‹ Etienne de FlacourtChapitre 129 sur 157 · Flacourt, éd. 1661, p · texte numérisé non relu

Flacourt, éd. 1661, p

ne propose la fondation d'aucun établissement dans ces contrées. Dans la région sud-ouest il n’appelle l'attention que sur la baie de Saint-Augustin. C’est-le littoral oriental, et ce sont les îles qui se trouvent dans ces parages qui lui semblent le plus propres à recevoir des colons. Les points qu’il désigne à cet effet sont Fort-Dauphin, les pays du Mananzari et des Antavares, Port-aux-Prunes (Tamatave), Ghalemboule (Fénérive) et le pays environnant, la baie d’Antongil, l’île Sainte- Marie, voisine de la côte, et deux îles situées à une certaine distance, Bourbon et Diego Roïs.

A l’intérieur des terres, Flacourt ne signale qu’un seul endroit favorable : Bohitsantrian, chez les Machicores. Il craignait, sans doute, qu’en créant plusieurs postes, on ne dispersât imprudemment le petit nombre de soldats fourni par la Compagnie dans une contrée où l’on avait sans cesse à redouter les surprises des naturels, parfois très nombreux.

Dans le choix qu’il a fait de ces différents points, l’ancien gouverneur s’est préoccupé avec raison de la qualité des mouillages, des conditions favorables à l’établissement des forts, des ressources végétales, animales et minérales du pays environnant, et des facilités que l’on pourrait rencontrer pour poursuivre l'exploration. Mais il a négligé un élément géographique de la plus haute importance. Cet homme, qui avait noté dans ses descriptions géographiques l’insalubrité de l’île Sainte-Marie et de la baie de Saint-Augustin, n’apoint tenu compte, dans son plan de colonisation, des inconvénients qui en résulteraient pour les colons‘, et cela probablement pour ne pas éloigner ceux qui voudraient aller s'établir dans ces contrées. En outre, si l'on peut approuver, au point de vue

des ressources qu'offrait le pays, le choix de Fort-Dauphin, de la rivière Mananzari, de Tamatave, de Ghalemboule, de la baie d’Antongil, et surtout celui de l’île de Bourbon, on doit reconnaître toutefois que Flacouit s’est exagéré l’importance des ressources de l’île Sainte-Marie *.

Page 1