de navire serait tenu d'amener dix hommes dans l’île, afin d'augmenter le nombre des colons. Les marchandises de ces colons seraient soumises à l’entrée et à la sortie à certains droits, mais on exempterait les hommes du droit de passage !.

Tel est le régime commercial proposé par l’ancien gouverneur. De même que par son régime des terres il s'était efforcé d'attirer des colons à Madagascar, tout en se montrant soucieux des intérêts de la Compagnie, de même par de sages règlements douaniers il a tenté de favoriser les entreprises des marchands sans porter atteinte à ses privilèges.

Il ne suffisait pas de proposer à la Compagnie un régime colonial, de prodiguer les conseils aux colons, de mettre en lumière le parti que l’on pouvait tirer des ressources de l’île ; il était nécessaire de faire connaître les endroits qui réunissaient les conditions les plus favorables à la création d’établissements coloniaux. L'ancien gouverneur, qui était avant tout un homme pratique et qui rêvait un brillant avenir pour le pays dont il avait entrepris la conquête, ne s’est point soustrait à cette tâche ; il ne veut pas que l’on colonise à l'aventure et au hasard. C’est pour cette raison que, ne connaissant point la partie nord-ouest et la zone du littoral nord-est de l’île, il

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