‹ Etienne de FlacourtChapitre 19 sur 157 · La Nouvelle Revue, mai-juin 1885, p. 525 et · texte numérisé non relu

La Nouvelle Revue, mai-juin 1885, p. 525 et

3. P. Nacquart, Mémoires de la Congrégation de la Mission, t. IX, p. 107.

4. On sait en effet qu'à cette époque les statuts des Compagnies excluaient les protestants des colonies (voir Deschamps, Revue de géographie, novembre 1885, p. 375 : La question coloniale au temps de Richelieu et de Mazarin).

la Compagnie; Foucquembourg, autre commis, et douze Français. Il est à remarquer qu'on ne leur avait adjoint aucun prêtre, aucun religieux catholique et que la plupart des compagnons de Pronis appartenaient, comme leur chef, à la religion réformée. C'était, à vrai dire, une colonie protestante qui partait pour Madagascar.

Ces futurs colons avaiont reçu des associés des instructions pour acheter dans l’île une grande quantité de cuirs et de cire «et pour s’establir insensiblement et prendre connoissance du païs »*. Quant à Pronis, il ne paraît avoir eu aucune vue personnelle, avant son départ, sur la colonisation du pays où l’envoyait la Compagnie.

Au mois de septembre 1642, le Saint-Louis arrivait en vue de la grande île. Après avoir pris possession au nom du roi des îles Mascareigne”, Diégo Roïs, Sainte-Marie et de la baie d'Antongil, Pronis explora quelques points de la côte*. Il choisit comme siège de la colonie qu’il se proposait de fonder le port de Manghafia, situé sur la côte sud-est. Peu de temps après, le chef de la colonie s’en alla avec quelques hommes trouver le roi du pays à Fanshere pour lui demander l’autorisation de construire un fort en cet endroit, « ce qu’ils obtinrent facilement, dit Fr. Cauche, cela ne mettant point en peine Andrian Ramach qui savoit leur petit nombre dans lequel estoient plusieurs malades »°.

Informé de l’arrivée de Pronis à Fanshere, Cauche s’y rendit. C’est dans cette entrevue que le chef de la colonie, qui désirait sans doute tirer parti d'un homme déjà renseigné sur les ressources de la contrée et les mœurs des habitants, voulut lui persuader de quitter son habitation de Manhale pour Manghafia. Mais le marchand rouennais, qui était fortement attaché à ses intérêts, n’accepta pas l'offre qui lui était

4. Nacquart, Relation, Mémoires de la Mission, t. 1X, p. 107.

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