‹ Etienne de FlacourtChapitre 22 sur 157 · Flacourt, éd. 1661, p · texte numérisé non relu

Flacourt, éd. 1661, p

de miel, les indigènes ayant mangé la peau de leurs bestiaux avec la chair et la cire des ruches avec le miel. Aussi les colons endurèrent-ils toutes sortes de privations et trouvèrent-ils difficilement des vivres.

On ne négligea pas toutefois l'exploration de l’île. Elle fut même poussée fort avant dans l'intérieur, et l'on commençait à espérer que l’on pourraitquelque jour retirer de l’île de grands avantages”. Quant au capitaine Lormeil, qui était âgé de soixante-dix ans et craignait de s'égarer le long de la côte, il demeura sept mois en rade de Fort-Dauphin. Sa seule préoccupation fut de faire rechercher l’ébène dans les bois desenvirons, dans le pays des Matatanes et des Antavares. Il partit au mois de janvier 1646 avec une grande quantité d'ébène, de cuirs et de cire. Foncquembourg, qui ne laissait pas sans doute d’être inquiet pour l'avenir de la colonie naissante, profita de ce départ pour retourner en France. Pronis resta seul. Il lui fut de jouren jour plus difficile de maintenir son autorité. Les nouveaux colons étaient venus dans l’île avec quelques illusions. Elles avaient été bientôt déçues. Ils n'avaient pas été mieux traités que les anciens; on les avait fait travailler sans relâche, et les vivres manquaient parce que Pronis continuait à les gaspiller avec les indigènes. Aussi étaient-ils aigris contre celui qui était la cause de toutes leurs privations, de toutes leurs souffrances

Désappointés, ils unirent leurs plaintes à celles de leurs camarades. Ils supplièrent Pronis de ménager les vivres. Celui-ci ne tint aucun compte de leurs plaintes et de leurs requêtes. Cette indifférence ne fit qu’exaspérer les mutins. Ils se saisi-

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