Id., ibid., p
3. Cependant certaines cartes avaient déjà apporté une amélioration à ce point de vue. |
Sur la carte de Cabot, la pointe septentrionale de l’île est moins inclinée vers lest. Sur celle de Hondius la côte nord-est n’est plus en ligne droite, La délinéation du littoral s’y rapproche d’ailleurs en général de celle de Pedro Reinel (A. Grandidier, Hist. de la géogr., éd. 1892, p. 40, À, 1; p. #1, 7). 4. Sur la carte de Piiestrina cette baie a son entrée tournée vers le nord, tandis que sur le planisphère de Turin et sur la carte de Pedro Reïnel elle s'étend vers l’est. Les cartes de Sanuto et G. Blaeu la font, il est vrai, ouvrir vers le sud; mais celle de Sanuto exagère beaucoup le promontoire situé au
La côte orientale, qui avait été fréquemment visitée, avait été en général mieux dessinée, On lui donnait avec raison la direction sud-ouest-nord-est. Néanmoins la délinéation s'en trouvait encore erronée; les cartes de Gastaldo, de Vaz Dourado, de Gysbert et de Sanuto plaçaient l'ile Sainte-Marie trop loin de la côte ; en outre, on croyait cette côte beaucoup plus découpée qu’elle ne l’est en réalité ‘
Le dessin de la côte méridionale, moins connue que la précédente, n'était pas plus satisfaisant ; les baies y avaient été placées à la fantaisie des auteurs; le cap Sainte-Marie y présentait des dimensions exagérées, ou bien était à peine visible?
Mais la côte dont le tracé laissait le plus à désirer était, assurément, la côte occidentale, qui avait été cependant explorée en détail par les Portugais. Quelques cartes indiquaient, il est vrai, de grandes baies au nord-ouest, mais ces baies ne portaient le plus souvent aucun nom. La plupart ne représentaient aucune concavité au milieu, ainsi que cela se voit sur les cartes actuelles.
En somme, depuis Pedro Reinel qui avait laissé du littoral un premier aperçu remarquable pour l’époque, la cartographie côtière avait fait peu de progrès. 3
Les anciennes cartes dénotaient surtout une grande ignorance du relief. Elles montraient sans doute que l’île étaitmon-
‘tagneuse, mais elles n’indiquaient pas la véritable disposition des montagnes*. Les géographes qui les avaient dressées, le
nord (G. Blaeu, Le Théâtre du monde, Nouvel atlas, Ms partie, Africæ nova descriptio, f. 349, CLOLOCXL; A. Grandidier, Hist. de la géogr., 1892, p. 40, c; p. 41, 1). Lis
1. Homem et Homo avaient tracé entre Fenerive et Mananjara une immense lagune, fermée du côté de l’est par deux grandes îles (A. Grandidier, couvre Cilé, p. A, b, c).
2. Les cartes de Tramezini, Forlani, Sanuto, Hondius, etc., lui donnaient une mauvaise configuration, Sur la carte de Gastaldo le sud de l'ile se terminait en pointe. La meilleure carte pour cette partie du littoral semble avoir été celle de Pilestrina (Hondius, Carte de l'Afrique à 1/21.000, 000 ; G. Mercator, Atlas, carte de l'Afrique, 162$; G. Biaeu, loc. cit.; À. Grandi-
dier, ibid.).
3. Quelques montagnes grossièrement esquissées apparaissent pour la pre-
plus souvent en se basant sur les renseignements de voyageurs qui eux-mêmes n’avaient point franchi la zone littorale, avaient dessiné ces montagnes au hasard et suivant leur caprice; sur la plupart des cartes, sur celles de Berteli, de Gastaldo, de Sanuto, de Hondius, de G. Mercator et de G. Blaeu, une longue chaîne divisait l’île du nord au sud en deux moitiés à peu près égales ‘.
N'ayant aucune donnée précise sur la direction et la distribution des montagnes, les vieux auteurs ne pouvaient faire connaître exactement la source et la direction des rivières. Bon nombre de rivières qu’ils avaient tracées ne portaient aucune désignation et avaient un cours tout à fait fantaisiste. Telles étaient, en particulier, celles qui apparaissaient sur les cartes de Sanuto et de G. Blaeu. Cependant on remarquait déjà sur la carte de Pedro Reïinel les rivières de Mananjara, de Matitanana, Manampatra, Mananivo, et la rivière de Betsiboka (sous le nom de Vingangara) sur celle de Gastaldo*.
Ainsi, jusque vers 1648, les cartes que les géographes ou les voyageurs avaient données de Madagascar, ne permettaient point de se faire une idée exacte et suffisante de la situation astronomique, de la forme du littoral, du relief et de l’hydrographie fluviale de ce vaste pays. Ce que l’on savait de l’intérieur se réduisait à rien ou à fort peu de chose. Cette ignorance s'explique parfaitement pour les contrées du nord, du centre et de l’ouest qui n’avaient été explorées, ce semble, par aucun voyageur européen; mais il est permis de s’étonner que, dès l’année 1648, les Français n'eussent pas déjà à leur disposition des cartes plus complètes pour le sud et l’est, où quelques colons français avaient déjà pénétré.
Le pourtour de l’île, qui avait été fréquenté par les naviga-
mière fois sur la carte de Bordone. Celle de Homem représentait une chaine dans le nord de l’ile (voir A. Grandidier, Aélas et Histoire de la géogr., 1892, p. #1, b et p. 67).