‹ Etienne de FlacourtChapitre 15 sur 157 · Nosy-Ovy · texte numérisé non relu

Nosy-Ovy

Le P. Luiz Mariano appelle Sada non seulement Nosy-Ovy, mais les quatre

îles qui ferment à l’ouest les baies de Rafaralahy, Radama et Ramanetaka (A. Grandidier, loc. cil., p 126, note 1).

maro', chef du pays de Sada. Le capitaine qui savait le chef riche et bien approvisionné se proposait de conclure avec lui des traités d'alliance. Malheureusement Tingimaro, qui avait massacré quelques années auparavant un capitaine anglais et les gens de son équipage, craignait d’avoir affaire à des Anglais venus pour venger leurs compatriotes. Pour dissiper ses craintes, Paulo Rodriguez da Costa lui envoya le maître du navire et un Père avec lesquels il s'était déjà entretenu deux fois. Ceux-ci oblinrent de lui tout ce qu'ils demandèrent, grâce à l'intermédiaire d’un chef indigène, ami de Tingimaro. Les Portugais sortirent de cette baie le 6 juillet, emmenant avec eux, ainsi que le leur avait recommandé le vice-roi, beaucoup d'esclaves et de provisions. Ils doublèrent les pointes de Santo-[gnacio et de Santo-Aleixo * et voyant le vent favorable pour se rendre dans l’Inde ils se dirigèrent vers Goa où ils arrivèrent le 16 octobre 1614. Andrian Ramach y était déjà ainsi que le P. Freire. Le vice-roi, qui avait prodigué à l’enfant les témoignages d’affection, le fit baptiser et confirmer sous le nom de dom André. Puis, lorsque le prince fut bien instruit des vérités de la religion chrétienne et qu’on put fonder sur lui les plus belles espérances pour la propagation de cette religion parmi ses sujets, il résolut de le renvoyer dans sa patrie. C'est le capitaine Pero de Almeïda Cabral, gentil- .homme de grand mérite, qu’il chargea de cetle mission. Cabral partit au mois de février 1616 avec Joao Cardoso de Pina comme second. Sur le même navire s'étaient embarqués deux Pères Jésuites qui se rendaient au pays de Sadia : les Pères Antonio de Azevedo et Luiz Mariano. ù Au lieu de passer aux îles Cerné et Mascareigne, et d’aborder au port de Sainte-Luce, ainsi qu’il en avait reçu l'ordre, le capitaine se dirigea vers le port de Saint-Lucas. A la nouvelle de l’arrivée d’un navire portugais, Bruto Chambanga envoya sa femme à bord pour s'informer si son fils étail parmi

LE Confuent de l’'Andranomalaza avec le Manongarivo. 2. Cap Anoronkarana et probablement pointe Rantamia,

les passagers et demander qu'on voulût bien l’amener à terre.

Touché des larmes et des supplications de la pauvre mère, Cabral ramena lui-même dom André à son père. Ce dernier ressentit une {elle joie de revoir son fils qu'il se montra fort empressé à êlre agréable au capitaine. Encouragé par une telle attitude, celui-ci lui demanda un autre de ses fils pour l'emmener à Goa. Le roi se borna à lui répondre que celui qüi lui restait était encore trop jeune pour être embarqué. Mais il consentit à conclure avec le capitaine un traité de paix et d'alliance, par lequel il s'engageait à recevoir les Pères dans son royaume et à leur accorder tous les secours, toutes les faveurs nécessaires pour prêcher l'Évangile, baptiser et rendre chrétiens tous ceux qui le demanderaient. Le capitaine principal envoya ensuite son second Joao Cardoso de Pina à la côte occidentale de l’île avec l’ordre d’entrer en relations avec les chefs qui dominaient sur cette côte, et de transporter les deux Pères de la Compagnie de Jésus (les PP. d’Azevedo et Luiz Mariano) au pays de Sadia. L'arrivée de Pina et des deux missionnaires fut fort bien accueillie par le chef et les habitants de cettre contrée.

Peu de temps après Pero Almeida dé Cabral partait pour Goa où il amenail à son tour un parent du roi Bruto Chambanga. Comme le prince Andrian Ramach, le jeune homme devint chrétien et fut élevé par les Pères. Il eut pour parrain le vice-roi Dom Jérôme d’Azevedo et s’appela lui-même Dom Jérôme.

Au mois de février de l’année suivante (1617), le vice-roi

chargea le capitaine Manuel Freire de Andrade de ramener

dom Jérôme dans sa patrie. Le capitaine avait l’ordre d’aborder à Porto-Novot et de ne point laisser débarquer le prince,

avant que son père ne füt venu le réclamer et avant de s’as-.

surer que tout était tranquille à terre. Ces précautions prises,

il enverrait dom Jérôme au roi d’Anossi sous la garde d’un

Père et de deux Portugais. Il lui était en outre recommandé

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