‹ Etienne de FlacourtChapitre 50 sur 157 · Flacourt, 1658, brochure, p · texte numérisé non relu

Flacourt, 1658, brochure, p

2. On peut même supposer qu'il avait formé le projet d'explorer l’île tout entière, car on lit &ans une lettre du P. Nacquart, envoyée de Madagascar le 5 février 1650: « Quand on aura visité toute cette terre et fait le circuit de l’île avec un vaisseau, nous en ferons savoir toutes les particularités » (Mémoires de la Mission, t. IX, p. 72).

3. Deschamps, Revue de géographie, déc. 1885, p. 448 et suiv.

4. Guet, Les origines de la colonisation à Madagascar et à l'ile Bourbon, p. 39.

Leur de la Compagnie de l'Orient ne devait pas s’en contenter. Comme beaucoup de gens de petite noblesse qui s'étaient adonnés au négoce, il était hanté par les idées chevaleresques de ses ancêtres, Au moment où tout retentissait du bruit de nos armes, où chaque jour amenait la nouvelle d’une éclatante victoire, le nouveau gouverneur caressait quelque rêve belliqueux. Le contemporain des Turenne et des Condé s’en allait prendre le commandement de la colonie avec l'espoir de se signaler par quelques exploits, de conquérir là-bas de vastes territoires et peut-être même l’île tout entière’.

Ajoutez à cela que ce paraît avoir été la coutume générale de cette époque, de considérer tout nouveau pays qu'aucune puissance européenne ne s'était .: encore approprié comme étant en dehors des limites des relations sociales. En conséquence le ravager, le détruire, le subjuguer afin d’en prendre possession, était, aux yeux de la plupart de ceux qui dirigeaient leurs efforts vers ce but, une chose toute naturelle ?. Ils ne connaissaient alors qu’un seul moyen pour se procurer des colonies : la violence. C’est à cette catégorie qu’appartenait Flacourt. « Ses notions en fait de politique colonisatrice, dit Barbié du Bocage, se bornaient à celles de Ferdinand Cortez et de François Pizarre : le type d’un excellent gouverneur était à son point de vue celui qui avait le plus agrandi le territoire de la colonie confiée à ses soins. Le principe qui consiste à augmenter son influence au moyen de la civilisation et du commerce n’était pas encore connu; il ne devait naître qu’avec Colbert. »

Ainsi s'emparer par les armes de nouveaux territoires, convertir.les indigènes à la religion catholique et les civiliser, explorer le pays pour en faire mieux connaître les ressources et les exploiter, tels semblent avoir été les projets que le

1. C'est ce qui ressort d’un passage de sa Relation : « Ainsi, écrivait-il vers 1656, nous ne manquions que de secours et assistance de France pour pouvoir subjuguer et reduire à l’obeissance du Roi toute cette grande isle » (Flacourt, Histoire de l'ile Madagascar, 1658, p. 323).

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