Flacourt, éd. 1661, p
2. D’après Flacourt, si le navire n’emportait pas plus de produits, la faute en était aux associés de la Compagnie qui n’avaient point envoyé de barque avec le navire, malgré la recommandation qui leur avait en été faite avant le départ : « Car en ce païs-là, dit-il, un navire sans barque, c'est un corps sans âme, et une ou plusieurs habitations saus barque, c’en est de même : car comme tout le négoce ne se fait pas en un endroit, il faut des barques pour aller de costé et d’autres quérir et amasser les choses nécessaires pour la charge du navire. Si j'eusse eu une barque de quarante tonneaux, en deux ou trois voyages, elle eût apporté, des Antavares, plusieurs charges d'Hebène et plusieurs autres choses que l'on eust connües bonnes pour porter en France » (Flacourt, éd. 1658, p.11, brochure).
capitaine, qui pendant son dernier voyage à Manghabé avait perdu la moitié de son équipage, demanda au gouverneur cinquante hommes pour sa défense. Celui-ci lui abandonna très volontiers ceux qui s'étaient révoltés contre Pronis et avaient accomplileur temps de service, ainsi que Pronis lui-même, dont la présence le gènait. Le Saint-Laurent parti (19 février 1650), Flacourt demeura seul avec cent huit hommes pour résister aux grands de la province d’Anossi.
Ce nombre était d'autant plus insuffisant que les indigènes, irrités du pillage de leurs villages et du massacre de leurs compagnons, se montraient chaque jour plus disposés à en tirer vengeance. « Il n’y a point, écrivait le P. Nacquart le 9 février 1650, à craindre des persécutions, ni des dangers, quand on est avec quelques Français qui portent des armes; mais seul, iln'y a guère de sûreté, particulièrement dans les lieux où l'on a pillé et brülé ces pauvres gens qui sont toujours sur la méfiance et qu’on a peine où aborder...»". C’est ainsi que deux Français furent massacrés par les Ampâtres. N’osant avec sa petite troupe entreprendre une expédition contre cette peuplade, le gouverneur français dût recourir aux naturels euxmèmes. Îl envoya le lientenant Leroy avec trente Français demander un renfort de mille hommes à Andrian Panolahé, chef des Manamboulois. Leroy fut en même temps chargé d'explorer un pays éloigné, situé vers la rivière de Ranou- * mainty et d'y acheter du bétail (41 avril 1650)2.
Quelques jours après, Flacourt ayant appris le retour à Fort-Dauphin d’un Français nommé Ranicaze qui avait voulu attirer ses compatriotes dans un guet-apens et leur avait dérobé cent vingt bœufs, voulut le mettre aux fers. Il ne céda que devant l'intervention du P. Nacquart.
Cependant la plus grande cordialité n’avait pas toujours