Défense pour Marie de Cossé, p.11 et suiv
D'après un mémoire présenté au Conseil du Roi par le duc de Mazarin et la duchesse de La Meilleraye, de Flacourt avait intenté une action contre les intéressés de la Compagnie de l'Orient, pour obtenir des dommages et intérêts, et les intéressés auraient été condamnés à lui accorder satisfaction (voir Archives coloniales, Madagascar, carton de la Correspondance générale, année 1663, Mémoire sur l’Affaire de Madagascar au sujet des prétentions des an-
viens intéressés en la Compagnie de Madagascar et, aussi Mémoires de la Mission, t. IX, p. 503),
port qui fut suivi (25 octobre 1659) d’un arrêt contradictoire par lequel la sentence des arbitres fut homologuée et devait être exécutée selon sa forme et sa teneur ‘.
Après un jugement aussi solennel, les associés ne pouvaient plus contester à Flacourt la légitimité de ses réclamations. Ils demandèrent alors à transiger. Ils lui proposèrent de lui payer, conformément aux arrêts du Conseil du Roi, la somme de 44.000 livres et de plus d’acquitter toutes les dettes qu'il avait contractées pour la Compagnie, de l’indemniser de toutes ses dépenses et de retirer toutes les instances « en quelques juridictions qu'elles fussent pendantes » ; mais ils exigèrent qu'il renonçât à la vingt-cinquième partie des bénéfices et qu’il promît de rendre tous les titres et papiers don il était le dépositaire. Flacourt accepta ces propositions. Les conventions furent fidèlement exécutées de part et d’autres. Les associés prirent l'engagement par écrit de verser la somme promise et les intérêts entre les mains de l’ancien gouverneur, et celui-ci, de son côté, remit à l’un des directeurs de l’ancienne Compagnie, de Beausse, tous les titres et papiers qu'il détenait *.
Cependant, au cours même de son procès avec les associés de l’ancienne Compagnie, Flacourt veillait à ce que l’attention de ses contemporains ne füt point détournée de la colonisation de Madagascar. Il s’entretenait fréquemment de ce sujet avec saint Vincent de Paul, le P. Fermanel, supérieur des Missions étrangères, et d’autres personnes qu’il voyait fréquemment chez les évêques d'Héliopolis et de Beyrouth. C’est celte pensée qui inspirait ses dédicaces à Fouquet. Il le suppliait de ne pas renoncer à une entreprise qui avait étéæommencée sous ses auspices. « Monseigneur, lui disait-il, secou-