‹ Etienne de FlacourtChapitre 34 sur 157 · Histoire de la géog., ouvrage cité, p. 41, e, et p · texte numérisé non relu

Histoire de la géog., ouvrage cité, p. 41, e, et p

2. Ibid., p. 69 et 70, et Atlas; G. Blaeu, Nouvel atlas, ouvrage cité, Africæ nova descriplio, p. 349; Ortelius, Théâtre de l'Univers, Africæ labula nova, edita Antverpiæ, 1570.

teurs, était, cela va sans dire, mieux connu que l’intérieur des terres. On en possédait déjà même quelques plans ou quelques cartes particulières, tels que les plans de la baie d’Antongil, de la baie Saint-Augustin, de la rade d’Ampalaza, et une carte de l’île Sainte-Marie, due à Houtman‘'. Nous sommes surtout frappé du nombre déjà considérable de noms inscrits sur les contours des cartes; nous pouvons dire (approximativement il est vrai) que, vers la seconde moitié du xvir° siècle, les géographes connaissaient le nom de 14 caps, 17 baies, 18 bouches de rivières, 14 îles et 8 villes ou villages’. Par malheur, nombre de localités avaient une situation‘inexacte. Ai

Les descriptions des anciens auteurs n’avaient guère ajouté aux Connaissances que les anciennes cartes avaient fournies sur Madagascar. Sur certains points, notamment! sur la situation astronomique, le relief et l’hydrographie fluviale, elles n'avaient fait que confirmer ce que les cartes avaient déjà appris. Si quelques auteurs ne s'étaient pas trop éloignés de la vérité dans l'indication des latitudes*, par contre on n’était pas encore fixé sur les dimensions de l’île, ni sur celles des îles voisines. Les descriptions avaient représenté Madagascar, tantôt plus longue, tantôt plus large iqu’elle ne l’est en réalité‘, ou s'étaient souvent bornées à assurer que cette

4. Cf. A. Grandidier, Hist. de la géogr., 1892 : Tableaux, p. 232, 234, 250,

2. Sur ce nombre, il faut compter pour la côtes nord-est : 4 caps, 4 baies, L ville; pour la côte méridionale : 2 caps, 2 baïes, 8 bouches de rivières, 4 îles, 3 villages; pour la côte méridionale : 3 caps, 2 baies, 1 bouche de rivière; pour la côte occidentale : 2 caps, 8 baies, 5 bouches de rivières, 6 îles, 3 villages; et enfin pour la côte nord-ouest : 5 caps, 1 baie, 4 bouches de rivières, À village (v. A. Me Hist. de la géog., loc. cit. : Tableaux, p-. 83-184).

3. Thevet disait avec une certaine apparence de raison : « l’île court vers le païs austral, environ de douze degrés jusques à vingt-six et demi » (Cosmo- - graphie universelle, 1575, t. 1, p. 102).

Pyrard de Laval plaçait Madagascar entre 14° lat. nord, et 26° lat, sud (Voyage aux Indes orientales, 17e partie, p. 24); Herbert, entre 16° et 260 latitude (Relalion du voyage de Perse et des Indes orientales, trad. fr., Paris, MDLXIII, par de Vicquefort, p. 28).

4. Ortelius ne lui avait accordé que 100 lieues de circuit, tandis que pyfard lui en attribuait 100 (Théâtre de l'Univers, ouvr. cité, Voyage aux Indes orientales, p.24). Voici les longueurs indiquées parles différents auteurs : 1,200 milles

ile élait la plus grande des îles connues ou découvertes". En ce qui concerne le relief, elles avaient été encore plus sobres de renseignements. C’est à peine si les auteurs osaient affirmer de temps à autre que ce pays renfermait beaucoup de montagnes*. Aucun auteur, à notre connaissance du moins, n’en avait fait connaître l'altitude, l'orientation, la distribution. Toutaussi insuffisantes et non moins vagues paraissent avoir été les notions que l'on possédait sur les cours d’eau. On avait pu apprendre avec un certain intérêt que l’île était bien arrosée, et qu'elle contenait quantité de rivières aux eaux limpides et abondantes, mais on avait pu regretter que la plupart des auteurs n’eussent point désigné ces rivières, ni apporté quelques indications sur leur position et sur leurs cours*. À fortiori, dans l’état des connaissances de cette époque, avaiton négligé d'en étudier le régime et la navigabilité.

Pour les raisons que nous avons déjà signalées, l’hydrographie côtière était toutefois mieux connue que l'hydrographie

Osorius, loc. cit., fol. 146); 200 (Marmol, L'Afrique, trad. d'Ablancourt, t. IN, fol. 405); 4000 milles (Lopez, Loc. cit.) ; 267 (Thevet, Cosmog. univ., fol. 102 et 105) ; 800 (Herbert, Loc. cit., p. 28); 250 (Alphonse le Saintongeois, Mellin de Saint-Gelais, loc. cit., fol. 55).

Les nombres adoptés pour les largeurs par ces mêmes auteurs étaient : 480 milles ; 415 lieues; 120 lieues; 100 lieues (ibèd.).

Les dimensions vraies seraient : 400 lieues de long, et 110 lieues de large (A. Grandidier, Revue scientifique, mai 1872, p. 1078).

1. Portulan de Ribeiro, cité par M. A. Grandidier; S. Munster, Cosmographie universelle, 1556, fol. 1260; Thevet, Cosmographie universelle, 1515, fol. 402; Léon l’Africain, De l'Afrique, traduction francaise de Jean Temporal : Lettre du Florentin André Corsal à Julien de Médicis en 1615, t. IV, p. 311; Estaës, empires, royaumes, seigneuries, duchez et principautez du monde, par le sieur D. V.T. Y., gentilhomme de la Chambre du Roi, Saint-Omer, MDCXXI, t. I, fol. 259, ouvrage rarissime; Francois de Belleforest, Cosmographie universelle de tout le monde, MDLXXV, Paris, Sonnius. t. Il, fol. 2048.

2. KF. dè Belleforest avait dit que l’île était « entourée de montagnes et qu'elle en étoit pleine à l'intérieur » (ouvrage cité, fol. 2013); Lindschot (Premier livre de la navigation aux Indes orientales, fol. 10) regardait l'ile Sainte- Marie comme « un terroir moyennement haut et tertreux ».

3. Cependant Joao de Barros (ouvrage cité, Déc. LI, 1. 1, fol. 2) avait fait mention d’une rivière qui se jette dans le port de Matatane; Lindschot (owwrage cité, p. 11 et suiv.) avait parlé d’une rivière qui se divise en deux bras et se déverse dans la baie d'Antongil ; Pyrard, d'une rivière qui se jette dans la baie Saint-Augustin (ouvrage cité, p. 23).

fluviale. On avait acquis quelques données relativement exactes sur les inconvénients que certains points du littoral présentaient pour les navigateurs. Un marin, Alphonse le Saintongeois, et un vieil auteur, Thevel, avaient averti leurs contemporains des dangers que des bancs de rochers faisaient courir aux navires sur les côtes sud, sud-est et ouest’. D'autre part, on était déjà renseigné par les voyageurs Pyrard et Herbert sur les avantages qu’offraient les baies de Saint-

Augustin et d’Antongil?.

Mais on ignorait encore la qualité de certaines baies ou rades situées au sud-est et au nord-ouest; ce qui est d'autant plus surprenant qu’un certain nombre d’entre elles avaient déjà été visitées par les Portugais, les Hollandais et les Français. En outre les renseignements que l’on avait recueillis sur le littoral étaient encore trop incomplets pour que l’on püt savoir avec certitude quelle était la partie de la côte où les navires trouveraient les meilleurs abris, et c’est avec lémérité que Thevet avait affirmé que les bons ports étaient nombreux dans l’île’.

Quant au climat, il n'avait pas été, on le conçoit facilement, l’objet d’une étude scientifique. Ce serait, en effet, se placer à un point de vue étroit et faux que de relever chez les vieux auteurs, voyageurs ou géographes, l'absence de données sur les variations et les degrés de la température, le régime des

vents et des pluies, la durée et la distribution des saisons, elc.,

puisque la science connue de nos jours sous le nom de météorologie n'existait pour ainsi dire pas. Non seulement l’insuffisance de leurs connaissances ne leur permettait pas de se livrer à des observations de cette nature, mais l’idée de les faire ne leur était même pas venue. Les rares appréciations qui avaient été portées sur le climat étaient vagues et superti-

4. Mellin de Saint-Gelais, ouvrage cilé, 1518, p. 55 ; Thevet, Cosmographie universelle, ouvr. cité, p. 405.

2, Herhert, ouvr. cilé, p. 28 el suiv., 537 et suiv.; Pyrard, loc. cit., p. 19.

3. Thevet, ouvr. cilé, p. 104, et Singularilez de la France antarclique, loc. cit,, p. 114. .

cielles. Telle était celle de Thevet qui, sans avoir vu, ni habité l’île, déclarait que le climat en était sain‘, ce qui est très contestable pour certaines régions. Il ne pouvait guère en être autrement, d’ailleurs, puisque la majeure partie des régions de l'intérieur restait encore inexplorée.

Toutefois, ce qui paraît excusable pour l'intérieur l'est moins pour le littoral, où les Européens avaient séjourné. La côte méridionale était-elle plus salubre que la côte septentrionale, la côte occidentale plus salubre que la côte orientale ? C'étaient là des questions qui auraient pu s’offrir à l'esprit des navigateurs portugais, hollandais, anglais et français. Les quelques observations qu'ils eussent faites à ce sujet n’auraient certes pas été sans utilité pour l’avenir. Or les seuls renseignements qu’on avait obtenus ne portaient que sur un point du littoral de l’ouest, sur la baie de Saint-Augustin, et les opinions des voyageurs qui les avaient apportés, Pyrard et Herbert, se trouvaient en désaccord. Le premier avait assuré que c'était un lieu fort malsain, sans doute parce qu'il y avait perdu un certain nombre d'hommes de son équipage ; le second, au contraire, l’avait trouvé salubre, ajoutant que, si beaucoup de Hollandais y avaient péri, leurs excès seuls en étaient la cause ?.

Ce bref aperçu nous montre que les connaissances léguées par les géographes ou les voyageurs sur leurs cartes ou dans leurs descriptions étaient encore vagues et tout à fait insuffisantes en ce qui concerne la situation, les dimensions, la configuration, et principalement le relief, le climat, les rivières de la grande île. Ces lacunes s’expliquent sans doute, lorsque l’on sait que ces voyageurs n’avaient pas à leur disposition les connaissances scientifiques ou les instruments dont disposent les explorateurs de notre époque et qu’ils avaient surtout fréquenté le littoral. Elles s'expliquent mieux encore par cette considération qu’ils se préoccupaient beaucoup plus des avantages qu'ils pourraient retirer de leurs investigations

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