‹ Etienne de FlacourtChapitre 37 sur 157 · Voyages aux Indes orientales, p. 11 et · texte numérisé non relu

Voyages aux Indes orientales, p. 11 et

3. S. Munster, loc. cil., fol. 1260 ; Thevet, Singudaritez, loc. cit., p. 1148 et 419; Herbert, loc. cit., p. 31; Pyrard, Loc. cit., p. 24.

Où voit un éléphant sur la carte de Berteli (A. Grandidier, Hisé. de La. géogr., Atlas, 1885, pl. 11). La mention de ces animaux peut-être considérée

comme une réminiscence de la lecture de Marco Polo. Paré et Thevet avaient donné une figure d'un monstre à tête humaine, purement légendaire, la bête Thanatcth (Recueil de Voyages : Les Voyages en Asie au xv° siècle du bienheureux Frère Odoric de Pordenone, par Henri Cordier, p. 321).

connaître à leurs contemporains les ressources minérales de Madagascar, la lecture de leurs descriptions n’avait point permis de savoir où elles pourraient être extraites. Ils s'étaient accordés à dire que l'ile était riche en mines d'or, d’argent, de fer, de cuivre; mais ils ignoraient les endroits qui contenaient ces richesses! Tel était le bilan des connaissances du xvre et du xvu° siècle sur la nature de ce pays et ses ressources. Îl convient maintenant de rechercher quelle idée on se faisait des habitants.

Les Européens s'étaient servis jusqu'alors de différents noms pour désigner les indigènes ; les premiers navigateurs portugais et hollandais les connaissaient sous le nom de Maures et de Noirs; quelques anciens auteurs leur avaient donné celui de Buques; un Français, Thevet, les avait nommés Madagascarins*. On n'avait point encore adopté de désignation pour l’ensemble des habitants,

On était encore moins bien renseigné sur leur nombre.

Madagascar passait, au xvi° et au commencement du xvn°siècle pour un pays très peuplé. Mais, comme l’île était encore fort peu explorée, on n’avait même pas une idée approximative de sa population*. En outre, le champ de leurs observations, l'insuffisance des connaissances ethnographiques de leur temps avaient empêché la plupart des voyageurs de soupçonner la véritable origine des indigènes. Ceux qui avaient atterri à la côte nord-ouest rangeaient tous les Malgaches parmi les Maures ou parmi les Cafres*. Il faut noter toutefois,

1. Mellin de Saint-Gelais, Thevet, Belleforest, E. Lopez, Osorius, ibid.; Herbert, fol. 30; Ramusio, vol. I, p. 496; Maffeï, Historiarum indicarum Libri, ». 121. Cependant Lindschot avait assuré qu'il y avait du très beau fer et cuivre rouge en abondance du côté de la baie de Saint-Augustin, loc. cil., fol. 40. :

2. A. Grandidier, Hist. de la géog., ouvrage cité, p. 34, texte et notes.

3. Thevet, Singulurilez de la France antarctique, éd. Gaffarel, p. 115, et Cosmographie universelle, 1515, p. 102; Belleforest, loc. cit., fol. 2014; Pyrard, loc. cit., p. 426. On ht dans le texte ajouté à la carte de G. Mercator, éd. Hondius, 4630, p. 13: « Au delà le cap de Bonne-Espérance sont austres isles, toutes désertes, fors celle de St-Lorens ».

4. Parmentier avait parlé de Maures blancs qu'il distinguait des indigènes (Discours de la navigation, éd. Schefer, p. 31-39). — D’après Barros, Tristan

que si le Père Luiz Mariano voyait dans les habitants de la côte occidentale des descendants des Cafres, il n’en regardait pas moins ceux de la côte orientale comme des Arabes venus de Mangalor et de la Mecque; chose plus surprenante, il était porté à croire que les premiers habitants de l’île étaient originaires de Malacca:.

Mais ce serait une exagération de s’imaginer que l'idée était venue aux voyageurs européens de rechercher les différences de race chez les nombreuses peuplades qui occupaient alors ce pays. Si rien, dans les quelques détails qu'ils nous ont légués sur les caractères physiques des indigènes, ne prouve qu'ils aient cru à l'unité ethnique, rien non plus ne permet d’avancer qu'ils se soient rendu compte de la diversité de races qu'ont constatée les savants de notre temps. Ce qui est seulement vrai, c'est que l'existence chez ces populations de deux couleurs, la couleur noire et une couleur moins foncée, et celle de deux sortes de cheveux, les uns longs et lisses, les autres, au contraire, courts et crépus, n’avaient pas échappé à leur attention*. Encore leurs observations avaientelles varié ‘avec les endroits qu'ils avaient fréquentés, et n’étaient-elles pas toujours d’accord. Tandis qu’au dire d'Houtman les naturels d’Antongil n'avaient point la barbe frisée comme les vrais Maures, ni le nezet les lèvres faits de la même facon, au témoignage d'E. van der Hagen, leurs cheveux n'étaient pas aussi crépus que ceux des nègres*, Demême,

da Cunha avait appris que tous les habitants de Saint-Laurent étaient des Cafres noirs, et qu'il y avait sur la côte quelques villages maures (ouvrage cilé, Decada I, 1. I, fol. 4). Thevet avait dit que l’île était habitée par les Maures, mais qu'elle était occupée depuis quelque temps par des barbares noirs (Cosm. univ., fol. 105, et Singularitez, éd. Gaffarel, p. 114).

Page 1