‹ Etienne de FlacourtChapitre 14 sur 157 · Ranofotsy · texte numérisé non relu

Ranofotsy

4. C'est probablemeut cette colonne que Flacourt trouvera dans l’ilot des Portugais (province d’Anossi) et sur laquelle il lira l'inscription :

REX PORTVGALE. N. 3

La date 1505 indiquée par le P. Luiz Mariano est inexacte. Ou doit admettre celle de 1545. (Voir gravure, Klacourt, édit. 1658, p. 340.)

Le capitaine conelut un traité d’alliance avec leur chef Randumana, tandis que ses gens faisaient des échanges avec les indigènes. Il engagea aussi avec Bruto Chambanga, roi de tout le pays d’Anossi', des négociations qui aboutirent à Jà conclusion d’un traité semblable à ceux dont nous avons déjà indiqué les clauses. Le roi consentit même à ce que son fils héritier, Ramach, s’embarquât pour Goa sur le navire du capitaine, afin d'aller voir le vice-roi et observer les usages et les coutumes des Portugais, à la condition toutefois que ceuxci le ramèneraient au pays natal.

Deux missionnaires et quatre Portugais devaient rester en otage dans l’île de Santa-Cruz peu éloignée de Saint-Lucas, pendant le séjour de l’enfant à Goa. Puis le roi signa un acte de donation de l’île de Santa-Cruz aux Pères qui pourraient y édifier une église et y chercher leur subsistance.

Bruto Chambanga et son fils jurèrent solennellement d’exécuter leurs engagements. De leur côté, les indigènes montrèrent de véritables dispositions à embrasser le christianisme. D’après le Père Luiz Mariano, ils demandaient eux-mêmes qu'on leur apprit à faire le signe de la croix. Le chef Randumana importunait le capitaine pour qu'il le fit baptiser ainsi que toute la famille.

L’exploration fut ensuite continuée vers l’île de Santa-Cruz. Là on construisit une église et une maison en bois pour les Pères. Le fakir du lieu leur demanda des renseignements sur les archanges Michel et Gabriel. Les Pères lui parlèrent du Créateur des anges et de la croix et lui persuadèrent de leur confier son fils pour qu'ils lui enseignassent leur langue et la Joi de Dieu. |

Enfin on se prépara au départ. Le capitaine remit au roi Bruto Chambanga ceux qu’il avait promis de lui laisser en gage et lui rappela sa promesse. Mais le roi ne voulut pas

1. Bruto Chambanga nous paraît être le Dian Tsiamban, roi d'Anossi, dont parle Flacourt, et Anria-Serivae Dian Ramach dont il a raconté lui-même l'aventure (voir Hist. de l'ile de Madagascar, éd. 1658, p. 33 et 46). \

tenir sa parole. Il déclara à Paulo Rodriguez da Costa qu'il ne pouvait consentir à lui abandonner son fils.

Promesses, présents, rien ne put triompher de sa résistance. Le capitaine, voyant qu'il ne pouvait lui arracher son consentement, recourut à la ruse. Il profita d’un moment où le roi était venu le voir et où régnait une certaine agitation sur le rivage, pour ordonner à un des hommes de son équipage de s’emparer de l'enfant. Le jeune Andrian Ramach fut pris et emmené dans une barque. Bien que sans armes, le roi n’écoutant que son amour paternel, se précipita vers l’embarcation pour la retenir au moment où elle quittait le rivage. Mais le maître du bateau le contraignit de lâcher prise en le frappant de son épée. Qnant aux indigènes qui étaient accourus au secours de leur chef, armés de leurs sagaies, les Portugais les effrayèrent et les mirent en fuite par des décharges de mousqueterie. L'enfant put ainsi être transporté jusqu’au navire.

N'ayant plus rien à faire dans cette contrée, le capitaine se

‘dirigea vers Mozambique par la route du sud. En chemin, il déposa près de Sadia le prince D. Jérôme Loquexa qu’on lui avait confié, et le 17 février 4614 il arriva au port. Sur ces entrefaites, deux nävires portugais vinrent faire escale à Mozambique. Commeils allaient dans l’Inde, Paulo Rodriguez da Costa jugea à propos d’en profiter pour envoyer le jeune Andrian Ramach au vice-roi. Il le confia au Père Pedro Freire et le recommanda au capitaine de l’un de ces navires. Le départ eut lieu le samedi saint.

La disette qui régnait à Mozambique provoqua peu de temps après une nouvelle expédition à Pîle Saint-Laurent (26 avril 1614). Cette fois encore, le P. Luiz Mariano accompagna Paulo Rodriguez da Costa. Après avoir abordé à Mazalagem pour y prendre des nouvelles de D. Jérôme Loquexa, et vu les quatre Îles de Sada ?, ils jetèrent ancre dans la baie de Tingi-

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