‹ Etienne de FlacourtChapitre 24 sur 157 · ESS · texte numérisé non relu

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pour leur persuader de se soumettre. Ceux-ci y consentirent sur la promesse d'une amnistie générale. Mais à peine furentils arrivés au Fort, que Pronis arrêta douze des principaux meneurs « auxquels, dit Flacourt, il fit raser barbe et cheveux, leur fit faire amende honorable, nuds en chemise, la corde au col, et la torche au poing, et les exila en l'île Mascareigne *. »

C’est le capitaine Le Bourg qui fut chargé de conduire ces malheureux à leur lieu d’exil, en même temps qu’il s’en irait chercher du riz et de l’ébène au pays des Antavares.

Le Bourg débarqua à Port-aux-Prunes et envoya les exilés à Mascareigne où ils arrivèrent à la fin de janvier. La barque qui les avait portés sombra à son retour à Port-aux-Prunes (février 1647). Les matelots qui la montaient, revinrent par terre au Fort-Dauphin, après avoir vu sur leur route un immense lac, passé plus de soixante rivières et franchi une distance de plus de cent quarante lieues. Quant au capitaine, il était rentré à Fort-Dauphin avec son navire chargé de riz ; il avait remis ce riz à Proniset, peu de temps après, il mettait à la voile pour la France avec un fort chargement de cire, de cuirs et d’ébène?.

Pronis se montra désormais très dur à l'égard de ses subordonnés. Sans cesse menacés de la disette, ceux-ci étaient de leur côté toujours mécontents de ses dilapidations. Cette situation leur parut tellement intolérable qu'ils désertèrent au nombre de vingt-deux sous la conduite de Leroy qui, en butte aux soupçons et à la haine de Pronis, craiguait à tout instant d'être mis aux fers. Ils se dirigèrent vers la baie de Saint-Augustin où ils espéraient trouver quelque navire anglais pour les ramener en France.

D'autres déserteurs, le garde-magasin du chefde la colonie, le garde du Fort et même la sentinelle rejoignirent Leroy la nuit suivante avec armes et bagages. Le nombre des Français qui demeurèrent à Fort-Dauphin se trouva ainsi réduit à soixante-douze.

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