Flacourt, éd. 1658, brochure citée, p
Quelles sont ces contrées? L'historien de Madagascar ne les nomme pas, ce qui est regrettable, car il serait intéressant d'apprendre d’une façon précise jusqu'à quel point il a poussé l'exploration dans l'intérieur des terres.
3. Flacourt a donné dans sa Relation le motif de son intervention. Il s’indigne de voir que « les chefs indigènes ne font point la guerre à leurs voisins pour avoir été offencés : mais seulement à cause qu'ils ont bien des bœufs et qu'ils sont riches. disans hautement que ceux-là sont leurs ennemis qui ont beaucoup de bœufs. » Et il ajoute, en se donnant le noble rôle de justicier : « C’est ce qui m'a meu d'envoyer des François à la guerre pour des seigneurs du pais, afin de les deffendre contre leurs ennemis qui les opprimoient et inquiétoient pour un semblable sujet ». Or, le témoignage du P. Nacquart prouve, au contraire, que Flacourt n'a pas eu simplement pour
ce dernier quatorze Français et quelques Malgaches sous le commandement de Leroy, à condition que les Français recevraient une part du butin fait sur l'ennemi. Cette intervention devait l’entraîner dans de nouvelles luttes. En effet, les grands d’Anossi et particulièrement Ramach épiaient ses mouvements et observaient ses actes. Ils furent probablement irrités de Le voir soutenir la cause de Manhelle qui, s’il faut en croire le P. Nacquart, se plaignait à tort de Raval‘. Le roi d'Anossi, qui conservait le souvenir des actes de violence des Portugais et de Pronis, craignit d’avoir affaire à de nouveaux ennemis, N’osant attaquer les Français ostensiblement, d'accord avec d’autres chefs du pays, Tserong et Machicore, il excita contre eux une peuplade voisine, les Ampâtres. Leroy fut assailli par ces indigènes, pendant qu'il ramenait le bétail pris dans l’expédition contre Raval”. Il dut écrire au gouverneur pour lui demander du secours. Celui-ci fit partir dix-huit soldats sous les ordres de Laroche. A l’aide de ce renfort, le détachement put continuer sa route. En chemin, les Ampätres dénoncèrent aux Français les menées des grands d’Anossi. Un de leurs chefs conseilla même à Leroy de s’en défier, lui révélant que Machicore avait donné l’ordre à son frère de marcher contre la petite troupe de Laroche, avec trois cents hommes, mais que ceux-ci n'avaient pas osé prendre l’offensive.
but de faire triompher la cause de la justice, mais de partager les dépouilles de l’ennemi. D’après ce missionnaire, contemporain et auxiliaire du gouverpeur, les guerres entreprises par les Francais dans l’île auraient été « faites à l’occasion de quelques bœufs. » Il nous apprend aussi qu’on cherchait toutes sortes de prétextes pour les entreprendre et les justifier. « On dit ici, écrit-il à saint Vincent de Paul, qu'on y trouvera bien des prétextes pour le passé et pour l'avenir: et je sais bien qu'il n’y en peut avoir que de faux et capables de détruire l’œuvre de Dieu et de perdre le salut de ceux qui les continueront ; si l’on guerroie, c’est pour épargner un peu de marchandise ». Le récit de Flacourt lui-même suffirait d’ailleurs à montrer qu'il ne se désintéressait pas du butin. Voir Flacourt, éd. 1658, p. 95 et suiv.; Mémoires de la Mission : Lettre du P. Nacquart à saint Vincent de Paul, p. 19 et 87, 99 et 400.