‹ Etienne de FlacourtChapitre 30 sur 157 · À. Grandidier, Hist. de la géog., 1892,"p. 188, note · texte numérisé non relu

À. Grandidier, Hist. de la géog., 1892,"p. 188, note

2. E. Lopez, Le Congo, trad. fr. de l'édition latine des frères de Bry, par Léon Cauhn, Bruxelles, 1883, p. 199-200 ; Diarium naulicum, loc. cit. ; Pyrard, loc. cit., p. 26; Hammond, Paradox proving, etc., loc. cit., p. 261 et suiv.; Flacourt, éd. 1661, p. 10, 26, 30, 81, 87, 90, 104, 111, 445; Nacquart, Mémoires de la Mission, t. IX, p. 60 et suiv. : Lettre du 5 février 1650 à saint Vincent de Paul.

3. Diarium, loc. cit., p. 4, 9 et 10; Luiz Mariano, ibid., p. 311, 324 et 353; Flacourt, éd. 1661, p. 74, 81, 194; Nacquart, doc. cit., p. 85.

dans leurs mœurs, leurs coutumes, leurs croyances et pratiques religieuses, et mème dans leur organisation sociale. Toutefois aucun élément ethnique de l’île ne se distinguait par une culture supérieure, si ce n’est la population juive et arabe. Les colonies sémitiques avaient sans doute modifié dans une certaine mesure les coutumes et la religion, mais elles n'avaient pu effacer les traces de la race primitive. L'influence de la race indonésienne persistait encore dans ce pays dont la plupart des habitants parlaient la même langue.

Quelque ressemblance que ces peuplades pussent offrir au point de vue moralet social, 1l n’y avait cependant entre elles aucune cohésion. On ne remarquait entre elles aucun lien, aucune entente. L’anarchie régnait dans l’île, les chefs vivaient en mauvaise intelligence et les peuplades m’étaient liées par aucun souvenir, aucun sentiment de reconnaissance envers eux. On conçoit dès lors qu’elles fussent peu disposées à verser leur sang pour défendre le sol qu’ils occupaient. L'absence d'unité ethnique et politique expliquait d’ailleurs leur indifférence, leur peu d’empressement à s’unir contre les étrangers qui étaient pourtant pour eux l’ennemi commun.

En outre, l’île ne présentait qu’une population primitive, arriérée, ignorante du maniement des armes à feu, par suite incapable d’une résistance sérieuse. Un peuple qui ne connaissait d’autres armes que la sagaie et d’autre tactique que la ruse, tel était le peuple avec lequel Flacourt allait entrer en relations.

Mais, si les indigènes avaient gardé les mêmes moyens de défense qu'aux anciens jours, ils n’avaient plus conservé les mêmes sentiments envers les blancs. Quelque douces et dociles qu’aient pu être à l’origine les populations malgaches, elles étaient devenues, grâce à la cupidité, aux procédés violents et iniques des Portugais, des Hollandais et de Pronis, méfiantes et farouches, sinon perfides et cruelles à l'égard des Européens. Il en était du moins ainsi chez les peuplades du sud.

Pourtant ce peuple primitif dans son organisation sociale,

dans sa religion, dans son agriculture, son industrie, son commerce, dans ses mœurs et ses coutumes, ne répugnait pas à une assimilation avec une autre race. Si les Malgaches étaient très attachés aux croyances, aux pratiques, aux coutumes de leurs ancêtres, ils étaient en général hospitaliers et intelligents, En dépit des efforts jusqu'alors peu fructueux de quelques missionnaires pour les convertir au catholicisme, rien ne laissait prévoir que des tentatives ultérieures n’amèneraient aucun résultat, et malgré les actes de piraterie qu'ils avaient eu à subir de Tristan da Cunha et de Pronis, les bonnes relations commerciales qu’ils avaient entretenues avec Paulo Rodriguez da Costa et F. Cauche faisaient encore espéremqu'ils sauraient apprécier les bienfaits de la civilisation européenne.

Telle était la situation sociale, morale et économique de Madagascar avant l’arrivée de Flacourt.

Voyons maintenant quelle idée on se faisait alors en Europe du pays et des habitants.

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